Arabie saoudite : Nouvelles allégations de torture

Par Human Rights Watch (communiqué – 11/7/21)*

Des SMS transmis par des gardiens de prison ont apporté des témoignages horrifiants sur le traitement de détenu·e·s politiques

(Beyrouth, le 11 juillet 2021) – De nouveaux témoignages contiennent des allégations de torture de prisonnières et prisonniers politiques dans des prisons saoudiennes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Ces informations s’ajoutent aux précédentes allégations selon lesquelles des militantes saoudiennes des droits des femmes, arrêtées au début de l’année 2018, auraient été torturées avec des décharges électriques, battues, fouettées et soumises à diverses formes de harcèlement sexuel. Les autorités saoudiennes n’ont toujours pas mené d’enquêtes indépendantes et crédibles sur ces allégations, ni sur celles portant sur la torture d’autres détenus.

Human Rights Watch a obtenu une série de SMS anonymes qui avaient été envoyés en janvier 2021 par une personne s’identifiant comme un·e gardien·ne de prison en Arabie saoudite. Ces messages SMS décrivaient les tortures et les mauvais traitements infligés par des interrogateurs saoudiens à des détenu·e·s de premier plan vers la mi-2018, et ayant duré jusqu’à la fin de cette année. La personne qui a été témoin de ces abus a préféré rester anonyme par crainte de représailles, et a transmis des SMS d’autres gardiens de prison comportant des témoignages semblables.

« De nouvelles allégations de torture brutale de militantes des droits des femmes et d’autres détenus de premier plan lèvent un peu plus le voile sur le mépris de l’Arabie saoudite à l’égard de l’état de droit, et sur son refus d’enquêter de manière crédible sur de telles allégations », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Permettre aux auteurs d’abus de s’en sortir ainsi envoie le message qu’ils peuvent torturer en toute impunité, sans craindre de devoir rendre des comptes pour ces crimes. »

Les témoignages reçus par SMS provenaient de la prison de Dhabhan, au nord de Djeddah, et d’un autre centre de détention que les gardiens ont décrit comme une prison secrète. Les SMS ont évoqué des incidents lors desquels plusieurs personnes incarcérées,  dont l’éminente militante des droits des femmes Loujain al-Hathloul et le défenseur des droits humains Mohammed al-Rabiah, auraient subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements.

L’un des SMS transmis par un gardien de prison concernait une éminente militante des droits des femmes que les autorités saoudiennes ont arrêtée lors d’une vaste campagne de répression menée à partir de mai 2018, et dont Human Rights Watch connaît l’identité. Le SMS expliquait : « Lors d’une de ses séances de torture, [X] a perdu connaissance et nous étions tous terrifiés. Nous craignions qu’elle ne soit morte, et que nous serions tenus responsables. Nous avions reçu l’ordre de ne tuer aucun des détenus, qu’il s’agisse des hommes ou des femmes. »

Dans un autre SMS, le gardien de prison a évoqué le harcèlement sexuel que les interrogateurs saoudiens ont infligée à Loujain al-Hathloul, qui a fini par bénéficier d’une remise en liberté conditionnelle en février 2021 : « Loujain al-Hathloul a fait l’objet d’un harcèlement sexuel sans précédent, dont j’ai été témoin. Ils l’insultaient sans relâche. Ils se moquaient d’elle en disant qu’en tant que femme [sexuellement] libérée, ceci ne devait pas la déranger. Ils la harcelaient en glissant leurs mains dans ses sous-vêtements ou en touchant ses cuisses, tout en l’insultant de manière obscène. »

En novembre 2018, des organisations de défense des droits humains dont Human Rights Watch ont fait état d’allégations selon lesquelles des interrogateurs saoudiens auraient torturé au moins quatre militantes, notamment avec des décharges électriques et des coups de fouet, et les auraient harcelées et agressées sexuellement. En janvier 2019, Human Rights Watch et Amnesty International ont conjointement appelé les autorités saoudiennes à autoriser des observateurs internationaux à se rendre dans le pays afin d’enquêter sur les allégations de torture.

Par ailleurs, une autre source bien informée a déclaré à Human Rights Watch que les autorités pénitentiaires ont torturé Mohammed al-Rabiah pendant des mois après son arrestation en mai 2018, notamment avec des décharges électriques, des simulacres de noyade (« waterboarding ») et des passages à tabac. Lors de sa première année de détention, il était détenu dans une petite cellule, souvent privé de repas ou de sommeil, et parfois suspendu la tête en bas, selon la source. Le 27 juillet, une cour d’appel devrait rendre une décision sur le cas d’al-Rabiah. Il est le dernier des activistes arrêtés lors de la vague de répression de mai 2018 qui est toujours en prison.

Compte tenu du refus des autorités saoudiennes à mener elles-mêmes une enquête crédible et indépendante sur les allégations de torture, l’image du pays restera ternie jusqu’à ce qu’elles autorisent des observateurs internationaux indépendants à se rendre dans le pays afin d’enquêter sur les allégations de torture, a déclaré Human Rights Watch. Les dirigeants saoudiens devraient également annuler toutes les charges, condamnations et peines infligées aux militantes des droits des femmes et aux autres personnes ciblées en raison de leur activisme pacifique et pour avoir exprimé leurs opinions, a ajouté Human Rights Watch.

