Succès de la mobilisation pour Georges Abdallah

28 janvier 2022 in Mobilisation

Jeudi 27 janvier 2022, une audience s’est tenue au tribunal administratif de Paris pour examiner la requête deposée par l’avocat de Georges Abdallah, concernant le refus du ministre de l’Intérieur français de signer l’expulsion conditionnée à la libération de notre Camarade, libération prononcée par le Tribunal d’Application des Peines le 21 novembre 2012 et déclarée irrecevable le 4 avril 2016 en l’absence de cette signature…

Au cours de la séance, après avoir présenté le dossier Georges Abdallah, la rapporteure publique a souligné l’incohérence de sa détention de plus de 37 ans et a émis l’idée qu’il fallait trouver une autre solution que judiciaire. Elle a cependant rappelé qu’il est impossible légalement pour un tribunal administratif d’imposer au ministère de l’Intérieur de signer un arrêté d’expulsion.

La décision du tribunal sera rendue le 10 février. Lire le compte-rendu de l’AFP sur l’Orient Le Jour.

★ L’appel lancé par la Campagne unitaire pour la libération de Georges Abdallah à la mobilisation devant le tribunal administratif de Paris et devant les préfectures a été suivi avec succès :

  • A Paris, le 27 janvier, devant le tribunal administratif
  • A Tarbes, devant la Préfecture
  • A Bordeaux, le 26 janvier, place Jean Moulin, à l’appel de Palestine 33, de l’UJFP et du CPJDPI 33

Pour plus de détails et de photos aller sur Free Georges Abdallah et sur Pour la libération de Georges Abdallah

IL FAUT QU’IL SIGNE !

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Raids de la coalition anti-Houthis à Sanaa après une attaque contre les Émirats

La coalition anti-Houthis a annoncé, ce lundi 17 janvier au soir, des frappes aériennes à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les rebelles, après une attaque meurtrière à Abou Dhabi revendiquée par les Houthis, la première sur le sol des Émirats arabes unis. Publicité

La coalition qui combat les rebelles au Yémen a annoncé lundi soir des raids sur Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis, après une attaque meurtrière aux Émirats arabes unis, membre de cette alliance militaire. « En réponse à la menace et une nécessité militaire, des frappes aériennes commencent à Sanaa », a-t-elle annoncé dans un tweet de SPA, l’agence de presse officielle de l’Arabie saoudite, qui dirige cette coalition. « Un avion d’attaque F-15 a d‘ailleurs détruit deux lanceurs de missiles balistiques qui ont été utilisés lundi » a déclaré le porte-parole de la coalition, le général saoudien Turki Al-Maliki. Les frappes cibleraient aussi plusieurs dirigeants houthis dans le nord de la capitale du Yémen. Plusieurs morts auraient été rapportés selon Al Masirah TV, une chaine affiliée aux Houthis, écrit notre correspondant aux Émirats arabes unis, Nicolas Keraudren.

Ces frappes aériennes font suite à l’explosion de trois camions-citernes dans la zone industrielle d‘Abou Dhabi près des installations de stockage de la société pétrolière nationale ADNOC. Elles ont entraîné la mort d’un Pakistanais et de deux Indiens, a indiqué l’agence officielle émirienne WAM, qui a également fait état de « six blessés ». Un « incendie mineur » a aussi été rapporté sur un chantier de construction de l’aéroport international de la ville. 

Condamnations

Ces explosions, d’abord qualifiées par les autorités émiriennes d’« accident » provoqué par « de petits objets volants, possiblement des drones », ont été revendiquées par les rebelles yéménites. « Les forces armées (des Houthis) ont mené une opération militaire qualitative et réussie dans le cadre d’une opération baptisée Ouragan du Yémen », a assuré leur porte-parole, Yahya Saree, dans un communiqué diffusé sur la chaîne Al-Massira. « Nombre de sites et installations émiraties importantes et sensibles » ont été ciblés à l’aide de missiles balistiques et de drones, a-t-il encore affirmé.

Le ministère émirien des Affaires étrangères a condamné cette attaque contre des « installations civiles sur le territoire émirien » et averti qu’elle « ne restera pas impunie ». « Les Émirats se réservent le droit de riposter à ces attaques terroristes et à cette sinistre escalade criminelle », a-t-il dit. « Cette étourderie et absurdité irresponsable sont vouées à l’anéantissement », a prévenu sur Twitter Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats.

Alliés des Émirats, l’Arabie saoudite et Bahreïn avaient déjà pointé du doigt les rebelles yéménites en dénonçant un acte « terroriste ». L’Irak a aussi condamné l’attaque, de même que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Les Etats-Unis, grands alliés des Émiratis, ont promis de « faire rendre des comptes » aux Houthis. La France a estimé que l’attaque était une menace à la sécurité des Émirats et à la stabilité de la région. L’Union européenne, la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite, Bahreïn, l’Irak et la Jordanie ont également dénoncé l’attaque. Israël a appelé à empêcher l’Iran et ses alliés de « saper la sécurité régionale ».

« Ces attaques menacent la sécurité du territoire des Émirats arabes unis et la stabilité de la région. La France exprime son soutien aux Émirats arabes unis face à ces attaques », a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian dans un communiqué. Un peu plus tard, le président Emmanuel Macron a condamné « fermement les attaques dont a été victime Abou Dhabi aujourd’hui, et apporte son soutien aux Émirats arabes unis », indique la présidence française, en précisant que la France restait « mobilisée en faveur d’une solution politique durable au Yémen ».

Une première

C’est en tout cas la première fois que les Houthis parviennent à toucher le territoire des Émirats arabes unis malgré différentes tentatives toujours réfutées par les autorités émiriennes. Ces derniers mois, les rebelles yéménites ont lancé à de nombreuses reprises des attaques de missiles et de drones contre l’Arabie saoudite et avaient aussi par le passé menacé d’attaquer les Émirats arabes unis. La monarchie du Golfe a été un acteur-clé de la coalition arabe dans la guerre au Yémen qui dure depuis sept ans pour soutenir les forces gouvernementales contre les Houthis, des insurgés soutenus par l’Iran.

► À lire aussi : L’Arabie saoudite accuse l’Iran et le Hezbollah d’aider les rebelles au Yémen

Après avoir pris leurs distances, ils sont récemment revenus sur le terrain au Yémen en appuyant notamment la brigade des « Géants » qui a « libéré » des territoires pris par les rebelles. Le conflit au Yémen s’est intensifié ces dernières semaines avec une augmentation des raids de la coalition et des offensives au sol des forces qu’elle soutient. 

Se présentant comme un havre de paix dans la région troublée du Moyen-Orient, les Émirats n’avaient jamais été victimes d’une attaque connue des Houthis. La coalition a indiqué lundi avoir relevé une recrudescence de « drones piégés lancés par les Houthis depuis l’aéroport international de Sanaa », au Yémen, selon l’agence de presse officielle saoudienne.

Depuis qu’ils ont pris la capitale Sanaa en 2014, les rebelles ont réussi à s’emparer de vastes pans du territoire yéménite, en particulier dans le Nord. L’intervention des Émirats s’était jusqu’à récemment concentrée dans le sud du Yémen.

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Pourquoi les Houthis s’en prennent-ils aujourd’hui à Abou Dhabi ? 

Peut-être que les Houthis ont compris que viser l’Arabie saoudite n’était plus suffisant. Ils le font assez régulièrement sans que cela n’ait de réelle conséquence sur les opérations militaires saoudiennes menées au Yémen […] On peut également penser que les Houthis ont conduit cette attaque avec une autorisation de l’Iran qui souhaite toujours déstabiliser ses adversaires du Golfe

Héloïse Fayet, chercheuse à l’Ifri

Un navire émirien aux mains des Houthis

L’attaque de ce lundi à Abou Dhabi intervient dans un contexte tendu après la saisie par les Houthis début janvier d’un navire battant pavillon émirien au large de Hodeïda au Yémen, assurant qu’il transportait du matériel militaire. Abou Dhabi, qui assure que le bateau transportait du matériel pour un hôpital yéménite, a dénoncé une « dangereuse escalade » en mer Rouge.

