Lettre à Georges Ibrahim Abdallah

Par Badia Benjelloun (revue de presse : Afrique Asie – 3/4/20)*

Mon Cher Georges,

C’est aujourd’hui ton anniversaire.

Tu me pardonneras mon inaptitude à formuler les vœux d’usage qu’il est convenu d’adresser dans ces cas. Mais je peux t’affirmer sans me tromper que le meilleur est devant toi et devant nous. Le monde que nous espérions autre est en train de s’effondrer. Depuis longtemps lézardé par une accumulation de corruptions et d’insouciante incompétence pour la vie, la vraie, celle qui s’invente tous les jours auprès de sa diversité généreuse, une petite particule a surgi à temps pour le mettre à l’arrêt et lui signifier sa fin.

Ce virus mime l’aberration de ce monde. Il se multiplie sans fin en détournant à son usage toute la complexité de l’outillage biologique des cellules eucaryotes d’un mammifère qui s’estime ‘supérieur’. Cette particule, un simulacre de vie, un peu moins 30000 nucléotides dans une enveloppe, n’a qu’un seul dessein, se répliquer sans limite, exactement comme le capitalisme n’est mu que par le profit que le système social tel qu’il l’a organisé lui octroie à chaque cycle de marchandise.

Peu lui importe de dévaster l’organisme qu’il colonise et de le détruire, le virus a déjà sauté dans d’autres unités vivantes qui lui permettront de proliférer, identique à lui-même. Le capitalisme industriel avait détruit la paysannerie et les corps de métier, il a alors prolétarisé en nombre excessif ceux qu’il lui fallait en abondance pour les envoyer à la mine et dans les hauts-fourneaux. Puis il s’est retiré des régions devenues des paysages fantomatiques pour aller plus loin, là où le plus faible coût d’entretien des hommes qui le servent l’autorise à faire plus de cycles et plus de profits.

A terme, avec une structure stabilisée et très efficace qui restreint ses capacités adaptatives de mutation, ce virus risque de détruire tous ses hôtes potentiels et il disparaîtra avec eux. Le capitalisme fait de même. Triomphant car non contrarié, il détruit toutes les diversités, culturelles, biologiques, il asservit les corps et les esprit et rognant sur la partie à concéder aux travailleurs pour qu’ils persistent biologiquement et intellectuellement à le servir, il finit par buter sur des cycles où sa marchandise ne pouvant circuler faute d’acheteurs n’est plus valorisée. Certes, il a muté et s’est légèrement adapté quand il a réduit à un quasi-esclavage le prolétaire insuffisamment rémunéré en l’attelant à payer une dette, elle aussi sans fin. Petit à petit, le capitalisme s’est transformé en une économie de rente basée sur la détention d’un monopole d’une denrée inépuisable et impérissable, la monnaie créée magiquement. Elle ne correspond à aucune création de richesse, elle gonfle la valeur marchande de titres boursiers.

Il a uniformisé la planète et les modes de vie. Les milliardaires maintenant chinois après avoir été étasuniens, allemands, japonais, bédouins et russes font la queue pour acheter un cabas en plastique à Paris. Ailleurs, à quelques encablures, des centaines de millions d’hommes démunis de tout font leur transhumance pour chercher une pitance plus loin, fuyant des terres asséchées et sans semences et des guerres qui ne les concernent pas.

Effondrement

Oui, Georges, nous assistons de notre vivant à cet effondrement.
En quelques jours, six millions de demandeurs d’emplois aux Usa. Mieux que la grande Dépression qui n’a été vaincue que par la relance économique due aux efforts de guerre étasuniens entrepris en 39-45. La guerre n’a cessé depuis, sautant d’un continent à un autre, entretenue avec toutes sortes de motifs par la nouvelle classe des marchands, celle qui vend les canons et fournit les prétextes pour que toutes les provinces de l’empire s’en dotent et guerroient parfois.