*Source : Human Rights Watch

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La Palestine au jour le jour : Semaine du 1er au 7 juillet

L’occupant blesse et tue

En tout, l’on dénombre un tué et 73 blessé-e-s, victimes de la répression cette semaine en Palestine occupée, dont 8 dans un état préoccupant.

Samedi 3 juillet vers 19h, dans le village de Qusra, près de Naplouse, un groupe de colons d’un « avant-poste » (illégal selon la loi israélienne) attaque les maisons palestiniennes avec le soutien des forces d’occupation.

Un appel à la résistance est émis depuis la mosquée. Alors qu’il tente de défendre sa maison, Mohammed Hassan (20 ans) est atteint à la poitrine par une balle réelle. Transporté à l’hôpital, il décèdera deux heures plus tard.

Quatre autres personnes sont blessées dans ces affrontements, parmi lesquelles un jeune de 17 ans, Zuhait Abu Rida.

A Gaza, deux personnes, Mme Manal al-Terawi (57 ans) et M. Jamal al-Qishawi (66 ans) ont été touchées par des éclats d’obus dans l’un des 3 bombardements subis par l’enclave.

Soutenus par l’armée et la police, les colons squattent les maisons, agressent les gens, saccagent les propriétés

Sheikh Jarrah : colons attaquent une maison palestinienne

L’attaque de Qusra n’est que l’une des 16 agressions de colons cette semaine.

Ainsi, le matin du 1er juillet, des colons battent un chauffeur de bus à Nil’in (près de Ramallah).

Pendant ce temps, à Yatta, au sud d’Hébron, d’autres colons détruisent une canalisation d’eau potable et molestent Msallad Humeid (44 ans) et son fils de 20 ans, Ahmed, qui tentent de s’opposer. Ils seront transportés à la clinique. Dans la foulée, la police arrête deux habitants qui tentaient aussi de résister.

Les colons pratiquent aussi le vol en bande organisée : à l’aube du 2, dans le quartier de Silwan à Jérusalem, haut lieu du nettoyage ethnique, un groupe protégé par les forces d’occupation s’empare d’une maison de deux étages.

Autre exemple : le 4 au matin, après avoir été chassés une première fois par la femme de Maheir Subeih, des colons de l’organisation Ateret Conahim (« Couronne des prêtres ») ont appelé les forces d’occupation à la rescousse pour faire main basse sur le terrain de Maheir à Silwan, quartier qu’Israël a entrepris de « judaïser » à vitesse accélérée. Le but de cette expropriation est de construire un escalier reliant un immeuble de la famille Awad volé par les colons avec un autre immeuble volé dix ans plus tôt. Maheir avait obtenu du tribunal israélien une décision établissant qu’il est bien propriétaire du terrain et qu’il est en droit de détruire cet escalier mais, dans ce prétendu Etat de droit, les forces d’occupation ne tiennent visiblement aucun compte des décisions de Justice quand elles sont favorables aux Palestiniens !

Les propriétés agricoles sont des cibles de choix. Le 2 par exemple, à Qaryut, près de Naplouse, une bande venue des colonies voisines détruit 84 figuiers, ainsi que des amandiers et des vignes, une canalisation et un réservoir. Drôle de façon de « faire fleurir le désert »…

L’occupant kidnappe hommes, femmes et enfants

Plus de 110 habitants de Cisjordanie ont été enlevés cette semaine, le plus souvent au cours de 110 incursions et 43 répressions violentes de manifestations.

Parmi ces personnes kidnappées figurent au moins 4 mineurs.

Ainsi, le 5 à Salfit, Ahmed Abdullah (16 ans) s’est rendu à une convocation des services de sécurité de l’occupant. A l’issue de son interrogatoire (conduit avec la douceur qu’on imagine), il est conduit en détention.

A al-Jawaya, près d’Hébron, c’est alors qu’il protestait avec d’autres habitants contre la destruction par l’armée du réseau d’eau potable du village que Mohammed Al-Shawaheen (17 ans) est arrêté. La nuit suivante, à 2h25, l’armée investit Anabta, à l’est de Tulkarem. Elle envahit plusieurs maisons et kidnappe deux jeunes : Hassan Adas (16 ans) et Mustafa Abdo (17 ans).

Le 7 en pleine nuit, à Ramallah, « capitale » de « l’Autorité Palestinienne », l’occupant enlève à son domicile Shatha Abu Odeh, directrice de la fondation Health Work Committees (qui prodigue notamment des soins de santé aux plus déshérités). L’occupant confisque aussi sa voiture personnelle. Cette arrestation intervient parallèlement à la perquisition menée à l’Union des Comités de Travail Agricole à al-Bireh (ville jumelle de Ramallah) et à sa fermeture pour 6 mois (voir l’article).

Mais l’occupant a le souci de ne pas séparer les familles ! Ainsi, lors d’un raid à Jénine le 1er juillet à l’aube, il enlève à leur domicile un père et son fils : Mustafa et Rami Al-Badawi.

La colonisation s’étend

Le 4, l’administration israélienne annonce un plan d’extension des colonies de « Yakir » et « Nofim » établies sur les terres du village de Deir Istiya.Le plan inclut 850 hectares de terres palestiniennes à l’ouest de Salfit, dont un site archéologique. Les villages concernés ont jusqu’au 22 juillet pour faire appel. Bonne chance !