Cet acte de piraterie, selon la coalition, s’est produit au moment où la brigade des « Géants » affrontait les rebelles dans la région de Chabwa. La semaine dernière, ces forces loyalistes avaient permis au gouvernement de reprendre cette province pétrolifère après d’âpres combats contre les Houthis.

L’Iran, qui entretient des relations difficiles avec les Émirats, est le seul pays à soutenir ouvertement les rebelles tout en niant leur fournir des armes, ce dont l’accusent l’Arabie saoudite et les États-Unis.

À lire aussi : Yémen: les rebelles houthis refusent de relâcher le navire émirien

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Au procès des Daltons du 22 décembre : « cette action était de nature à provoquer une certaine émotion »

déc / geronimo1312

« Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » disait Audiard. On pourrait appliquer la formule à la grille de programmes de la chaîne CNews. En effet, le 24 novembre dernier, elle ne trouvait rien de mieux que de planter le décor de son émission racoleuse « Face à la rue » en plein coeur du quartier de la Guillotière. Et qui de mieux placé pour parler des « problèmes d’insécurité » que le nouveau président du Rassemblement National. Il était prévu que Jordan Bardella parade dans le quartier pour « débattre » avec des commerçants et des « habitants » triés sur le volet. Devant une manœuvre aussi grossière, un contre rassemblement s’organise rapidement en moins de 48h. Plusieurs centaines de personnes répondent présent dès 9h30 et se mettent à invectiver les deux principaux intervenants. L’émission ne doit son salut qu’aux dizaines de policiers déployés (CRS, gendarmes mobiles, Bac, motards, police municipale, renseignements territoriaux, etc.). On sent alors une certaine fébrilité chez le présentateur Jean-Marc Morandini (beaucoup de gens le traitent de pédophile), son invité du RN et leur service d’ordre. Le collectif des Daltons du 8e avait promis qu’ils seraient de la partie. Parole tenue puisqu’ils sont venus dans la matinée pimenter le rassemblement en tirant un feu d’artifices. Suite à cette action, deux jeunes gens ont été placés en garde-à-vue puis en détention (l’un deux jours, et l’autre un mois). Leur procès se tenait devant la chambre des comparutions immédiates ce mercredi 22 décembre. https://www.youtube.com/embed/N8Q02b1VLGQ?version=3&rel=1&showsearch=0&showinfo=1&iv_load_policy=1&fs=1&hl=fr&autohide=2&wmode=transparent

L’un comparait libre. L’autre a été extrait de sa détention (à la prison de Corbas). Les deux vivent dans la même quartier du 8e arrondissement à Lyon. Au premier prévenu, K, tout juste 18 ans, le juge reproche le traditionnel délit appliqué à toutes les personnes interpellées désormais en manifestation : « groupement en vue de commettre des violences et des dégradations » caractérisé selon lui par le fait qu’au moment de son arrestation, on a retrouvé à proximité de K des mortiers, des briquets, des lunettes de soleil et des déguisements de Daltons. Il est aussi accusé de « violences sans ITT », en l’espèce des « tirs de mortiers sur les forces de l’ordre ».

R, qui a passé un mois en détention, est accusé du même chef d’inculpation (« groupement… ») et également de « complicité de violences volontaires aggravés n’ayant pas entrainé d’ITT » pour avoir enregistrer l’action avec son téléphone portable.

Des policiers qui ne sont ni blessés ni parties civiles et présentés par le tribunal comme des victimes de « violences ». Une vidéo enregistrée qui fait d’un jeune homme le « complice » d’immaginaires « violences ». Le reste du procès va être à l’avenant.

Le juge commence par lire le rapport d’ambiance de police sur cette matinée du 24 novembre. Un dispositif policier « en cas de troubles » a été déployé car la préfecture craignait une mobilisation d’opposants à l’émission « Face à la rue ». Puis au cours du rassemblement, des tirs de mortiers visent « les forces de l’ordre et les manifestants [sic] ». Un message du centre de commandement signale que les tirs viennent du tramway et que trois individus habillés en Daltons prennent la fuite.

Un « témoin » (dans le langage euphémisé de l’institution judiciaire) se met alors à les suivre. Il signale alors qu’ils se changent rue Montesquieu. Il se met à les filmer. Les policiers arrivent et interpellent K. Les déguisements sont retrouvés et placés sous scellés. Avant l’action, ils se trouvaient dans un bar du quartier. Le gérant est d’ailleurs entendu par les enquêteurs.
Certains des Daltons ont été identifiés car déjà contrôlés le 1er octobre dernier ; et l’un avait été placé sous le statut de témoin dans l’histoire de l’envahissement de la pelouse du stade de l’OL.

K a la parole. Il reconnait sa participation. Il a croisé des gens qu’il a suivi « bêtement » alors que ce matin, il devait aller démarcher des boites d’intérim. Il n’est pas membre des Daltons, n’a jamais fait les actions. Il n’avait pas l’intention de viser qui que ce soit.
Le juge : « Vous ne participiez pas avant ? Comment vous vous êtes retrouvés dans cette histoire ? »Retour ligne automatique
K : « On m’a demandé, un collègue ». 
Le juge : « On en saura pas plus j’imagine ? » [Silence].

R, lui, s’est présenté « spontanément » le lendemain (25 novembre) se sachant recherché. Il n’est pas à l’initiative de l’action. Des « grands » lui ont demandé d’aller rendre un service avec trois « petits » du quartier pour « aller foutre la merde pendant l’émission de télé ». Il a jeté son téléphone dans le Rhône avant d’aller se rendre aux policiers. « Je ne savais pas que ce que j’étais en train de faire, c’était un délit » clame-t-il. Don’t acte. Bien d’autres gens que lui ont filmé l’action et l’ont diffusée sur les réseaux sociaux. Et pour autant, ils ne sont pas poursuivis pour « complicité de violences ».

Comme c’est un peu tiré par les cheveux de lui reprocher une simple vidéo, le juge s’attache à le faire passer pour l’organisateur de la logistique de l’action. « C’est vous qui saviez où était le sac [dans lequel se trouvait le matériel] ? Vous saviez ce qui était prévu pour l’action ? Ce n’est pas l’action la plus sûre qui soit ? Sur les tirs, il n’y a pas de blessés, fort heureusement. Vous aviez des consignes ? Vous connaissez quelque chose aux mortiers ? Ça a une portée de combien ? C’est dangereux ou pas ? Vous avez tiré en l’air ou en ligne droite ? ». « C’est sur que je regrette, je suis en détention. Tous les jours, je me pète la tête contre le mur ».

Le juge continue : « qui sont vos commanditaires ? » Avec ce genre de questions posées l’air de rien, on se croirait presque dans un procès de la mafia où R aurait assassiné quelqu’un et où la justice devrait déterminé pour quel boss il travaille… 
Le juge : « Pourquoi vous-vous êtes débarrassé de votre téléphone ? Vous aviez peur qu’on y trouve quoi ? »
R : « J’avais des conversations avec des amis, des filles, j’avais pas envie qu’on fouille mon téléphone. Y’a eu une perquisition chez moi, j’ai paniqué ».

Une des deux assesseurs l’interroge : « si vous tirez en l’air, comme vous dites, comment on explique qu’il y ait de la fumée [des mortiers] devant les policiers ? » Manifestement les juges n’ont pas pris le temps de regarder les vidéos et se sont contentés d’éplucher le dossier constitué par la police – et donc entièrement à charge. Les avocats interviennent. S’engage alors une controverse entre les juges et les deux avocats de la défense sur les angles de vue des photos et où se situe précisément la fumée : au niveau des arbres, au dessus, en dessous… Personne n’est d’accord.

C’est maintenant au tour de la procureur de faire ses réquisitions. Elle commence par se féliciter que deux autres mineurs aient été interpellé en début de semaine pour cette même histoire, [et dont un se trouve actuellement en détention]. « On est dans ce contexte des Daltons. Il n’y a pas lieu de faire de ce procès une tribune politique ». Avant de concéder : « la présence d’un représentant d’une formation politique [le RN] peut, peut-être, dérangé et éventuellement dérangé les Daltons ». Puis elle rappelle rapidement que « les Daltons créent de temps en temps des troubles à l’ordre public ».