La production mondiale des biens est en train de se ralentir, bientôt mise à l’arrêt par une particule plus parfaite que les clones que rêvaient faire d’eux-mêmes les membres d’une élite trans-humaniste qui y voyait une manière de s’éterniser.

Il faut les voir s’agiter, les Pharaons et leur clergé, la fille aînée de l’Eglise en tête. Confondus dans leurs impostures, défaits mais poussant encore leur air de bravade arrogant. Ils peinent à réciter les textes dépenaillés, rachitiques, écrits pour eux par des plumes exténuées de baver du mensonge au kilomètre.

Déni, puis affolement.

Ils n’ont rien compris, retardant autant que faire se peut l’arrêt de toute activité humaine inutile à la poursuite de la vie biologique. Ils ne pouvaient pas comprendre, limités par leur intelligence de servants opiniâtres d’un ordre qu’ils imaginent immuable car confortable pour eux et leurs pairs. Et même ayant vaguement compris qu’en l’absence de réaction énergique le spectacle des morts par millions créerait un certain désordre dans le paysage des démocratures. Obèses, elles s’affaissent sous les tonnes de nourritures malsaines et de papiers gras.

Jusqu’au bout, ils auront essayé de maintenir au travail des esclaves en ignorant que tout benoîtement si tous les esclaves-travailleurs périssaient de la particule folle, le capitalisme cesserait faute de carburant.

Le meilleur est devant nous.

Je n’ai pu venir te visiter comme je le prévoyais, prise ici dans les rets d’un travail aussi absurde que beaucoup d’autres, soigner de la pathologie sociale sans les moyens pour y remédier et l’arrivée de cette épidémie que j’ai accueillie avec à son tout début la colère pour les responsables imprévoyants et leur cécité puis avec l’apaisement qui suit une fièvre désordonnée. La moitié de l’humanité est mise à la retraite. Son activité était donc bien non essentielle. La destruction des services publics se révèle maintenant crûment. La recherche scientifique et les services de santé publique sont tenus par des étrangers sous-payés, corvéables en attente de papiers qui régularisent leur situation précaire. La vague des médecins algériens qui ont fui les années de plomb a dispensé les autorités de penser une organisation des soins cohérente. Hautement formés, ils ont constitué une armée de petites mains assurant des gardes d’urgence peu rémunérées peu prisées par les internes autochtones. Les technocrates dont l’expertise est confiée aux lobbyistes qui conçoivent discours et textes de loi ne comprennent pas que la rareté de l’offre ne contracte pas toujours les besoins. Plus du tiers des chercheurs dans tous les domaines sont en situation de grande précarité. Les carrières n’y sont pas encouragées car les travaux et les publications sont assurés par nombre d’étrangers qui au mieux au terme de leurs thèses seront recrutés dans le secteur privé.

Confinement du prisonnier

Nous vivons le régime de mise en quarantaine et du confinement.
Mais il ne s’agit pas là d’une mise en prison.

Celle qu’on t’a réservée depuis 36 ans. Parce que tu as osé défié ceux qui ont mis ton pays à feu et à sang pour les intérêts d’un voisin usurpateur de terre et criminel pervers. Un artefact qui exploite des crimes passés commis par d’autres que ceux qui en sont punis. La France s’enorgueillit toujours de détenir plus ancien prisonnier politique d’Europe. En réalité elle a réinventé la perpétuité pour un délit d’opinion. Tu es simplement soupçonné d’avoir participé à l’organisation d’une riposte à la guerre asymétrique que subissaient ton pays et ton peuple. Tu as été défendu dans un tribunal d’exception par un avocat qui travaillait – de son aveu proféré publiquement peu de temps après le jugement- pour les services secrets français. Tu es libérable depuis 1999.