Démolitions et destructions

Cette semaine, l’occupant a détruit ou fait démolir une école et 5 maisons à Jérusalem Est et ses environs, où le nettoyage ethnique bat son plein.

C’est une vraie opération commando qui a mis fin à l’école financée par Saleh ‘Alqam. Le 6, vers 09h00, des bulldozers de la municipalité israélienne déboulent dans la banlieue d’al-Salam, au nord-est de Jérusalem. Les bulldozers sont accompagnés de dizaines de soldats qui encerclent le bâtiment en construction, censé accueillir des centaines d’étudiants au début du nouveau semestre. Il vise à remplacer un bâtiment détruit par l’occupant en 2019. L’occupant reproche à ‘Alqam de refuser d’enseigner le programme israélien, qui nie la Naqba et se fait en hébreu après un an d’apprentissage de cette langue réputée pour sa simplicité…

Quant aux maisons, leur destruction est généralement opérée par leur propriétaire lui-même afin de ne pas payer l’amende exorbitante.

La Palestine au jour le jour : Semaine du 1er au 7 juillet

C’est le cas de Bader Darwish à Sheikh Jarrah, quartier de Jérusalem qu’Israël veut vider peu à peu de ses habitants non juifs. Le propriétaire avait construit sa maison en 1952 et, en 2003, avait ajouté un étage pour son fils. Ce dernier était depuis deux ans « dans le collimateur » de la municipalité, qui a fini par donner un ordre de démolition de son 2ème étage. Son appel contre la décision n’a pas abouti.

Issawiya est un autre quartier de Jérusalem visé en priorité par la colonisation. Mohammed Darwish a dû y détruire la maison qu’il avait bâtie pour sa femme et ses quatre enfants. Bien que son avocat ait obtenu un gel de la décision jusqu’à septembre prochain, on ne lui a laissé que jusqu’au 4 à 18h pour procéder à la démolition.

De même, ‘Ezzat Khalil Ziyadah a dû démolir de ses mains ses 2 maisons dans le quartier de Salib, où la colonie « Har Gilo » est établie près du village de Beit Safafa, au sud de Jérusalem. Il y vivait depuis 30 ans bien que la municipalité israélienne refusait de le raccorder à l’eau courante et à l’électricité. Avec lui, ce sont sa fille, ses deux fils, ses deux belles filles et ses petits enfants qui se retrouvent à la rue. Ses démarches avec un avocat n’ont rien donné.

Le 6, c’est au tour d’Ahmed Abu Ghannam d’auto-démolir son immeuble résidentiel dans le quartier d’al-Tour, à l’est de la vieille ville. Il encourait des frais de démolition de 200 000 shekels (51600 €) s’il ne le faisait pas lui-même. L’immeuble de 2 étages abritait 3 appartements habités et un autre en construction. Quelque 21 personnes y habitaient, des enfants pour la plupart. Le tribunal israélien a approuvé la décision de démolition en mai dernier. C’est la deuxième fois qu’on le jette à la rue : en 1994, la municipalité avait déjà démoli sa maison familiale dans le quartier.

Cinq autres biens (boutiques, constructions agricoles…) ont connu le même sort. Ainsi, le 1er juillet à 10h, des bulldozers font irruption sans prévenir à Sur Baher, au sud de Jérusalem, et détruisent la cloture et l’entrepôt d’un villageois. Dans la foulée, ils démolissent un édifice commercial avant de partir.

Puit palestinien détruit par les colons sous le regard des soldats

L’occupant enferme et harcèle Gaza

Aucune amélioration à signaler dans le blocus auquel est soumis Gaza depuis 2007.

A l’aube du 2 juillet, l’aviation israélienne frappe à nouveau. Deux missiles sont lancés en direction d’un camp supposé de résistants au sud-ouest de la ville de Gaza. Trois autres missiles sont largués le lendemain soir au sud de Gaza ville et à l’ouest de Beit Lahia.

Les civils sont également visés par les forces armées positionnées derrière la ligne de séparation à l’est de Khan Yunis le 3 au matin.

Ces mêmes forces armées tirent sur les exploitations agricoles le 1er à l’est de Qarara et le 4 à l’est d’al-Bureij.

Le soir du 4, bulldozers et autres véhicules protégés par l’aviation pénètrent en territoire gazaoui et procèdent à des travaux de « terrassement ». Même chose le 5 à l’est de Gaza ville.

L’occupant entrave

Aux 108 points de contrôle permanents qui rendent traumatisant et problématique tout déplacement en Cisjordanie (voir le film « 200 mètres ») se sont ajoutés cette semaine 79 checkpoints temporaires, dont 5 pour le seul village de Tuqu’, près de Bethléem, qui, pour son malheur, est mentionné dans la Bible !

Compilé et traduit par Philippe G. pour CAPJPO-EuroPalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ et de la compilation de Leslie et Marian Bravery* (Palestine Human Rights Campaign, Auckland, Nouvelle Zélande).