« Le tribunal doit se prononcer sur la matérialité des faits et leur aspect intentionnel. Il y a une organisation de la préfecture au niveau du dispositif policier. Et dans ce cadre, des individus vont intervenir et ne vont pas hésiter à effectuer une vingtaine de tirs. » Arriver « en pleine ville dans cette configuration avec des « armes », qui mal utilisées peuvent blesser » : pour elle, pas de doutes, les « violences » sont caractérisées, « il n’y a pas lieu d’en discuter », « on vient dans une démarche belliqueuse ». Puis, au détour de sa logorrhée, elle finit par lâcher le morceau et reconnaître ce qu’on reproche réellement aux Daltons : avoir fait flipper Jean-Marc Morandini, Jordan Bardella et un cordon de policiers alors que les manifestants acclamaient à ce moment-là l’intervention des Daltons : «cette action est de nature à provoquer une certaine émotion».

Concernant le rôle de R, elle en rajoute une couche : il n’a pas eu de rôle secondaire mais a permis l’organisation de ces « violences ». Elle parle elle aussi de « commanditaires » pour se demander s’ils existent vraiment. Toujours cette expression désagréable. À ce compte-là – c’est-à-dire à ce degré d’éloignement de la réalité –, on pourrait aussi se laisser aller à qualifier cette chambre de « tribunal de l’inquisition ».

Écartant le « caractère obscure des explications fournies » de K et de R, elle assène : « il faut remettre les faits dans un contexte infractionnel. Celui qui a tiré a sa place [sur le banc des accusés], le complice l’a tout autant. Le complice [en l’occurrence le vidéaste] risque la même peine ».

Les réquisitions : pour R, un an d’emprisonnement dont six mois avec sursis probatoire pendant deux ans (obligation d’emploi, de « soins ») et interdiction de la Guillotière « qui n’a pas à subir la présence de R ». Celle de Jean-Marc Morandini, accusé pourtant de « corruption de mineurs » pour avoir fait des propositions sexuelles à deux mineurs, ne la gène pas outre mesure. Pas plus que celle et de Jordan Bardella, représentant d’un parti qui diffuse les thèses du « grand remplacement » et qui fait de la « lutte contre l’immigration » un « enjeu civilisationnel ». Eux sont, pour les magistrats, toujours les bienvenus à la Guillotière !

Pour K, elle requiert six mois avec sursis probatoire pendant dix-huit mois (obligation d’emploi), interdiction de la Guillotière et confiscation du scellé en l’espèce son téléphone portable car elle avance, sans le moindre début de preuves, qu’il constituerait « un relais pour organiser les actions ».

C’est au tour de la défense de plaider. L’avocate de K contre-attaque. « Les faits se sont produits dans un certain contexte qu’il ne faut pas dissocier. Les projecteurs sont braqués sur le quartier de la Guillotière. Morandini veut faire son beurre sur la situation de ce quartier. Les Daltons sont invités par CNews à participer à la « déambulation » aux cotés de l’animateur [ils vont finalement refuser et préférer venir la perturber]. C’est du journalisme assez minable. Comment d’argent ce dispositif de sécurité a couté à la collectivité ? C’est une provocation selon moi. Ce quartier n’a pas besoin d’une provocation supplémentaire ».

« C’est dans ce contexte qu’on lui propose de tirer des feux d’artifice. Ensuite c’est le « traitement spécial Dalton » ». Elle poursuit : « C’est une avalanche qui s’abat sur sa tête. Il est totalement inconnu de la justice ». K fait 48h de garde-à-vue [il vient d’avoir 18 ans et n’a jamais été interpellé auparavant] pour deux auditions de quinze minutes. On aurait pu le juger le 26 novembre, il a passé toute la journée au dépôt. Mais non il est envoyé deux jours en prison, puis il atterrit de nouveau au dépôt toute la journée avant que son procès ne soit renvoyé fin décembre. Soit six jours de prévention de liberté et d’angoisses pour sa famille et ses proches. Ce récit ne semble pas émouvoir la cour plus que ça. Pour les magistrats, ce type de traitement ne semble pas relever de « violences ». Et pour cause : c’est le type de situations qu’ils génèrent tous les jours…

L’avocate revient ensuite sur les éléments soi-disant constitutifs de l’infraction. Le fameux « groupement en vue de ». Cela revient à vouloir « sonder les coeurs et les esprits. Voulaient-ils commettre des « violences » ? Est-ce que ces éléments (un bâton de feux d’artifice, des lunettes, un déguisement…) sont suffisants pour entrer en voie de condamnation, pour qualifier cela de « violences » alors qu’objectivement il n’y en a pas eu ». « Il l’a dit : « je n’ai visé personne » ».

Elle les invite à regarder les vidéos. Il tire au dessus. On voit les gerbes d’étincelles au dessus des arbres. Et si la relaxe ne leur semble pas adaptée, l’avocate a trouvé un décret de 2010 relatif à l’usage de feux d’artifices et qui prévoit une amende de cinquième classe pour un usage dans l’espace public. Elle demande enfin la restitution du téléphone de K.

C’est au tour de l’avocat de R d’entrer en scène. « Vous connaissez la chanson : quand on appelle les Dalton, ils arrivent ». Il déploie un argumentaire limite complotiste : selon lui, les Daltons ont reçu un message d’un journaliste de Cnews. « Bonjour les Daltons, on fait une émission, on vous sollicite pour intervenir ». Réponse des intéressés « bien sûr ». Réponse du journaliste « on peut s’appeler ».
En accédant [dans un premier temps] à la requête du journaliste puis en venant bordéliser l’émission aux cotés des habitants et des collectifs de la Guill’, ils auraient… participé à l’instrumentalisation de « Face à la rue » ! Comme s’ils étaient un peu benêts et avaient été manipulé… Une façon un peu curieuse de raconter leur prise de parti.

Il rappelle que les Daltons ont été invité à l’émission « Face à Baba » de Cyril Hanouna devant Zemmour (mais C8 a annulé au dernier moment) [1]. Puis l’avocat s’emploie à politiser le dossier. « Vous ne jugez plus des infractions de droit commun mais des infractions à mobile politique. Les sympathies politiques de CNews ne sont plus à démontrer. » 
« Eux cherchent à faire du bien. Ils font des maraudes, ils distribuent des bonbons. Aller consulter leur page, ils sont encore très actifs alors que R est en prison. Ils ne vont pas venir en costard-cravate débattre avec Bardella. Ils se disent qu’ils veulent marquer le coup. Y’avait des antifas qui sont allés au contact [place du Pont] ».

Il poursuit : « Tout le problème de ce dossier est celui de l’intentionnalité. À quel moment il aurait voulu faire ça – commettre des violences ? S’ils avaient voulu brûler des biens, tirer, toucher, ils l’auraient fait. Ils ont voulu faire un tiffo comme dans les stades. Immaginez des policiers, des CRS impressionnés/traumatisés par cela, c’est une fable, c’est ridicule. La vérité c’est que tout le monde s’en est réjoui, tout le monde a rigolé, et je m’associe à cela : tout le monde à trouver ça drôle. Personne n’a eu peur, il n’y a que le parquet qui a eu peur».

« J’arrive à la deuxième infraction : complicité de violences pour avoir filmer la scène, c’est complètement artificiel. Les Daltons, c’est une identité, pas un groupe. Tout le monde peut s’en revendiquer. Quand on les provoque, ils répondent par la provocation, pas de la meilleure des manières. Quel est l’intérêt du mandat de dépôt ? Il n’aura pas le temps de faire aménager sa peine [à Corbas]. On est à la Guillotière, vous voyez des gens de quartiers tirer sur d’autres gens de quartiers ? Ou sur des antifas ? Ça vaut pas de la prison ferme, encore moins du mandat de dépôt. C’est une blague potache, une blague de gamin ». https://www.youtube.com/embed/7lDUh7b97Ds?version=3&rel=1&showsearch=0&showinfo=1&iv_load_policy=1&fs=1&hl=fr&autohide=2&wmode=transparent

Le tribunal ne l’entend pas de cette oreille. Et même si le juge, ancien juge des libertés et de la détention, à la réputation d’être plutôt compréhensif et à l’écoute (bref d’être un juge de gauche), K se mange quatre mois avec sursis, une interdiction de la place du Pont ainsi que d’un périmètre de quatre cent mètres autour. R écope quant à lui de cinq mois ferme sans mandat depôt (il sort de prison et sa peine sera aménagée) ainsi que de la même interdiction de séjour de dix-huit mois de la place du Point et de ses environs. C’est cher payé pour s’être opposés à la propagande d’extrême-droite de Bolloré [2].