Hier, on apprenait la libération d’un homme condamné à la perpétuité pour avoir fait un larcin dans une boulangerie d’une valeur de 50 dollars. Il avait 22 ans en 1979 quand il a reçu la sentence qui excluait la libération conditionnelle. C’était son 4ème petit délit. Il a servi 36 ans dans une prison d’Alabama.

En Caroline du Nord, un homme de 65 ans vient d’être libéré après avoir accompli une peine de 35 ans. Il avait volé un téléviseur noir et blanc d’une valeur de 140 dollars. Cet ouvrier agricole avait quitté la Géorgie pour trouver du travail.

Les Usa où le régime carcéral hypertrophié et privatisé est un mode d’esclavage annexe et non négligeable pour la production capitaliste seraient-ils devenus plus cléments que la France ?

La gestion des services pénitenciers dans tous les pays est révoltante. La promiscuité condamne en cas de pénétration du virus dans une prison tous ceux qui y travaillent ou y sont enfermés. Les crimes de ces insouciants sont innombrables, c’en est un de plus.

Retraite

Cependant tu es plus libre que tes geôliers et les servants conscients ou non d’un système qui préconise compétition mortelle plutôt que fraternité et solidarité, jouissance égoïste sans limite et donc impossible à atteindre plutôt qu’accueil émerveillé des dons de la nature et des autres. Autrefois, quand les convulsions et les contradictions sociales se tendaient à l’extrême les anachorètes se retiraient dans le désert. Les prophètes s’isolaient sur des monts ou dans des cavernes. Quand se défaisait la société hellénistique en Egypte, des hommes animés d’une nouvelle foi ont inventé la vie monastique, sans savoir que ces communautés en Europe fourniraient le travail gratuit de déforestation et d’aménagement des marais. Ibn Khaldoun s’est isolé dans une grotte pour méditer et écrire loin des intrigues et des frivolités.. Aujourd’hui, dans notre confinement imposé, le bruit continue de nous envahir, celui de l’insignifiant, l’ennemi de la vérité.

Nous avons subi un engouement très français pour une équipe qui a publié une intuition thérapeutique (pas un véritable essai) pour le Covid-19 sans avoir démontré son efficacité. Une passion s’est emparée de ses défenseurs qui ont endossé sans hésiter ses affirmations non fondées. Un champion, un sauveur leur est venu, contrarié par des pairs jaloux, des lobbies du Big Pharma alors que le chef de cette équipe est lui-même un mandarin autoritaire, ayant des liens d’intérêts avec des laboratoires privés qui allouent des prébendes à son unité de recherche. Pris au dépourvu par un événement inédit, les plus rationnels sont devenus des adeptes d’un nouveau culte. Ils se sont pris à affirmer qu’en situation d’urgence sociale, un placebo c’est mieux que rien alors que le maximum de rigueur devrait au contraire être requis face à cette pandémie. Plusieurs pays du Maghreb, abusés ou complices de la supercherie, ont adopté le traitement miraculeux dont le niveau de preuves est nul. Ils servent de champ d’expérimentation comme par le passé on a testé sur eux des vaccins et des antibiotiques, parfois à leur insu. La peur de la mort, les habitudes dérangées et un sommeil perturbé ont décapé un maigre vernis cartésien.

Nous goûtons désormais à l’enfermement dehors.

Nous éprouvons combien ta force mentale est immense car ici personne n’est immunisé contre les errements psychiques qui surviennent après deux petites semaines de déplacements restreints.

Ta cause est relayée partout dans le monde.

Le gouvernement libanais semble s’intéresser sérieusement et publiquement à toi. Enfin juste avant le mouvement de révolte populaire contre les exploiteurs et les corrompus.

Tes amis et moi-même sommes impatients de te revoir en dehors de Lannemezan dont les portes s’ouvriront bientôt.

Ce choc de la petite particule est vraiment mortel pour le capitalisme.

Bon anniversaire, Georges.

Je n’écris plus de sonnets depuis plus d’un mois.

