En juin 2023, plus de 600 personnes sont mortes en Méditerranée dans l’un des naufrages les plus meurtriers de ces dernières années, au large de Pylos, en Grèce. Malgré la gravité des faits, l’enquête judiciaire stagne depuis 6 mois. Avec Human Rights Watch, nous avons récolté les témoignages des survivant·es et des autorités locales. Leurs versions drastiquement différentes pointent l’importance de mener de toute urgence une enquête efficace, indépendante et impartiale.
L’Adriana, un chalutier de pêche surchargé, a chaviré le matin du 14 juin 2023, entraînant la mort de plus de 600 personnes. Il était parti de Libye cinq jours plus tôt avec à son bord 750 personnes migrantes et demandeuses d’asile, dont des enfants, principalement originaires de Syrie, du Pakistan et d’Égypte. Seuls 104 passagers ont survécu et 82 cadavres ont été repêchés.
Avec Human Rights Watch, nous nous sommes entretenues avec 21 rescapé·es, cinq proches de cinq personnes disparues, ainsi que des représentants des garde-côtes et de la police grecs, d’organisations non gouvernementales, des Nations unies et d’agences et organisations internationales.
L’intervention des garde-côtes pourrait avoir précipité le naufrage
15 heures se sont écoulées entre la réception de la première alerte indiquant aux garde-côtes grecs que l’Adriana se trouvait dans leur zone et le moment où le bateau a chaviré. Les autorités grecques n’ont pas mobilisé les ressources appropriées pour se porter à son secours.
Elles étaient au courant des indicateurs de détresse, tels que le surnombre de passagers et le manque de nourriture et d’eau à bord de l’Adriana, et, selon des personnes rescapées, savaient qu’il y avait des passagers morts à bord et que des demandes de sauvetage avaient été envoyées. Certains remettent également en cause la version des autorités selon laquelle les passagers à bord de l’Adriana ont refusé toute assistance, ce qui, de toute façon, ne dispensait pas les garde-côtes helléniques de leur obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité en mer. Des rescapé·es ont déclaré avoir demandé de l’aide à plusieurs reprises, y compris aux garde-côtes.
Selon certains témoignages, un bateau de patrouille des garde-côtes a attaché un câble à l’Adriana pour le remorquer, ce qui l’a fait chavirer.
Selon certains témoignages, un bateau de patrouille des garde-côtes a attaché un câble à l’Adriana pour le remorquer, ce qui l’a fait chavirer. Ensuite, le navire des garde-côtes aurait tardé à déclencher les opérations de sauvetage, n’aurait pas réussi à maximiser le nombre de personnes secourues et se serait engagé dans des manœuvres dangereuses.
Entre autres, des investigations distinctes menées par le groupe indépendant Solomon, la plateforme interdisciplinaire d’investigation Forensis, le New York Times, Der Spiegel, El País, Lighthouse Reports et le Washington Post ont relevé des informations similaires.
L’enquête judiciaire des autorités grecques stagne
Des témoignages de rescapé·e·s mettent en évidence de possibles manquements graves à la procédure qui pourraient nuire aux deux enquêtes. Les téléphones portables de certains rescapés susceptibles de contenir des preuves essentielles des événements ont été confisqués. De plus, le procureur du tribunal naval a attendu deux mois avant de demander les téléphones des garde-côtes grecs, qui pourraient également contenir des preuves.
Début décembre, seuls 13 rescapé·e·s avaient été convoqués pour faire une déposition.
En novembre, le médiateur grec a ouvert une enquête sur les actions de la Garde côtière, évoquant son refus de mener une enquête disciplinaire interne.
Lever le voile sur les circonstances du naufrage
Dès le 4 juillet 2023, nous nous sommes rendus en Grèce avec Human Rights Watch, dans le cadre d’un travail de recherche sur les circonstances du naufrage pour amener les responsables à rendre des comptes. Sur place, nous avons interrogé plusieurs personnes, notamment des rescapés. Les personnes survivantes ont toutes déclaré que les personnes à bord du navire avaient demandé à être secourues et qu’ils avaient vu d’autres personnes sur le navire demander un sauvetage depuis des téléphones par satellite dans les heures ayant précédé le naufrage.
Plusieurs personnes ayant survécu au naufrage ont déclaré que les autorités avaient confisqué leurs téléphones après les faits et ne leur avaient donné aucun document attestant de cette saisie ni aucune information sur la manière de récupérer leurs biens.