À l’énoncé du verdict l’avocate de K va discuter avec sa famille tandis que l’avocate de R, toujours aussi addict aux médias, se rue vers eux pour avoir son quart d’heure de gloire : France3 région, France Inter, BFM Lyon, Cnews (qui n’a pas osé s’afficher en début d’audience)… Il rejoue le procès devant les caméras.

Le philosophe Michel Foucault affirmait dans un reportage d’Antenne2 de 1977 que « la justice est au service de la police, historiquement et de fait institutionnellement ». Avec un tel procès et un verdict aussi sévère, on pourrait rajouter aujourd’hui « au service de CNews et du Rassemblement National ».

P.-S.

En cas de violences policières et/ou d’arrestation dans un cadre de lutte, vous pouvez joindre la Caisse de Solidarité(06.43.08.50.32).

Notes

[1] « Sur Instagram, ils expliquent s’être pourtant préparés pendant des jours, avoir lu le livre d’Eric Zemmour et regardé de nombreuses apparitions télévisés de l’intéressé pour pouvoir le coincer et pour « prendre note de chaque incohérence, chaque élément qui prouve que cet homme propose une dictature et a de nombreuses similitudes avec certains des pires dictateurs de l’Histoire ». « Cet homme n’est qu’un fou qui parle bien et qui n’a même pas sa place en tant que candidat à la présidentielle de la 5e puissance mondiale », indiquent également les Daltons dans leur story. » (Lyonmag).

[2] Le seul autre candidat invité pour l’heure par « Face à la rue » est… Eric Zemmour. Ben voyons. C’était à Drancy le 25 octobre 2021. Et on avait eu droit à une cérémonie de dévoilement d’une musulmane mise en scène, digne des meilleures heures de l’époque coloniale.

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Les Palestiniens surveillés 24 H /24 par les sionistes

Nous reproduisons ci-dessous un article de Nadim Nashif publié par Middle East Eye et traduit par Chronique de Palestine.

La communauté internationale doit absolument se positionner contre les opérations de surveillance de plus en plus invasives d’Israël, explique Nadim Nashif.

Les Palestiniens surveillés 24 H /24 par Israël
Des Palestiniens franchissent un poste de contrôle militaire israélien séparant Jérusalem-Est occupée de la Cisjordanie. Ce qui était un cauchemar pour Orwell dans son roman « 1984 » est en train de devenir la norme en Palestine occupée – Photo : Emil Salman via imeu.org

« Que ce soit en Cisjordanie occupée, à Gaza ou en Israël, les Palestiniens vivent sous un nuage permanent de surveillance israélienne. Parmi les récentes révélations, citons le déploiement par l’armée israélienne de la technologie de reconnaissance faciale Blue Wolf, qui aurait été couronné par un concours décernant un prix aux soldats israéliens qui avaient photographié le plus de civils palestiniens, et l’installation du logiciel espion Pegasus de NSO Group sur les téléphones des défenseurs palestiniens des droits de l’homme.

Si ces révélations ont pu choquer la communauté internationale, les Palestiniens savent depuis longtemps qu’Israël utilise les territoires occupés comme laboratoire pour tester des technologies de surveillance invasives. 

Cela permet aux entreprises israéliennes d’exporter leurs technologies dans le monde entier avec l’estampille “testées sur le terrain”.

En plus de violer les droits de l’homme des Palestiniens, la surveillance israélienne des communautés palestiniennes pose un grand problème à la communauté internationale. 

L’absence de réglementation, de contrôle et de transparence qui entoure la vente et la fourniture d’outils de surveillance constitue une menace pour les communautés marginalisées, les défenseurs des droits humains, les universitaires et les journalistes du monde entier.

Des gouvernements, qui partagent les mêmes façons de voir qu’Israël, s’inspirent de plus en plus de ses techniques pour surveiller leurs propres citoyens, ce qui met la communauté internationale dans l’obligation de prendre des mesures pour protéger le droit à la vie privée.

De fait, les systèmes de surveillance israéliens sont devenus un élément central du contrôle de la vie quotidienne des Palestiniens. 

Depuis le début de l’occupation en 1967, Israël a progressivement renforcé son contrôle des technologies de l’information et de la communication en Cisjordanie et à Gaza, au mépris des accords d’Oslo, qui exigeaient qu’Israël transfère progressivement le contrôle aux Palestiniens.

Cela a entraîné de graves violations des droits numériques des Palestiniens, avec notamment un système d’accessibilité à plusieurs niveaux qui permet aux Israéliens de bénéficier d’un accès à la 5G, tandis que les Palestiniens de Cisjordanie occupée n’ont accès qu’à la 3G, et Gaza à la 2G.

Chantage

Israël interdit toute avancée technologique aux communautés palestiniennes, tout en contrôlant l’infrastructure qui sous-tend l’État de surveillance.

Un lanceur d’alerte appartenant à l’armée israélienne a récemment révélé que les autorités israéliennes ont les moyens d’écouter n’importe quelle conversation téléphonique en Cisjordanie et à Gaza. Sans compter que tous les téléphones mobiles importés à Gaza par le checkpoint de Kerem Shalom sont équipés d’un mouchard israélien.

La très controversée Unité 8200 d’Israël utilise ces techniques de surveillance pour repérer les Palestiniens qu’il est possible de faire chanter pour les contraindre à devenir des informateurs. 

L’Unité recherche souvent des Palestiniens homosexuels et les menace de révéler leur orientation sexuelle à leurs amis et à leur famille, ce qui peut leur causer de gros ennuis, s’ils n’acceptent pas de devenir des informateurs et d’espionner leur communauté pour le compte du gouvernement israélien.

Au cours des cinq dernières années, les méthodes de surveillance israéliennes se sont notablement accrues et diversifiées.

Israël a encouragé le secteur de la technologie et de la sécurité à créer des algorithmes et des outils de surveillance pour passer au crible le contenu des médias sociaux palestiniens, et a fait arrêter, depuis 2015, des centaines de Palestiniens pour “incitation sur les médias sociaux”, grâce à son programme controversé de ‘police prédictive’.

La pandémie de Covid-19 a exacerbé la situation, car Israël a utilisé le prétexte de la santé publique pour déployer de nouvelles mesures de surveillance invasives. 

Les Palestiniens sont, depuis toujours, confrontés à de sévères restrictions de la liberté de mouvement et ne peuvent se déplacer sans permis, mais, à la faveur de l’épidémie, Israël a lancé l’année dernière une application mobile qui remplace les services de délivrance de permis en présentiel.

L’application a été présentée comme une mesure de santé publique, mais son objectif est en réalité beaucoup plus pervers, comme on peut le voir dans ses conditions de service qui obligent les utilisateurs à donner, à l’État d’occupation, accès aux données stockées sur leur téléphone, telles que les appels et les photos. 

Cette mesure est d’autant plus problématique que ces services revêtent une importance capitale pour de nombreux Palestiniens.

Sans les permis appropriés, il peut être difficile de trouver du travail dans les petites zones géographiques auxquelles sont confinés de nombreux Palestiniens. 

La réponse d’Israël à l’épidémie a donc obligé les Palestiniens à choisir entre la possibilité de gagner leur vie et leur droit à la vie  privée.

Caméras en circuit fermé

Dans le même temps, la vidéosurveillance et les logiciels de reconnaissance faciale sont une réalité quotidienne pour les Palestiniens. En 2000, plusieurs centaines de caméras de télévision en circuit fermé (CCTV) ont été installées dans la vieille ville de Jérusalem.