*Source : Afrique Asie

Pour le libération de Georges Ibrahim Abdallah, lire aussi :

Jacques Vergès réclame le libération de Georges Ibrahim Abdallah (2011)

Des parlementaires français appellent Hollande à libérer Georges Ibrahim Abdallah (2013)

Affaire Abdallah : mobilisation anti-française au Liban (2013)

Le PS censure un meeting de soutien à Georges Ibrahim Abdallah sur ordre du CRIF (2014)

L’affaire Abdallah est un double scandale, une vilaine moisissure sur les pages de l’histoire de France (2014)

Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré depuis 35 ans (2018)

Pour une révision du procès de George Ibrahim Abdallah

Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah! (2019)

Soutenons le documentaire «Fedayin, le combat de Georges Abdallah» (2019)

 

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Attaque incendiaire contre une prison à Amiens

Dans la nuit du 31 mars, à la Maison d’arrêt d’Amiens, trois voitures du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) ont été incendiées. Deux fourgons cellulaires, qui servent au transfert des détenus, ont également subit un coup de chaud et ont été entièrement cramés. Le bâtiment de la Maison d’arrêt a été pris pour cible, une fenêtre est cassée et un feu allumée. Malheureusement, celui-ci ne s’est pas propagé.

Des inscriptions ont été retrouvées devant les véhicules : « Crève la justice, crève la taule, crève l’État », accompagnées d’un mystérieux A cerclé.

Selon le procureur de la République d’Amiens, qui nous témoigne de sa perspicacité, « c’est la Justice qui est visée ».

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Yoann, tu seras toujours à nos côtés – Communiqué du STE 93

Nous reprenons le communiqué des camarades de la CNT qui rend hommage au militant que nous avons eu toujours plaisir d’être à ses côtés pour la libération des prisonniers politiques.

« Le 4 avril 2020

Le jeudi 2 avril, notre camarade, Yoann Isambert est mort. Sa disparition soudaine nous plonge toutes et tous dans un immense chagrin. La douleur est à la hauteur de l’être formidable qu’était Yoann. Toutes nos pensées vont bien sûr d’abord à sa compagne, à sa famille, ses ami·e·s. Leur tristesse est inimaginable et nous les soutiendrons du mieux que nous le pourrons face à toutes les épreuves qui seront à traverser. Nous nous faisons aussi leur relais pour demander à chacun et chacune d’être attentif·ve à leur intimité. Soutenir, sans être intrusif·ve. Sans nul doute, Yoann, avec la pudeur qui le caractérisait, aurait su trouver cet équilibre.

Nous pensons aussi à ses élèves et ses collègues. Yoann était enseignant d’histoire-géographie au collège Les Mousseaux de Villepinte. Nous savons qu’il va y laisser un immense vide tant son investissement auprès des élèves et dans la vie du collège y était important. Le syndicat CNT éducation se tient au côté des collègues et nous leur apporterons aussi tout le soutien nécessaire. Yoann aimait son travail et ses élèves. Sa combativité était sans faille dans la lutte pour une école réellement émancipatrice, non autoritaire et égalitaire.

Son engagement syndical au sein de la CNT était un élément essentiel dans la vie de Yoann. Notre syndicat, mais également toute notre confédération perd un très grand militant. Un être tellement riche de connaissances, curieux, critique, doux, à l’écoute. Toutes ces qualités faisaient qu’il était un ciment entre nous. Il a marqué nombre de nouvelles et nouveaux adhérent·e·s par son accueil chaleureux. Et même s’il refusait d’être un modèle, il est certain que nous sommes nombreux·euses à avoir été inspiré·e·s par lui. Yoann apportait une intelligence, une réflexion, un calme, une qualité d’échange, un humour, une rage contre l’injustice, une justesse d’analyse, une joie de vivre. Il était là, toujours présent, ne laissait jamais sa place pour faire vivre l’autogestion au quotidien, y compris dans les tâches des « petites mains ». Même si nous, ses camarades du STE93, sommes toutes et tous dévasté·e·s par sa perte, nous n’oublions pas l’ensemble des camarades de la CNT qui pleurent déjà son absence.