CAPJPO-EuroPalestine

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Karachi (Pakistan): une vingtaine d’habitations détruites dans le quartier Chanesar Halt

Le vendredi 25 juin 2021, des affrontements ont opposé la police et les services de sécurité de la Ville de Karachi à des habitants expulsés (ou en voie de l’être) dans le quartier Chanesar Halt, près des voies ferrées.

Une vingtaine d’habitations ont été démolies, toutes étaient auto-construites par les habitants sur un terrain squatté. Comme les expulsions ont été suivies immédiatement par les démolitions, bien souvent les maisons s’écroulaient avec beaucoup d’affaires personnelles à l’intérieur.

Des émeutes ont éclaté, des habitants du quartier caillassant la police et tirant des coups de feu en l’air. Des policiers et des vigiles des services de sécurité ont notamment jeté des pierres sur les habitants expulsés qui se révoltaient. Des renforts de police sont arrivés pour surveiller la zone où les expulsions et démolitions ont eu lieu, et pour empêcher que les émeutes se répandent.

Les médias font mention de quatre ou cinq flics blessés dans les affrontements. Aucune précision concernant les habitants du quartier.

[Sources: Samaa | The News | UrduPoint.]

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Beau rassemblement en soutien à la Palestine ce samedi à Paris (Photos)

Epargné par la météo, le rassemblement de ce samedi a pu se tenir dans de bonnes conditions à la Fontaine des Innocents, et permettre d’afficher notre soutien à la résistance palestinienne. Plusieurs interventions ont détaillé la situation sur place. Et pour mieux capter l’attention du public, nous avons joué des scènes de checkpoint au milieu des passants.

Beau rassemblement en soutien à la Palestine ce samedi à Paris (Photos)

Beaucoup d’animation au stand et des centaines de signatures recueillies sur les pétitions :

CAPJPO-EuroPalestine

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« Les quartiers populaires de Tripoli pourraient bientôt échapper à tout contrôle »

Entre colère de la population et potentielle instrumentalisation politique, le chef-lieu du Liban-Nord vit sur une poudrière.

OLJ / Par Souhayb JAWHAR, le 12 juillet 2021

« Les quartiers populaires de Tripoli pourraient bientôt échapper à tout contrôle »

Selon le moukhtar de Tebbané, Mohammad Zahra, « il est normal qu’une explosion sociale se produise si rien n’est fait » par les autorités. Photo Souhayb Jawhar

Dans son épicerie de Bab el-Tebbané, l’un des quartiers les plus pauvres de Tripoli secoué par des troubles il y a une dizaine de jours, Ihab Ksaïraoui ne cache pas son inquiétude. « C’est le calme avant la tempête. La ville traverse ses pires moments depuis des décennies », affirme cet homme, alors que le Liban vit une crise aiguë, marquée notamment par une dévaluation brutale de la livre libanaise, qui frôlait ce week-end la barre des 20 000 LL pour un dollar, et une inflation record. « Le prix du pain a quintuplé, ceux des légumes et autres aliments de base ont presque été multipliés par dix… Les habitants de Tripoli sont à bout de nerfs et ne peuvent plus supporter cette crise » qui ne fait que s’amplifier, soupire-t-il avec lassitude. « Si on ne trouve pas de solution, Tripoli et Bab el-Tebbané en particulier vont de nouveau connaître des troubles », avertit l’épicier, selon lequel les dernières violences n’étaient pas préméditées et étaient « juste l’expression du désespoir de la population ».

Des dizaines d’hommes armés dont l’affiliation n’a pas été déterminée s’étaient déployés dans plusieurs quartiers de la ville, dont Bab el-Tebbané, il y a une dizaine de jours et avaient tiré en l’air. Un affrontement avait été évité de peu dans ce quartier entre l’armée venue effectuer une perquisition et les habitants.

Sur la colline en face, dans le quartier de Jabal Mohsen tout aussi déshérité, l’inquiétude face à un avenir incertain et la colère sont palpables. Des affrontements sanglants avaient opposé les deux quartiers – l’un sunnite, l’autre alaouite – jusqu’en 2014, mais aujourd’hui, leurs habitants sont unis face à la même misère. « Jabal Mohsen n’est pas différent des autres quartiers environnants », assure ainsi Ali el-Jisri, qui travaille chez un mécanicien. Il touche à peine 50 000 livres par jour et avoue ne subsister avec sa famille que grâce aux cent dollars mensuels que lui envoie son frère qui travaille dans le Golfe. Lui aussi se dit convaincu que « les quartiers populaires de Tripoli pourraient bientôt échapper à tout contrôle, car l’État est totalement absent, sauf à travers ses organes de sécurité ».

L’homme exprime même la crainte d’une résurgence des affrontements entre Jabal Mohsen et Bab el-Tebbané « s’il y a une instrumentalisation politique de la crise, et donc une décision de ranimer ce conflit ». « Les gens sont tellement dans le besoin qu’ils peuvent facilement être recrutés », lâche-t-il.