En 2015, ce système a été considérablement étendu, et aujourd’hui, la technologie de reconnaissance faciale est devenue si répandue que de nombreux Palestiniens ne se sentent même plus en sécurité dans leur propre domicile.

Certaines caméras de vidéosurveillance sont positionnées de telle sorte qu’elles peuvent voir ce qui se passe dans les maisons privées, ce qui conduit certaines femmes à dormir avec leur hijab, tandis que d’autres familles hésitent à laisser leurs enfants jouer dehors. 

Les caméras ont supprimé la notion même de vie privée.

Alors que le système de surveillance israélien est clairement bâti sur la violation des droits fondamentaux des Palestiniens, y compris leur droit à la vie privée, la réponse des gouvernements du monde entier a été lente et molle.

Les efforts des organisations de la société civile et des défenseurs des droits numériques sont donc essentiels pour accroître la pression publique sur les sociétés de surveillance.

En réponse à la pression croissante, les États-Unis ont récemment inscrit NSO Group et Candiru sur une liste noire, en disant qu’ils “ont développé et fourni des logiciels espions à des gouvernements étrangers qui ont utilisé ces outils pour cibler de manière malveillante des responsables gouvernementaux, des journalistes, des hommes d’affaires, des militants, des universitaires et des employés d’ambassades”. 

Et l’année dernière, Microsoft, aux prises avec un audit public déterminé, a annoncé qu’il allait vendre sa participation dans la société israélienne de reconnaissance faciale AnyVision.

Cependant, ces avancées ne sont pas suffisantes pour résoudre les problèmes systémiques que posent ces systèmes de surveillance israéliens déjà bien enracinés, et l’expérimentation de ces technologies sur les Palestiniens. 

Les gouvernements du monde entier doivent, d’une part, exiger que le développement et le déploiement des technologies de surveillance soient réglementés et transparents, et, d’autre part, sanctionner les entreprises qui exploitent des communautés marginalisées pour tester leurs produits.

Auteur : Nadim Nashif

 Nadim Nashif est le directeur exécutif de 7amleh, une organisation qui se concentre sur la promotion et la protection des droits numériques des Palestiniens.

 Source Middle East Eye – Traduction : Chronique de Palestine – Dominique Muselet

CAPJPO-EuroPalestine

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Le drame des civils pris au piège des affrontements à Hassaké

Tenus de se cloîtrer chez eux, les habitants de cette ville du Nord-Est syrien vivent dans un climat de peur, alimenté par le bruit des combats entre les jihadistes de l’EI et les forces kurdes, soutenues par les États-Unis, et des bombardements menés par Washington qui se succèdent jour et nuit.

OLJ / Noura DOUKHI, le 26 janvier 2022

Le drame des civils pris au piège des affrontements à Hassaké

Des habitants fuyant leurs domiciles situés dans les quartiers avoisinant la prison de Ghwayran, à Hassaké (Nord-Est syrien), le 22 janvier 2022. Photo AFP

« Les rues sont coupées, la majorité des commerces est fermée, seuls les chars américains et les soldats des forces kurdes sont éparpillés partout. » Depuis lundi, Hassaké ne ressemble plus qu’à une ville fantôme, confie Ahmad*, qui réside dans la ville du Nord-Est syrien tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde. Fantôme en apparence seulement. Car le bruit des combats, qui se déroulent à 500 mètres de la maison dans laquelle lui et plusieurs membres de sa famille sont cloîtrés, et des bombardements de la coalition internationale dirigée par Washington se succèdent jour et nuit.

Suite à l’assaut mené dans la nuit de jeudi à vendredi contre la prison de Ghwayran, à Hassaké, par plus d’une centaine de jihadistes de l’État islamique pour libérer des détenus, un couvre-feu complet a été imposé il y a deux jours à la population pour une durée d’une semaine en vue d’« empêcher les membres de cellules terroristes de s’échapper », a déclaré l’administration locale dimanche soir. Une centaine de prisonniers étaient parvenus à s’évader de la prison jeudi soir après l’opération conduite par les jihadistes avec l’aide d’armes lourdes et de camions piégés. Au même moment, des cellules dormantes de l’EI avaient attaqué les forces de sécurité kurdes dans une base militaire voisine en surgissant des quartiers alentour. Lire aussi Près de 45 000 personnes ont fui les combats à Hassaké

Au cinquième jour des affrontements armés entre les FDS, appuyées par les États-Unis, et les membres de l’EI retranchés dans le côté-nord de la prison, les combats se poursuivaient avec force hier, portant à 166 le nombre de morts jusqu’à présent, parmi lesquels plusieurs enfants affiliés au groupe jihadiste, rapportent des sources locales. Hier après-midi, 250 prisonniers à l’intérieur de l’établissement ont été transportés par bus vers d’autres centres de détention après que 300 autres avaient déjà capitulé au cours des jours précédents. Les forces kurdes menaient en parallèle des campagnes de ratissage à Ghwayran et dans le quartier résidentiel d’al-Zohour à la recherche des assaillants et des prisonniers qui avaient réussi à s’échapper.

Livrés à eux-mêmes

« La situation est toujours aussi misérable ici, nous ne savons pas quel sera notre sort », témoigne Mohammad, habitant du quartier de Ghwayran et déplacé par les FDS avec sa mère et ses quatre enfants âgés de un à neuf ans, dans l’une des écoles du quartier voisin d’al-Nashwa qui sert de refuge à des centaines de civils. Depuis l’assaut de jeudi, près de 45 000 personnes ont fui leur domicile, assure l’ONU. Si certaines d’entre elles sont parvenues à louer des maisons pour s’éloigner de la prison, les plus démunies sont livrées à elles-mêmes. « Il n’y ni chauffage, ni nourriture, ni lit, nous dormons à même le sol », raconte Mohammad. Selon des sources contactées sur place, des habitants dormaient également dans les mosquées et dans les rues de la ville, alors que les températures extérieures moyennes avoisinent les 5 degrés.

Le père de famille, quitté par sa femme à cause de sa situation financière, se nourrit des restes qu’il trouve par-ci, par-là. Les circonstances actuelles ne font qu’aggraver son état. Au cours de ces dernières années et comme d’autres Syriens de la région, Mohammad se rendait, lorsqu’il le pouvait, au Liban pour travailler dans le domaine de la restauration et envoyer de l’argent à sa famille. Revenu il y a quelque temps pour chercher un emploi à Hassaké, sans succès, il s’est retrouvé coincé ici faute d’argent pour voyager. « Ma fille aînée a besoin d’une opération car elle ne peut pas entendre, sa sœur souffre d’incontinence urinaire et doit voir un médecin, mon bébé a besoin de lait et ma mère, qui veille sur eux, est très malade », dit-il, éprouvé. À cela s’ajoute la terreur provoquée par le bruit des affrontements et des bombardements qui s’abattent depuis plusieurs jours sur la ville. « Je n’ai rien à dire à mes enfants, ils savent ce qu’il se passe », ajoute froidement Mohammad. Lire aussi Situation tendue entre forces kurdes et jihadistes dans une prison

Déplacés eux-aussi dans le quartier d’al-Nashwa, Ahmad, sa femme et ses enfants ont loué une maison après avoir fui leur domicile situé juste à côté de la prison. Le trentenaire a dû faire appel à ses proches, qui ont déboursé 150 dollars pour la location. Si elle est pour le moment en sécurité, la famille vit toujours au rythme des hélicoptères qui survolent en permanence la région et des raids aériens. « La peur est omniprésente, raconte Ahmad. Les frappes tombent très tard dans la nuit et effraient les enfants pendant leur sommeil. Le bruit des hélicoptères militaires est énorme, nous entendons aussi les affrontements et les canons. » Le père de famille constate tristement que ses enfants s’habituent de jour en jour aux bombardements. Si ces derniers restent apeurés, Ahmad et sa femme tentent de les rassurer comme ils le peuvent. Déplacé de Deir el-Zor, le couple voit le scénario qui les avait poussés à tout quitter une première fois se reproduire, alors qu’ils avaient fui avec leurs enfants les offensives menées par les jihadistes de l’EI dès 2016.