Sans compromissions, Yoann avait à cœur de chercher les points de convergences, d’apaiser les conflits, de créer l’unité. Yoann voulait en découdre radicalement avec le capitalisme, source de tant d’injustice et d’inégalité sociale. Et ses combats étaient résolument internationaux. Yoann était engagé dans de nombreuses luttes d’autodétermination des peuples. Son action était si grande qu’il est impossible ici de toutes les évoquer. Nous pensons donc aussi très chaleureusement à nos camarades kanaks car Yoann a toujours été à leur côté dans leur légitime lutte pour se défaire du colonialisme français. Nous pensons aussi aux camarades kurdes auprès de qui Yoann faisait vivre sa solidarité internationale. Nous savons que pour vous aussi, sa perte est immense et votre chagrin incommensurable.

Un combat était primordial pour Yoann : celui pour la libération des prisonnier·ère·s politiques corses et basques. C’est au travers de ces combats qu’il a rencontré des militant·e·s de la CNT et qu’il a fini par nous rejoindre. Mais il n’a jamais oublié, ou mis de côté ses engagements historiques. Au contraire, il a toujours cherché à les faire vivre. De nombreux·euses adhérent·e·s de la CNT étaient d’ailleurs fier·e·s d’avoir pu participer, à leur mesure, mais grâce à Yoann, à la marche parisienne de décembre 2017 pour la fin du régime d’exception dont sont victimes les prisonnier·ère·s basques.

La CNT éducation, en accord avec la compagne de Yoann, vous propose de poursuivre ces combats essentiels qu’il menait, en participant à une cagnotte en ligne dont l’intégralité du montant sera reversée, à parts égales, entre le Comité de solidarité avec le peuple basque (CSPB) et l’association Solidarità pour les prisonniers corses.

www.lepotsolidaire.fr/pot/n90jiyvs-PourYoann_faire-vivre-ses-combats

Merci Yoann de nous avoir permis de te connaître.

Ta personne toute entière nous portera dans les combats que nous mènerons.

Camarade, tu seras toujours à nos côtés !

-- 
Salutations rouges & noires.
Le Postmaster CNT
postmaster@cnt-f.org
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En Cisjordanie, les colons profitent du confinement lié au coronavirus pour annexer des terres palestiniennes

Des colons israéliens ont notamment tenté de rétablir un « avant-poste » dans le sud de la Cisjordanie (MEE/Akram Al-Waraa)

Par Akram Al-Waara (revue de presse : Middle East Eye – 1/4/20)*

BETHLÉEM, Cisjordanie occupée – En Cisjordanie occupée, les colons exploitent le confinement imposé pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus afin d’annexer des terres palestiniennes et mener des attaques contre les civils et leurs maisons.

Au cours des derniers jours, au moins trois incidents ont été rapportés, au cours desquels des colons israéliens ont rasé des terres palestiniennes et pavé des routes dans les districts de Naplouse, Jérusalem et Bethléem.

« Les colons savent que les gens auront trop peur de venir nombreux et de protester contre ces tentatives, comme nous le faisions avant. C’est donc une situation idéale pour prendre le contrôle du territoire »

– Ghassan al-Najjar, activiste

Un pic d’attaques contre les Palestiniens et leurs biens a également été observé. Middle East Eye a documenté des violences dans les villages de Madama, Burqa et Burin.

« D’habitude, nous subissons des attaques de colons plusieurs fois par mois », explique à MEE Ghassan al-Najjar, un activiste de Burin, un village situé à 5 km au sud de Naplouse.

« Mais depuis que nous avons été mis sous confinement à cause du coronavirus, celles-ci ont décuplé », indique le trentenaire, ajoutant que les colons, sous la protection des soldats israéliens, font quotidiennement des raids dans le village désormais.