Dans les épiceries, les clients vérifient bien les prix et renoncent parfois à acheter des produits de première nécessité, les laissant « pour la prochaine fois ». Photo Souhayb Jawhar

« Nous sommes des morts-vivants »

Dans le marché aux légumes mitoyen des deux quartiers, Leila Raoui, une mère de famille de 59 ans habitant rue de Syrie, l’ancienne ligne de démarcation, raconte que tous ses enfants sont au chômage. « Pour mes voisins et moi, les temps que nous vivons sont pires qu’à l’époque de la guerre civile et les cycles de violence vécus à Tripoli. Nous sommes des morts-vivants. Chaque matin, nous ne savons pas si nous pourrons nous acheter à manger pour la journée », dit cette femme en soupesant quelques tomates et pommes de terre, avant de les remettre sur l’étal, découragée par leur prix.

Devant une boutique du quartier des Darawiche, qui sépare Bab el-Tebbané de Jabal Mohsen, Moustapha Maoula, 16 ans, qui fait des études d’infirmier dans un lycée technique, explique qu’il ne peut pas se permettre de suivre les stages requis dans les hôpitaux dans le cadre de sa formation. « Je dois travailler pour faire vivre ma famille, car personne chez moi ne travaille », confie l’adolescent. Pour huit heures par jour dans cette boutique du quartier, il est payé 450 000 livres par mois.

Moustapha rêve de trouver du travail à l’hôpital près de chez lui, mais n’a plus beaucoup d’espoir en raison de la crise économique. Et depuis qu’un jeune manifestant, Omar Taïba, a été tué en janvier dernier lors de la répression d’une manifestation, il n’ose plus se joindre aux protestations. « Si je suis blessé ou jeté en prison, la situation de ma famille empirera », soupire le jeune homme.

Le taux de chômage dans ce quartier « est de plus de 65 % », affirme Mohammad Zahra, moukhtar de

Tebbané, qui compte quelque 80 000 habitants. Quant au décrochage scolaire, il « atteint 80 % », ajoute-t-il en assurant se baser sur une étude de l’Unesco. « Il est normal, par conséquent, qu’une explosion sociale se produise si rien n’est fait » de la part des autorités face à la crise, redoute le moukhtar. Il souligne qu’un nouveau problème est venu s’ajouter à ceux auxquels les habitants du quartier sont confrontés : l’eau potable est polluée, et tous les appels à l’aide des riverains sont restés sans réponse. Lire aussi Tripoli, une histoire à la marge du Liban

Interrogé sur les récents troubles, il explique que certaines parties « tentent toujours de provoquer des problèmes entre les habitants et l’armée, mais cette dernière a su résorber l’affaire et a agi avec sagesse » pour éviter que la situation ne dégénère. Plus encore, l’armée a fourni du mazout pour permettre aux générateurs de fonctionner, ce qui a calmé la population excédée par le rationnement sévère du courant et la disparition des carburants envoyés en contrebande en Syrie.

« Les médicaments sont introuvables, les prix des denrées alimentaires ont augmenté de façon vertigineuse, tandis qu’aucune institution publique ne fournit de l’aide, que ce soit le Haut Comité des secours ou autre, et que rien n’est clair au sujet de la carte d’approvisionnement » promise par le gouvernement, déplore le moukhtar. La loi instituant une carte d’approvisionnement devant bénéficier aux familles libanaises les plus vulnérables a été votée au Parlement le 30 juin dernier. Mais il reste de nombreux obstacles encore à sa mise en œuvre. Il est certain « que nous allons vers des événements que nous ne pouvons pas prévoir », s’inquiète encore Mohammad Zahra. Samer Hajjar, professeur d’économie à l’Université de Balamand, est encore plus catégorique et s’attend à des jours difficiles dans la ville. « Il est normal que Tripoli soit la première ville où se déclenchent des affrontements sur fond de crise, car c’est la ville la plus pauvre et la plus marginalisée du pays, et l’État est absent de toutes les solutions depuis plus de cinquante ans », explique-t-il. Pour cet universitaire, les habitants de la deuxième ville du Liban – et la plus pauvre du pourtour de la Méditerranée – ressentent en outre « une grande injustice en raison de la façon dont les appareils de sécurité se comportent avec eux, alors que les services sociaux sont totalement absents ». Pour lui, le ressentiment dans les quartiers populaires est alimenté par l’affaire des détenus islamistes de la ville arrêtés dans la foulée de la bataille de Nahr el-Bared (2007) et qui croupissent en prison depuis une dizaine d’années sans jugement. Mais aussi par le sentiment d’abandon généralisé chez les habitants des deux quartiers. Les députés et les ministres de la ville ont « échoué à jouer leur rôle », estime Samer Hajjar, qui avertit : Tripoli « connaît un vide politique qui peut être aisément exploité par les pêcheurs en eaux troubles ».

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Solidarité avec les salariés du secteur pétrolier en Iran

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Victoire pour Ghadanfar Abu Atwan, libéré après 65 jours de grève de la faim !

Victoire pour Ghadanfar Abu Atwan, libéré après 65 jours de grève de la faim !

Ghadanfar Abu Atwan a été libéré ce jeudi par l’occupant israélien.

Il a perdu 15 kg, et mis sa vie en péril pour faire cesser l’injustice d’une détention administrative. Il avait été arrêté une nouvelle fois le 5 mai 2021 à Dura, près d’Hébron, cette petite ville où les colons avaient brûlé vifs 3 membres de la famille Dawabsheh, dont le père, la mère et un bébé de 18 mois.