Des bouts de papier

Interdite à présent de quitter le domicile, la famille ignore comment elle va se nourrir dans les prochains jours. « Les denrées essentielles, comme le pain, les légumes, le sucre, manquent, indique Ahmad. Les rares commerces qui restent ouverts n’ont presque plus rien. » Le trentenaire rapporte que la boulangerie principale des environs, située juste à côté de la prison, a été frappée lundi. « Il est presque impossible de trouver du pain et si on y parvient, le prix est excessivement élevé, constate-t-il. Si ça continue, on devra en venir à manger des bouts de papier… »

Face à cette situation, Ahmad confie avoir pensé à fuir. Depuis jeudi soir, les habitants qui sont parvenus à quitter la ville de Hassaké se seraient rendus en majorité dans les zones sous le contrôle du régime d’Assad. D’autres ont préféré rester, face à la peur d’être arrêtés par les forces loyalistes. « Nous sommes pris entre deux feux, résume tristement Ahmad. Rester est très dangereux. Mais partir l’est tout autant. Les passeurs qui peuvent nous aider à sortir demandent des prix faramineux, et les routes pour aller vers la Turquie ne sont pas du tout sûres. »

* Les prénoms ont été changés

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Georges Abdallah : Rassemblement devant le tribunal administratif de Paris la semaine prochaine !

Georges Abdallah : Rassemblement devant le tribunal administratif de Paris la semaine prochaine !

Communiqué de la Campagne Unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah emprisonné en France depuis 37 ans, malgré les décisions de justice :

Nouvelle étape dans le combat pour la libération de notre camarade Georges Abdallah. Rappelonsqu’en juillet 2020, une demande a été formulée par l’avocat de Georges Abdallah auprès du ministre de l’Intérieur pour que soit signée la demande d’expulsion conditionnant la libération de Georges Abdallah.
Aucune réponse n’ayant été reçue, en novembre 2020, une action a été engagéeauprès du tribunal administratif où une requête a été déposée pour que soit ordonnée l’expulsion de Georges Abdallah du territoire français.

L’examen de cette requête va être effectif jeudi 27 janvier 2022, à 14h00, lors d’une séance publique du tribunal administratif de Paris (7 rue de Jouy, 75004 Paris).

La Campagne Unitaire pour la Libération de Georges Abdallah appelle à se rassembler massivement devant le tribunal et à être présent dans la salle d’audience pour montrer notre détermination à ne rien lâcher jusqu’à la libération de notre camarade et accentuer la pression afin que le ministre de l’Intérieur applique la décision de la justice de son État : « il faut qu’il signe ! »

Soyons nombreux à Paris devant le tribunal administratif, 7 rue de Jouy, Paris 4e, le 27 janvier à 14h00 ! Venons de partout, de la région parisienne, de France et des pays limitrophes de la France !

Soyons nombreux, ce jour-là, dans toutes nos villes à organiser des initiatives devant les lieux du pouvoir !

Soyons nombreux, ce jour-là, à organiser des initiatives devant les consulats ou ambassades de France !

CAPJPO-EuroPalestine

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Bilan des crimes sionistes en Palestine occupée du 13 au 19 janvier 2022 

Lundi meurtrier autour d’Hébron 

Lundi 9h, l’hôpital al-Mizan d’Hébron annonce le décès de Soliman ‘Eid al-Hathaleen, un homme de 69 ans, des suites de ses blessures. Douze jours plus tôt, un camion de la police israélienne escorté d’une voiture de patrouille pénètre à l’entrée du hameau de Kherbet Um al-Kheir, au sud d’Hébron, en vue de confisquer des véhicules garés « illégalement » selon les autorités. Alors que Soliman se tenait le long de la route, le camion dévie brutalement, le heurte et le traîne sur plusieurs mètres avant de poursuivre tranquillement sa route. Mortellement blessé, Soliman subit des fractures de la cage thoracique et de la colonne vertébrale, une hémorragie pulmonaire et une hémorragie cérébrale. Alors que la police israélienne sur place ne fait rien, une ambulance palestinienne finit par arriver et le transporter à l’hôpital où il est admis en soins intensifs. Pendant douze jours, l’équipe médicale tentera en vain de le sauver. Comme par hasard, la victime était un activiste bien connu de l’occupant pour sa résistance à la colonisation…

Le même jour et non loin de là, à 13h30, à proximité de la « colonie illégale » (selon le pléonasme habituel) de Gush Etzion, un soldat de l’armée d’occupation tue Faleh Jaradat, habitant de Sa’ir, pour le motif habituel qu’il aurait tenté une attaque au couteau. Pas moins de onze habitants de Sa’ir ont été assassinés sous le même prétexte entre octobre 2015 et janvier 2016, tandis qu’un prisonnier issu de cette ville est mort sous la torture en 2013*.  

Arafat Jaradat tué par la torture israélienne

Pour les Palestiniens, une insécurité permanente 

Hormis ces deux homicides, 33 Palestiniens de Cisjordanie ont été blessés cette semaine, tandis que la Palestine occupée subissait 88 raids contre villes et villages et 24 attaques contre des manifestants.

Mais personne, quoi qu’il fasse, n’est à l’abri de l’occupant…Ainsi, jeudi, Mohammed al-Faqih (15 ans), était en train de jouer avec des garçons de son âge à proximité du mur de l’apartheid quand une patrouille israélienne en maraude les repère et entreprend de les contrôler. Paniqués, les garçons s’enfuient, coursés par les soldats. Dans sa fuite, Mohammed se blesse en tombant. Il est conduit à un centre de soins palestinien où son pied doit être opéré.

Vendredi, à Beit Najan, près de Naplouse, parmi les 8 manifestants blessés alors qu’ils protestaient contre les attaques de colons et les confiscations de terres, on compte un journaliste : Muhammad al-Khatib. Le même jour, à un checkpoint au nord de Qalqiliya, un mineur est blessé d’une balle métallique.

Pendant ce temps, le bouclage de l’entrée nord de Kafr Qaddoum provoque des protestations dont la répression cause 6 blessés. Etc. 

Enfants battus et kidnappés 

Cette semaine, 92 nouveaux Palestiniens de Cisjordanie ont rejoint les geôles israéliennes. Comme toujours, enfants et adolescent(e)s ne sont pas épargné(e)s.

Jeudi, Yaman al-Hajjaj (16 ans) est enlevé en plein cœur de la ville d’Hébron.

Samedi, dès 5h du matin, un grand déploiement de soldats épaulés par des forces spéciales attaque le camp de réfugiés de Dheisha, au sud-ouest de Bethléem, repaire supposé de militants du FPLP. Ils prennent d’assaut plusieurs maisons et s’emparent de six habitants, dont un homme de 63 ans et son fils, ainsi qu’une jeune fille de 17 ans, Ranim Jaafari. 

Dimanche, à Silwan, quartier de Jérusalem en proie au nettoyage ethnique, l’occupant pénètre en force dans la maison de Azouz Sadeq Ghaith et le kidnappe sous les yeux impuissants de ses parents. Il n’a que 12 ans !

Lundi matin, les forces d’occupation établissent un checkpoint sur la route reliant les villages d’Azoun et d‘Izzbit At-Tabib, à l’est de Qalqiliya. Ils y enlèvent deux jeunes : Laith Odeh (18 ans) et Ibrahim Sweidan (16 ans).

Bilan des crimes israéliens en Palestine occupée du  13 au 19 janvier 2022

Mardi, à 1h du matin, le village de Teqoa, à l’est de Bethléem, subit une attaque d’envergure des forces d’occupation. Plusieurs maisons sont prises d’assaut et 8 jeunes gens, dont le plus vieux a 26 ans, sont raflés. Parmi les victimes figurent deux adolescents de 16 ans : Soliman et Hussein Hajahjah. Teqoa est l’objet d’agressions continuelles de la part de l’occupant (se reporter aux bilans précédents).