Il ajoute que des habitants de la colonie de Har Brakha ont tenté de s’emparer de terres palestiniennes à la périphérie du village.

« Les colons savent que les gens restent chez eux à cause du coronavirus, alors ils essaient d’en profiter pour nous attaquer et prendre plus de terres », déplore l’activiste.

Une nette augmentation des attaques

Alors que les attaques de colons en Cisjordanie sont monnaie courante, des militants de tout le territoire occupé ont signalé une nette augmentation des violences depuis la proclamation de l’état d’urgence sanitaire en raison de la pandémie de coronavirus début mars.

Au sud de la Cisjordanie, dans le district de Bethléem, centre de l’épidémie de coronavirus en Palestine, le militant Mahmoud Zawahreh, 48 ans, rapporte à MEE que les colons ont adopté des tactiques similaires ces derniers jours dans la commune de Khallet al-Nahleh.

Les colons essaient de s’emparer d’une colline de ce village depuis 2013. Au fil des ans, raconte Zawahreh, les colons de la méga-colonie voisine d’Efrat ont tenté de rétablir l’« avant-poste » qui s’y trouvait après son démantèlement par les forces israéliennes.

« Une décision de justice a prouvé que les terres appartenaient à des Palestiniens et les tentes des colons ont été démontées », rappelle Zawahreh. « Jusqu’à récemment, ils n’avaient pas tenté de revenir ici. »

Au cours des derniers jours, les colons sont en effet revenus, cette fois avec davantage de tentes, de réservoirs d’eau et de générateurs électriques. Lundi dernier, ils ont commencé à paver un chemin de terre afin de créer un accès plus facile à l’avant-poste.

« La crise du coronavirus limite les déplacements des Palestiniens, en particulier autour de Bethléem, en raison de la quarantaine et du couvre-feu imposés par le gouvernement », explique Mahmoud Zawahreh.

« Les colons le savent et en profitent. Ils savent que les gens auront trop peur de venir nombreux et de protester contre ces tentatives, comme nous le faisions avant. C’est donc une situation idéale pour eux afin de prendre le contrôle du territoire. »

« Entre le marteau de l’occupation et l’enclume du coronavirus »

Alors que la pandémie de coronavirus ne montre aucun signe de ralentissement, les Palestiniens se disent contraints de choisir entre protéger leur santé et protéger leurs terres.

« À cause des colons et de l’occupation, nous ne pouvons pas suivre les directives fixées par l’Organisation mondiale de la santé ou notre propre gouvernement pour nous protéger du coronavirus », déclare Ghassan al-Najjar.

« Si nous restons chez nous, nous nous protégeons du virus, mais nous finissons par perdre nos terres. »

« Il est triste et frustrant pour nous, Palestiniens, de voir que pendant cette pandémie, l’humanité s’unit pour se défendre et se protéger mutuellement contre ce virus alors qu’ici, les colons font le contraire »

– Mahmoud Zawahreh, activiste

Cherchant à défendre le village tout en minimisant l’exposition des habitants les uns aux autres et aux colons, l’activiste et d’autres jeunes hommes de la région de Burin ont créé un petit groupe chargé de protéger les terres pendant le confinement.

« Habituellement, tout le village vient défendre les terres, mais maintenant, nous travaillons en petit nombre et faisons des roulements pour minimiser l’exposition potentielle », décrit-il. « C’est tout ce que nous pouvons vraiment faire pour l’instant. »

Depuis Khallet al-Nahleh, Mahmoud Zawahreh exhorte la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il mette fin aux « crimes des colons » en Cisjordanie.

« Il est triste et frustrant pour nous, Palestiniens, de voir que pendant cette pandémie, l’humanité s’unit partout dans le monde pour se défendre et se protéger mutuellement contre ce virus alors qu’ici, les colons font le contraire. Ils exploitent le virus à leur avantage, pour nuire à l’humanité des autres et voler la terre des autres », dénonce-t-il.