CAPJPO-EuroPalestine

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La Palestine au jour le jour : semaine du 24 au 30 juin

Raid israélien à Shufat, en Cisjordanie occupée

En Palestine occupée, cette semaine comme encore, l’envahisseur a commis des meurtres, « ratonnades », répression féroce contre des populations désarmées, tirs, coups et blessures, kidnappings, vols, destructions et démolitions, vandalisme, provocations, atteintes à la liberté de circuler et autres violations du droit international. L’expansion des colonies israéliennes sur les propriétés et les terres palestiniennes s’est poursuivie.
Pendant ce temps, la bande de Gaza entamait sa 15e année d’enfermement sous la menace permanente du feu aérien, maritime et terrestre de l’armée ennemie.


(Faute de données, ce bilan ne recense pas les exactions commises contre les Palestiniens d’Israël ni celles dues à la soi-disant « Autorité Palestinienne ».)


L’occupant tire, blesse et moleste

Le PMG recense 99 blessé-e-s cette semaine, dont 2 journalistes et 1 enfant. 
Le point le plus sensible est toujours Beita. Là, face à la résistance des villageois et pour faire bonne figure devant la nouvelle administration états-unienne, un avant-poste de colonie, illégal au regard de la loi israélienne elle-même, a fait l’objet d’un vrai faux retrait : retour des colons à leur colonie « légale » selon la loi israélienne, remplacement des colons par des militaires (c’est « légal »), implantation d’une yeshiva d’Etat (Ecole juive : c’est « légal » aussi), en attendant… le retour des colons quand les propriétaires des oliveraies confisquées auront épuisé leurs recours « légaux ». Cette manœuvre cousue de fil blanc a été contestée même par le Meretz, partie de la coalition hétéroclite qui a succédé au Likoud,

L’occupant arrive parfois à se surpasser dans l’odieux. Ainsi, le 24 juin au soir, à Jérusalem, il réprime sévèrement une manifestation réclamant… le retour du corps de Mai Afanah, assassinée le 16 mai par la soldatesque. Soutenus par l’armée et la police, les colons squattent les maisons et agressent les gens . Quinze attaques de colons sont recensées dans la semaine..

En attendant, les villageois tiennent bon. Dans une forme inédite de résistance, 24h sur 24, ils utilisent à la fois incendies de pneus, cornes de brume, lasers… pour créer une « confusion nocturne » chez l’occupant. Mais ils paient leur opposition au prix fort. Dans la seule journée du 25, de 13h à 17h50, les forces de répression tirent par balles, lancent des bombes assourdissantes et des lacrymos. Trois manifestants sont blessés, dont l’un est dans un état critique. En tout, le PMG dénombre 72 victimes des affrontements à Beita ce jour-là..
A peu près au même moment, à Kafr Qaddum (gouvernorat de Qalqiliya), autre haut lieu de la résistance, la répression d’une manifestation interdite cause six blessés, dont Mohammed Enaiyia, caméraman de Palestine TV.

A Jérusalem, les colons suprémacistes sont le fer de lance du nettoyage ethnique. Le 26 vers 22h, protégée par l’armée, une bande de fanatiques (qui squattent l’immeuble de la famille al-Ghawi à Sheikh Jarrah) lancent des pierres et hurlent des insultes contre les habitants du secteur de Karam al-Ja’ouni. Les habitants palestiniens de ce secteur font l’objet d’un avis d’expropriation. Des gens du quartier se sont regroupés pour défendre la maison de la famille Abdulatif visée par les envahisseurs. Mais les forces d’occupation viennent à la rescousse, rouant de coups les protestataires. Samir Abdulatif est arrêté avec Khalil, son fils de 15 ans. Le croissant rouge pour sa part évacue quatre blessés. Le même soir, des colons attaquent une famille de Sheikh Jarrah et blessent trois de ses membres.

Le 29 à 8h, une bande issue de l’implantation ultra-orthodoxe de Mode’in Illit tabasse un chauffeur palestinien au volant de son bus. Mais les violences des colons ne se limitent pas à Jérusalem. Le 26, à Einabus (Naplouse), une bande venue d’une colonie voisine attaque plusieurs maisons avant que les villageois ne la fassent fuir. Au soir du 27, à Tayasir (Tubas), une autre bande tabasse sévèrement trois villageois. Au même moment, d’autres colons criblent de balles la voiture d’un habitant du village de Duma (Naplouse). Cerise sur le gâteau : le 30 juin, la colonie d’Yitzhar, près de Naplouse, a été flanquée d’un nouveau poste militaire pour veiller sur sa sécurité. La colonisation s’étend Le 29, à Kisan, près de Bethléem, des agitateurs de la colonie d’Ebi Hanahel installent 20 mobile homes sur un terrain de 5 hectares confisqué aux villageois en vue d’y implanter une nouvelle colonie.