Une heure plus tard, c’est au tour de Ward al-Ghoul et Saif Aweis (17 ans chacun) d’être kidnappés dans leur maison à Ras al-‘Amoud, faubourg de Jérusalem.

Ce même jour à 9h, les forces d’occupation fondent sur le lycée de Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah. Ils envahissent plusieurs classes qu’ils saccagent, démolissent les chaises, brutalisent un enseignant, Shaher al-Tamimi, qui essayait de s’interposer, et raflent deux enfants de 14 ans, Ramez et Ahmed al-Tamimi, après les avoir tabassés. Ramez est enfermé dans une salle où il est roué de coups de poings et de coups de pieds dans l’abdomen. Trois enseignants qui voulaient intervenir sont maltraités à leur tour. Menottés et les yeux bandés, les deux enfants sont finalement enlevés à bord d’un SUV militaire.  

Jérusalem : nettoyage ethnique au bulldozer 

Jeudi : au camp de réfugiés de Shufat, à Jérusalem, deux magasins sont démolis par leur propriétaire au moyen d’un bulldozer de location, pour éviter l’amende ; dans le quartier d’Issawiya, un ordre de de démolition est apposé sur les murs de la mosquée en construction, pourtant édifiée sur des terres appartenant aux habitants.

Lundi : à 8h, à Sheikh Jarrah, agents des forces spéciales, officiers de renseignement, agents municipaux et miliciens affluent pour s’emparer d’un terrain de 0,6 ha appartenant à la famille Salhiya.

Prétexte invoqué : la construction d’une école pour les colons, alors que la place alentour ne manque pas… Tandis que les assaillants s’apprêtent à démolir les deux maisons de la famille, des membres de celle-ci grimpent sur les toits et, bouteilles de gaz en main, menacent de tout incendier et faire sauter si les bulldozers s’approchent. Ils résistent ainsi dix heures d’affilée jusqu’au retrait des forces d’occupation. Entre temps, ces dernières ont eu le temps de démolir une serre, un atelier de réparation automobile, une station de lavage de voitures et un salon de coiffure, sources de revenus pour des dizaines de familles. Pendant ce temps, à la périphérie du périmètre bouclé par l’armée, les unités spéciales dispersent sans ménagement les journalistes et les nombreux activistes venus en soutien de la famille : habitants du quartier, mais aussi militants d’ONG, représentants de l’UE, diplomates, et même membres du parlement israélien, tous scandalisés par cette expulsion illégale même du point de vue israélien. Parmi les cinq manifestants arrêtés figurent un certain Yehia al-Khatib et son fils de 15 ans, Ahmed. Mercredi à 3h du matin, l’occupant revient à la charge : 30 commandos et des dizaines d’officiers de renseignement, accompagnés de chiens policiers, bouclent à nouveau le secteur, interdisant l’accès y compris aux journalistes et au personnel médical. Puis ils coupent le courant et lancent des grenades assourdissantes à l’intérieur des maisons. Cette fois, les habitants pris en plein sommeil sont roués de coups. Femmes et enfants en pyjama sont jetés dehors dans le noir alors que la température avoisine zéro, avant que des voisins les recueillent. Quant aux 14 hommes de la famille et aux 6 activistes israéliens qui les soutiennent, ils ont droit au passage à tabac de rigueur avant d’être emmenés en détention. Les activistes seront relâchés plus tard moyennant l’interdiction de remettre les pieds à Sheikh Jarrah. La soldatesque peut alors procéder aux démolitions (voir la vidéo https://europalestine.com/2022/01/19/sheikh-jarrah-un-nettoyage-ethnique-criminel-video/).

Parmi les blessés lors de la rafle figure une fillette de 9 ans. Ces démolitions jettent à la rue 13 personnes, dont 9 enfants, au cœur de l’hiver. Ainsi s’achèvent, manu militari, 23 ans de bataille judiciaire, comme si le droit et la légalité avaient cours pour les Palestiniens !

Et cela continue… Mardi, Mohammed Ali doit démolir deux appartements dans le camp de réfugiés de Shufat. Malek Khalailah auto-détruit trois magasins dans le quartier de Jabel Mukaber. Mercredi, Fisal al-Jabari auto-démolit sa maison du quartier de Wadi al-Joz. Sans parler des démolitions dans le reste de la Cisjordanie… 

Gangs de colons déchaînés 

Jeudi, une bande de fanatiques en provenance de la colonie de Beit El, au nord d’al-Bireh, tabasse et arrose de gaz poivre une équipe de Palestine TV, envoyant trois de ses membres à l’hôpital.

Vendredi, un colon déguisé en musulman tente un coup de force contre les fidèles en prière mais les gardiens de la mosquée préviennent son geste.

A un checkpoint près de Naplouse, une bande de colons s’amuse à caillasser les voitures palestiniennes et envoie un passant à l’hôpital.

Dimanche, à l’entrée de Burqa, près de Naplouse, une autre bande attaque la maison d’Iyad Salah et la police intervient… pour réprimer les villageois qui s’opposent aux colons. L’un d’entre eux est blessé, beaucoup sont suffoqués par les gaz.

Mardi, au sud de Yatta, des colons déracinent 30 oliviers et les emportent avec eux.En tout, on recense cette semaine 11 agressions notables dues à des colons. 

La Cisjordanie entravée Aux 108 points de contrôle permanents se sont ajoutés 41 checkpoints temporaires et 6 fermetures de points névralgiques pour compliquer encore un peu plus les déplacements à risque des habitants de Cisjordanie. Personne n’est sûr d’en sortir indemne.

Dans Gaza assiégée et inondée 

En cette quinzième année de siège, alors que les deux-tiers de la population souffrent d’insécurité alimentaire, que le fuel manque pour fournir l’électricité et que les matériaux manquent pour la réparation du réseau hydraulique et la reconstruction, coincés par un mur high tech qui s’étend sous terre et se prolonge sur la mer, les Gazaouis subissent en prime des violations quasi quotidiennes du cessez-le-feu.

Ainsi, ce lundi :

– Alors qu’ils naviguent à moins de trois milles des côtes (la limite autorisée par les accords d’Oslo est de 20 milles), d’inoffensifs bateaux de pêche sont attaqués.

– Des terres agricoles sont encore visées par des soldats campés derrière la ligne de démarcation.

– Six véhicules militaires pénètrent de 100 mètres à l’intérieur du territoire gazaoui au nord de Beit Lahia, à la limite nord de la bande. Ils procèdent à des travaux de terrassement avant de repartir en début d’après-midi. Mardi, une scène à peu près identique se déroule à l’est de Khan Younis, causant des dégâts à des terres agricoles. 

* Source : en.wikipedia.org

(Compilé par Philippe G. pour CAPJPO-Europalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) et du Palestinian Monitoring Group (PMG)http://www.nad.ps/ .)

CAPJPO-EuroPalestine

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Dichiarazione di Georges Abdallah in occasione della Settimana internazionale di mobilitazione per la liberazione di Ahmad Sa’adat

Gennaio 2022

Compagni e amici che partecipano alla Settimana internazionale di solidarietà con il nostro compagno, il leader imprigionato Ahmad Sa’adat.

Cari amici,

Sono passati 20 anni dall’arresto del nostro leader, il Segretario Generale del Fronte Popolare per la Liberazione della Palestina.

Sono trascorsi 20 anni dal vergognoso accordo tra l’Autorità Palestinese e le autorità d’occupazione sioniste, sotto gli auspici di USA e Gran Bretagna, che hanno deferito il nostro compagno, il leader Ahmad Sa’adat, davanti a un tribunale militare e l’hanno imprigionato nella prigione di Gericho dell’Autorità palestinese. Prigione d’autorità dopo un processo farsa, affidando la responsabilità di custodire questa prigione a una forza statunitense-britannica.