« En Palestine, nous sommes coincés entre le marteau de l’occupation et l’enclume du coronavirus. »

Traduit de l’anglais (original).

*Source : Middle East Eye (en français)

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Conferenza del SRI: Saluto ai Rivoluzionari Prigionieri

Comunicazione dal Soccorso Rosso Internazionale dei giorni 28 e 29 marzo 2020

Cari compagni e care compagne,
il Soccorso Rosso Internazionale è riuscito a tenere la sua conferenza internazionale semestrale malgrado l’isolamento e le chiusure delle frontiere, festeggiando quest’anno i suoi 20 anni di vita.
Risale a dicembre 2000 la decisione di rifondare questa struttura storica con un modesto avvio e forme nuove.
Dalla sua fondazione, SRI ha cercato di collocarsi dove le lotte erano più strategiche, le contraddizioni più esplosive e fondamentali.
Tale continuità di 20 anni coincide pure a 20 anni di lotta al vostro fianco.
Questo perché, se la continuità è un valore fondamentale per il progetto rivoluzionario, voi, rivoluzionari e rivoluzionarie prigionieri ne siete parte importante.
Continuando a interpretare e difendere i progetti rivoluzionari che vi sono costati la prigione, voi rafforzate l’identità, la ricchezza e il peso politico e storico delle forze esterne.
Le forze rivoluzionarie oggi devono fronteggiare una situazione eccezionale. La borghesia imperialista, che ha permesso la pandemia con la globalizzazione e la liquidazione dei servizi di sanità pubblica, deve far fronte a una crisi. La pandemia rende più evidenti che mai le contraddizioni di classe e le inasprisce.
Per la sinistra rivoluzionaria si presenta un momento storico per poter uscire dalle sue abitudini, impegnarsi su altri terreni con nuovi metodi, legarsi a dinamiche di solidarietà e di lotta e condurre l’offensiva contro il sistema.
Questo è stato il punto principale al centro della discussione nella nostra conferenza.
Tuttavia, come prigionieri e prigionieri voi siete pure coinvolti in un terreno di lotta particolarmente difficile e ancor più inasprito dalla pandemia.
Sovraffollamento, vecchie strutture, disposizioni sanitarie quanto meno sommarie se non inesistenti, altrettanti fattori che espongono la popolazione carceraria.
Le lotte scoppiano ovunque nelle prigioni di tutto il mondo e sappiamo che molti fra voi vi hanno partecipato e parecchi hanno subito la repressione conseguente a tali lotte.
La pandemia rivela le contraddizioni e la barbarie del capitalismo. Dentro e fuori le prigioni la lotta deve allargarsi e nel frattempo va ampliandosi!
Ed è al vostro fianco in questa lotta che inviamo a tutti e tutte voi compagni/e i nostri saluti solidali più calorosi.

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Entité sioniste prolonge la détention « administrative » de la journaliste Bushra Al-Tawil

Le régime israélien vient de renouveler l’emprisonnement sans inculpation ni jugement de Bushra Al-Tawil, 27 ans, d’Al-Bireh, en Cisjordanie, alors que son seul tort est de défendre la cause des militants palestiniens emprisonnés dans les geôles de l’occupant.


Bien que jeune, Bushra al-Tawil, a déjà été emprisonnée à plusieurs reprises par Israël : en 2011, 2014 et 2017.

Militante pour les droits des prisonniers palestiniens, cela ne pardonne pas dans cette « grande démocratie » !

Coronavirus ou pas, elle restera en détention pour au moins 4 mois supplémentaires, rapporte Quds Press.

Et bien entendu dans le silence le plus complet de tous nos dirigeants qui se targuent de défendre la démocratie, les droits des femmes, la liberté de la presse, etc…

Amnesty International a appelé à la libération des prisonniers politiques palestiniens, hommes, femmes et enfants, qui sont en train d’être contaminés dans les geôles de ce régime fasciste.