L’occupant kidnappe hommes, femmes et enfants Plus de 100 Palestiniens de Cisjordanie ont été enlevés cette semaine, dont au moins 10 mineurs, Nommément : Zeid et Ahmed Owda (15 ans chacun), du village d’Huwwarah près de Naplouse, arrachés à leur lit le 24 à minuit et demi. Yazan et Ibrahim Sandouqa (14 et 15 ans), du camp de réfugiés de Shu’Afat à Jérusalem, kidnappés le 25 juin à 22h30. Ramzy Irfa’iya (15 ans) et Zayed Da’na (17 ans), enlevés à leur domicile lors d’un raid sur Hébron le 27 juin. Ra’ed Al-Sayad (16 ans), kidnappé le même jour lors d’une attaque du quartier du mont des oliviers à Jérusalem. Mohammed Ma’ana (17 ans), soustrait à sa famille le 30 à 1h30 de la nuit, lors d’un raid sur un camp de réfugiés à Bethléem. Le 30, à 2h40 de la nuit, l’occupant envahit le camp de réfugiés d’Al-Arroub, près d’Hébron, et enlève 7 habitants dont 2 mineur-e-s de 17 ans : Ahmed Badawi et Obeidah Al-Ra’i.

Signalons aussi que le 26, Asala (24 ans) et Alisar Abu Hasna (21 ans) sont sévèrement battues et conduites au poste de police où elles endurent semble-t-il de nouveaux sévices avant d’être relâchées au bout de plusieurs heures. Ces deux sœurs de Sheikh Jarrah habitent une maison menacée d’expropriation,


Soldats cambrioleurs
Le 30, vers 3h du matin, des soldats font irruption chez Bashar et Mohammed Ishteiwià à Kafr Qaddum, au nord de Qalqiliya. Sa maison de deux étages abrite deux appartements. Venus en force, les soldats saccagent tout et font main basse sur le contenu du sac de la sœur de Mohammed (10 000 shekels, soit 2580 €, qu’elles destinait à ses frais de scolarité), puis bandent les yeux de ses deux frères et les emmènent en captivité.
Souvent, le vol à la tire se déguise en « confiscation ». Ainsi, le 26 juin à Zawata, près de Naplouse, des soldats envahissent la maison de Mohammed Muna, reporter à l’agence Snd News. Après l’avoir questionné sur son métier, ils perquisitionnent et s’approprient tout l’argent liquide qu’ils trouvent, y compris le contenu du sac de sa femme (258€) et des tirelires des enfants (568 €). Mais, bons princes, ils griffonent le montant de la somme sur un bout de papier en guise de reçu.
Le 26, au pont de Nabala, près de Jérusalem, l’occupant confisque la voiture du conducteur qu’il vient d’arrêter. A Tekoa, près de Bethléem, c’est une bétonneuse appartenant à la Body Concrete Company qui est confisquée le 27.


Une entreprise de démolition
Pas question de permettre à des non juifs de construire ou d’agrandir leurs maisons dans la « capitale éternelle du peuple élu »! Le 23, à Al-Issawiya, quartier de Jérusalem, le dernier étage en construction de deux appartements est volatilisé. Le 26, à Al-Thawri, autre quartier de Jérusalem, c’est le propriétaire lui-même qui, pour échapper à l’amende, a dû détruire la pièce supplémentaire qu’il s’était construit. Le 29, à Silwan, autree quartier de Jérusalem, l’occupant s’est occupé personnellement de la destruction d’un troisième étage.
A Salfit, c’est une maison entière qui est démolie. A Yatta, l’occupant notifie une interdiction de poursuivre la construction d’une école… On compte en tout 6 démolitions de maisons et 10 destructions de biens divers cette semaine.
Cette fièvre destructrice vise aussi à saboter la très fragile économie palestinienne. Ainsi, le 24 juin, l’occupant procède simultanément à la destruction de deux stations service autour de Jérusalem, à Anata et à Hizma.


L’occupant enferme et harcèle Gaza.
En signe de mansuétude, Israël a ré-autorisé Gaza à exporter des vêtements et des produits agricoles, dans une quantité limitée à 110 tonnes, dont 30 tonnes de tomates. Mais c’est pour assortir aussitôt cette permission de conditions kafkaïennes : ainsi, les tomates doivent être livrées sans leur pédoncule, a ce qui les rend inexploitables. Du coup, les producteurs palestiniens renoncent à exporter leurs tomates.
Le 24 juin, l’occupant porte de 6 à 9 milles la zone de pêche autorisée. Elle était de 15 milles avant les bombardements de la mi-juin. Rappelons que la zone économique exclusive est normalement de 200 milles… Pour faire respecter ces restrictions, les navires garde-côte patrouillent et tirent sur les récalcitrants, comme on l’a encore vu le 25 au large de Gaza ville.
Les paysans dont les terres touchent à la ligne de séparation ne sont pas épargnés. Le 26 et le 28, à l’est de Rafah, les soldats positionnés derrière cette ligne ont tiré sur des exploitations agricoles. Le même fait s’est produit le 29 à l’est de Khuza’a, le 30 à l’est de Qarara. Le 28, à 11h45, bulldozers et engins militaires ont pénétré à l’intérieur du territoire gazaoui vers Khan Younes et ont procédé à un nivellement du terrain. Faites comme chez vous !


Le saccage des exploitations agricoles
Les colons n’aiment pas les arbres ! Le 25, ils s’attaquent à des figuiers près de Salfit. Le 29, ils déracinent 50 oliviers et s’emparent d’une pompe servant à l’irrigation dans le village de Jalud (Naplouse). Au même moment et non loin de là, à Qusra, d’autres colons déracinent 50 autres oliviers. Le même jour à Burin, toujours près de Naplouse, des colons préfèrent mettre le feu à une oliveraie, c’est plus rapide. L’incendie sera difficilement maitrisé. Le 30 au petit matin, Jalud est à nouveau attaqué, avec 10 arbres vandalisés. Le 26, près de Ramallah, un colon met le feu aux tentes d’un paysan bédouin… avec le soutien de l’armée.