20 anni sono passati da questa decisione, ritenuta incostituzionale dalla “Corte suprema palestinese” che, nonostante la sua impotenza, ha ordinato l’immediato rilascio del leader prigioniero, ma l’Autorità palestinese ha ignorato la decisione della “Corte suprema” accontentandosi di attuare l’umiliante accordo raggiunto con le autorità d’occupazione sioniste. E quando all’inizio di marzo 2006 la forza statunitense-britannica ha deciso di rinunciare alla responsabilità della sorveglianza del carcere di Gericho e si è ritirata, l’autorità di Mahmoud Abbas non ha mosso un dito, né liberato il Segretario Generale del Fronte Popolare per la Liberazione della Palestina e i suoi compagni di prigionia, lasciandoli nelle mani delle forze d’occupazione. Il 14 marzo le forze di occupazione hanno preso d’assalto la prigione, uccidendo 2 martiri e ferendone altri 20 dopo uno scontro diseguale fra i prigionieri e le guardie palestinesi da un lato e le forze d’occupazione dall’altro.

Sono 20 anni, compagni, e il leader prigioniero Ahmad Saadat e i suoi compagni di prigionia, uomini e donne, affrontano ogni meccanismo repressivo dentro le carceri sioniste. Tuttavia, agiscono senza un attimo d’esitazione per prendere le decisioni appropriate intese a portare avanti il movimento di lotta. Si sforzano di mantenere viva la fiamma della resistenza, nonostante tutti gli ostacoli, e fungono da faro per l’unità del “blocco sociale” con un interesse storico per la rivoluzione e la liberazione.

20 anni della migliore incarnazione di volontà e determinazione! Ciò rappresenta l’espressione più autentica dell’adesione ai postulati storici delle masse del nostro popolo impegnato, per attivare tutte le energie a beneficio dell’unità nazionale, condizione necessaria per accumulare le iniziative di lotta al fine di modificare gli equilibri di potere tra le vie della rivoluzione e i miserabili labirinti dell’abietta immersione dentro e intorno alle infide trattative del loro “coordinamento di sicurezza” e al tradimento dei resistenti e dei giusti martiri.

Compagni!

Forse si può dire che il “coordinamento della sicurezza” è il labirinto del percorso dei “negoziati” con l’occupante. Forse l’arresto del nostro compagno, il leader prigioniero Ahmad Sa’adat, da parte dell’Autorità palestinese è stato il più grande risultato del “coordinamento di sicurezza” tra questo settore che monopolizza il processo decisionale ufficiale palestinese e le autorità dell’entità sionista. E ora, l’importanza di questo “coordinamento della sicurezza” non è più un segreto per nessuno, non solo per l’entità sionista, ma anche per tutte le forze borghesi reazionarie in Palestina e nell’intera regione araba.

In definitiva, l’obiettivo principale del “coordinamento della sicurezza”, oltre a svolgere un ruolo attivo nel reprimere ogni forma di resistenza (soprattutto le forme armate in Palestina), è quello di diffondere la “cultura” del coordinamento, in modo che trattare con il nemico non sia più considerato come criminale e la normalizzazione ufficiale con l’usurpatore e il colonizzatore sia semplicemente un punto di vista tra gli altri. E come parte di questo approccio, l’Autorità palestinese e anche alcune altre organizzazioni palestinesi sostengono i processi di normalizzazione in corso tra alcuni Paesi arabi e “Israele”. Allo stesso modo, in questo quadro, vediamo la risposta dell’Autorità palestinese alle pressioni USA e israeliane in merito ai fondi di sostegno ai prigionieri e le famiglie dei martiri, nonché le misure adottate contro Gaza e la sua eroica popolazione.

In questo contesto, vediamo anche l’intensificarsi delle misure repressive nelle carceri sioniste e gli attacchi contro la popolazione di Jenin che resiste, gli attacchi contro le istituzioni operanti a tutela dei prigionieri della rivoluzione palestinese e i bambini che si aggrappano ai carboni ardenti nei castelli della dignità, i nostri fermi ed eroici prigionieri. La questione del loro rilascio e non solo della loro solidarietà, nonostante la sua importanza, deve essere posta in cima a qualsiasi elenco di compiti urgenti.

In questo contesto, occorre considerare seriamente come la solidarietà internazionale possa svolgere il suo ruolo, agendo per la liberazione dei nostri compagni prigionieri. Indubbiamente, il compito di liberare i prigionieri della rivoluzione palestinese rimane più che mai la porta per costruire un fronte globale di resistenza araba per affrontare i regimi borghesi in crisi e la propaganda imperialista.

Saluti e ringraziamenti ai leader della rivoluzione palestinese, ai nostri tenaci ed eroici prigionieri, anzitutto il nostro compagno e leader Ahmad Sa’adat, Segretario Generale del Fronte Popolare per la Liberazione della Palestina.

Sì alla costruzione di un fronte di resistenza arabo per affrontare la normalizzazione in tutte le sue forme!

Gloria ed eternità ai martiri! Vittoria alle masse e ai popoli in lotta!

Abbasso l’imperialismo e i suoi agenti, i sionisti e i reazionari arabi!

Cordiali saluti a tutti voi.

Il vostro amico, Georges Abdallah

Fonte: libéronsgeorges.samizdat.net

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Rassemblement pour le droit de soutenir la Palestine samedi à Paris (Album photos)

Plusieurs centaines de personnes ont profité du rassemblement à la Fontaine des Innocents ce samedi pour s’informer sur la campagne de boycott contre Israel, ses raisons et ses cibles.

Nous remercions celles et ceux qui y ont participé et qui ont également pris connaissance des crimes israéliens dans les territoires palestiniens, ainsi que de la formidable résistance du peuple palestinien.

Rassemblement pour le droit de soutenir la Palestine samedi à Paris (Album photos)
Intervention sur la répression de l’armée d’occupation et des colons à Sheikh Jarrah, dans les territoires palestiniens occupés, et y compris l’agression des rabbins pour les Droits de l’Homme
Intervention sur la résistance palestinienne, la situation des prisonniers palestiniens, et l’amplification de la campagne BDS dans le monde entier
Le nouveau procès TEVA à Lyon le 27 janvier et les raisons de boycotter TEVA
Mohamed Shehada raconte la situation dans sa ville de Rafah à Gaza, et souligne l’importance de la solidarité internationale
Appel à rassemblement jeudi 27 janvier devant le tribunal administratif de Paris (7 rue Jouy, Métro Saint-Paul, pour soutenir la demande d’expulsion de Georges Abdallah vers le Liban. Le ministre de l’intérieur doit signer !
Et notre « fan » habituelle, spécialiste des provocations lors de nos rassemblements, n’est pas restée longtemps samedi à la Fontaine des Innocents….

CAPHPO-EuroPalestine

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La demande d’expulsion de Georges Abdallah au tribunal administratif jeudi 27 janvier 2022

Georges Abdallah, communiste révolutionnaire arabe, est détenu en France depuis plus de 37 ans pour des actes de résistance armée, avec ses camarades des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, en riposte à l’invasion de son pays le Liban par les troupes israéliennes, invasion perpétrée avec la complicité des puissances impérialistes occidentales.

Arrêté à Lyon en 1984, il est condamné à la réclusion perpétuelle pour complicité dans l’exécution de deux responsables étasunien et israélien. Depuis la fin de sa période de sûreté en 1999, Georges Abdallah dépose de multiples demandes de libération, au final toutes refusées. Pourtant, en 2003 et en 2013, les tribunaux d’application des peines avaient prononcé la libération de notre camarade. Mais à chaque fois le gouvernement français s’y est opposé.

Depuis, Georges Abdallah, convaincu que sa détention est plus une affaire politique que judiciaire, ne demande plus de libération conditionnelle tant que son expulsion conditionnée à cette libération ne sera pas signée par le gouvernement français.

En juillet 2020, son avocat, Jean-Louis Chalanset, dépose une demande d’expulsion au ministère de l’Intérieur. N’ayant pas reçu de réponse, il a introduit en novembre une requête auprès du tribunal administratif.

Celui-ci tiendra audience jeudi 27 janvier 2022 au 7 rue de Jouy, 75004 Paris, à 14H00.

Une occasion pour exprimer de nouveau haut et fort sa solidarité avec Georges Abdallah comme à Paris, à Toulouse , à Tarbes devant la préfecture à partir de 17h et aussi ailleurs…

Appel de la Campagne unitaire Ile de France

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