Mais ceux qui maintiennent en prison en France, depuis 35 ans, un prisonnier politique comme Georges Ibrahim Abdallah, qui « fête » ses 69 ans ce jeudi, et qui déroulent régulièrement le tapis rouge à des tortionnaires israéliens, sont sourds à de telles considérations.

L’extrême-droite ne devient un danger qu’ils agitent qu’au moment des élections,. Entre deux tours, ils ne sont pas mécontents de profiter des méthodes fascistes de répression et de contrôle des populations testées sur les Palestiniens…

CAPJPO-EuroPalestine

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Manifestations face à la propagation du covid19 dans la prison sioniste d’Ofer

Nour al-Din Sarsour, 19 ans, qui vient d’être libéré de la prison d’Ofer mardi dernier, a été testé positif au COVID-19 le lendemain de sa libération. Il avait été arrêté le 18 mars et détenu dans un centre d’interrogatoire avant d’être transféré à Ofer, dans la section 14, une section pour les nouveaux détenus, avec 36 autres prisonniers politiques.

N’étant pas au courant de son état, des prisonniers politiques palestiniens ont célébré sa libération avec lui.

L’un d’eux a ensuite été transféré dans une autre section. Lorsque les prisonniers ont demandé qu’il soit mis en quarantaine, l’administration aurait refusé, forçant les prisonniers à développer leur propre système d’isolement et de quarantaine pour le détenu potentiellement infecté, rapporte Samidoun.

On imagine l’inquiétude, voire la panique des prisonniers palestiniens, d’autant que les geôliers, gardiens, juges de tribunaux militaires et interrogateurs israéliens, qui sont peut être contaminés, ne se gênent pas pour entrer dans les prisons, les cellules et sections des prisonniers.
Et ces derniers ne disposent d’aucune des protections de base, ni produits de nettoyage, ni tests, ni traitements.

En outre, les raids punitifs contre les prisonniers se poursuivent. Les gardes des unités répressives saccagent les objets des prisonniers, les exposant au contact de leurs mains ainsi qu’à un flot de personnes supplémentaires susceptibles d’être exposées au coronavirus. Non seulement les prisonniers palestiniens ne peuvent pas « se distancier socialement » – ils sont détenus six à huit dans une pièce – mais ils sont constamment exposés à des gardes, des soldats et d’autres forces d’occupation israéliennes qui interagissent régulièrement avec le monde extérieur.

Les prisonniers palestiniens exigent que tous les prisonniers d’Ofer soient testés pour le COVID-19, en particulier les enfants détenus dans la section 13, située à côté de la section 14 ; que le dénombrement quotidien soit effectué par des caméras et que les fouilles des fenêtres soient effectuées de l’extérieur plutôt que de l’intérieur des pièces, afin de réduire leur exposition aux gardes et soldats israéliens qui continuent d’interagir avec le monde extérieur, indique Samidoun.

Addameer appelle notamment à écrire ou appeler les bureaux de la Croix Rouge en Israël, à Ramallah, en Suisse et aux USA pour qu’ils fassent leur travail et exigent la protection des prisonniers palestiniens ou leur libération :
- ICRC Jerusalem office : jer_jerusalem@icrc.org, Tel : 0041-22-7346001, Fax : 0041-22-7332057
- ICRC Ramallah office : ram_ramallah@icrc.org, Tel : 02-2414030-1, Fax : 02-2414034
- ICRC Tel Aviv office : dwaites@icrc.org, Tel : (+972) 35 24 52 86, Fax : (+972) 35 27 03 70
- ICRC Geneva office : press@icrc.org, Tel : +41 22 734 60 01
- ICRC Washington office : anelson@icrc.org, Tel : +1 (202) 587-4600, Fax : +1 (202) 587-4696

Sources : Samidoun et Addameer

CAPJPO-EuroPalestine

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