L’occupant entrave.
Aux 108 checkpoints permanents se sont ajoutés 72 points de contrôle miliaires temporaires et 3 fermetures de routes avec blocs de ciment, détecteurs de métaux et terre-pleins latéraux. Trois Palestiniens ont été arrêtés à l’un de ces barrages.

Compilé et traduit par Philippe G. pour CAPJPO-EuroPalestine, à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR), du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ et de la compilation de Leslie et Marian Bravery* (Palestine Human Rights Campaign, Auckland, Nouvelle Zélande).

TOUS AU RASSEMBLEMENT EN SOUTIEN AUX PALESTINIENS

CE SAMEDI 10 JUILLET à 15 H

A LA FONTAINE DES INNOCENTS (Métro/RER: Châtelet les Halles)

CAPJPO-EuroPalestine,

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Rassemblement contre la colonisation sioniste et le blocus de Gaza ce samedi à Paris

Nous vous appelons à venir ce samedi à partir de 15 H à la Fontaine des Innocents (Sortie du Forum des Halles. Angle rue Lescaut et rue Berger), pour manifester avec nous :

  • contre l’enfermement des Palestiniens sous toutes ses formes : blocus de Gaza, emprisonnement d’adultes et d’enfants palestiniens, checkpoints et rues palestiniennes interdites à la circulation…
  • contre le nettoyage ethnique des Palestiniens de Jérusalem Est, avec l’expulsion de leurs maisons à Shikh Jarrah et à Silwan
  • contre les assassinats quotidiens de Palestiniens qui résistent au vol de leurs terres par des colons, comme à Beita près de Naplouse
  • contre la procédure d’expulsion de Jérusalem (et donc de toute la Palestine) de notre ami et avocat franco-palestinien Salah Hamouri
  • contre la répression exercée par l’Autorité Palestinienne (AP) à l’encontre des femmes et des hommes qui manifestent contre l’assassinat de Nizar Banat et contre le rôle de collabo de l’occupant de cette soi-disant « Autorité »
  • Et en soutien à la résistance palestinienne contre toutes les agressions liées à la colonisation
Rassemblement contre la colonisation israélienne et le blocus de Gaza ce samedi à Paris

Les médias dominants se taisent. Soyons nombreux à informer la population de la situation en Palestine !

RV à 15 H à la FONTAINE DES INNOCENTS

METRO-RER : CHATELET:/LES HALLES

CAPJPO-EuroPalestine

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Un prisonnier palestinien en grève de la faim réclame la solidarité mondiale

Ramallah, 6 juillet (Prensa Latina) Le prisonnier palestinien Ghazanfar Abu Atwan, qui compte aujourd’hui 63 jours de grève de la faim en Israël, a réclamé le soutien de la communauté internationale pour obtenir sa libération et éviter ainsi sa mort. 

‘Ma vie s’efface devant mes yeux, j’ai perdu ma santé et mon corps m’a trahi tandis que l’occupant (Israël) m’applique la politique de mort lente’, a écrit le jeune homme de 28 ans, détenu par Tel-Aviv sans inculpation ni jugement.

Cette lettre s’adresse au peuple libre du monde, aux dirigeants palestiniens et aux institutions internationales et des droits de l’homme, a-t-il manifesté.

Dimanche, la Commission des affaires des prisonniers palestiniens a averti qu’Abou Atwan souffrait d’engourdissements aux extrémités et de grave manque de liquide, ce qui pourrait constituer une menace réelle pour ses organes vitaux.

Le porte-parole de cette institution, Hassan Abed-Rabbu, a expliqué à l’agence de presse officielle palestinienne WAFA que le jeune homme éprouve une fatigue permanente et des maux de tête.

Il a également perdu plus de 15 kilos et souffre de tachycardie, en plus de son incapacité à parler et à se déplacer.

Arrêté en octobre 2020 dans la ville de Dura, Abu Atwan est l’un des milliers de Palestiniens arrêtés sous le concept de détention administrative, utilisé par Tel-Aviv pour garder des habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza derrière les barreaux sans procès ni procédure à leur encontre pendant des mois et des années.

Lors de sa dernière arrestation, le jeune homme avait été condamné à six mois de prison sous la couverture de la détention administrative et, alors qu’il était sur le point de l’achever, il a été condamné à une peine similaire, ce qui a motivé sa grève de la faim.

La semaine dernière, la ministre palestinienne de la Santé, Mai Al-Kaila, a notamment appelé la communauté internationale, les organisations des droits de l’Homme et la Croix-Rouge à faire pression sur le gouvernement israélien pour sa libération.

peo/Jha/rob

source : http://frances.prensa-latina.cu/index.php?option=com_content&view=article&id=886705:un-prisonnier-palestinien-en-greve-de-la-faim-en-israel-reclame-la-solidarite-mondiale&opcion=pl-ver-noticia&catid=49&Itemid=101

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