« Ce sont non seulement les preuves du naufrage qui m’ont été prises, mais aussi les souvenirs des ami·es que j’ai perdu·es ; c’est ma vie qui m’a été prise. »
Nabil, un survivant d’origine syrienne
Lors d’un entretien avec Amnesty International et Human Rights Watch, de hauts responsables des garde-côtes grecs ont déclaré que les personnes à bord du navire avaient limité leurs demandes d’aide à de la nourriture et de l’eau et avaient exprimé leur intention de poursuivre leur trajet vers l’Italie. Ils ont déclaré que l’équipage du navire des garde-côtes s’était approché de l’Adriana et avait utilisé des cordes pour se rapprocher et déterminer si les passagers avaient besoin d’aide, mais qu’après des « négociations », les passagers avaient renvoyé la corde et que le navire avait poursuivi son trajet.
Comment les autorités grecques peuvent-elles s’assurer de l’efficacité de leur enquête ?
La Grèce déjà condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme
L’incapacité de longue date des autorités grecques à assurer l’obligation de rendre des comptes pour les renvois forcés illégaux et violents aux frontières du pays soulève des inquiétudes quant à leurs capacité et volonté de mener des enquêtes efficaces et indépendantes.
Il faut tirer les enseignements de la décision de 2022 de la Cour européenne des droits de l’homme sur le naufrage de « Farmakonisi » de 2014, après lequel les survivant·es avaient déclaré que leur navire avait chaviré car les garde-côtes grecs avaient employé des méthodes dangereuses pour les remorquer vers les eaux territoriales turques. La Cour avait condamné la Grèce pour l’incapacité des autorités à gérer les opérations de sauvetage et pour les manquements dans l’enquête qui avait suivi les faits, notamment en ce qui concerne la gestion des témoignages des victimes.
Les défaillances de Frontex dans le viseur de l’Union européenne
Parallèlement à l’enquête nationale, la médiatrice européenne a ouvert une enquête sur le rôle de l’agence européenne des frontières Frontex, dont l’avion a initialement repéré le navire, tandis que le responsable des droits fondamentaux de Frontex poursuit sa propre investigation. Dans nos contributions à l’enquête de la médiatrice européenne, nous soutenions avec Human Rights Watch que Frontex aurait dû poursuivre sa surveillance de l’Adriana et lancer un appel de détresse.
Dans sa réponse, Frontex a fait valoir qu’il incombait aux autorités nationales de coordonner les opérations de recherche et de sauvetage et qu’elle n’avait pas lancé d’alerte de détresse car elle n’avait pas évalué de « risque imminent pour la vie humaine ».
Cela soulève d’importantes questions sur le rôle, les pratiques et les protocoles de l’agence dans le cadre des opérations de recherche et de sauvetage et sur les mesures prises par l’agence en vue de respecter ses obligations en matière de droits humains et la législation européenne lors de ce naufrage et d’autres.
Avec Human Rights Watch, nous continuons d’enquêter sur le naufrage de Pylos et de demander justice pour toutes les personnes touchées par celui-ci.
Ce drame qui aurait pu être évité illustre la faillite des politiques migratoires européennes fondées sur l’exclusion raciale des personnes en situation de déplacement et la dissuasion meurtrière .
Esther Major, conseillère recherche sur l’Europe à Amnesty International
Pour veiller à ce que ce naufrage soit le dernier drame à déplorer en Méditerranée, l’UE doit réorienter ses politiques de contrôle des frontières vers les recherches en mer et la mise en place de voies sûres et légales pour les personnes demandeuses d’asile, réfugiées et migrantes.
Nos demandes
Compte tenu de la gravité et de la portée internationale du drame de Pylos, les autorités grecques, avec le soutien et sous la surveillance de la communauté internationale, doivent veiller à ce qu’une enquête transparente soit menée, afin d’apporter justice et réparations aux survivant·es et aux familles des victimes et d’amener les responsables à rendre des comptes.
Nous appelons les autorités grecques à :
➡️ Mener une enquête transparente et indépendante pour déterminer toute responsabilité tant pour le naufrage que pour les retards et manquements en ce qui concerne les efforts de sauvetage.
L’enquête doit prévoir de recueillir les témoignages de toutes les personnes ayant survécu au naufrage, dans des conditions assurant la confiance et la sécurité. Toutes les personnes impliquées dans les faits ou en ayant connaissance, y compris les membres des garde-côtes grecs et l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), les capitaines et équipages des deux navires marchands, ainsi que les autres personnes ayant pris part à l’opération de sauvetage après le naufrage, doivent être invitées ou convoquées afin de témoigner, le cas échéant, et doivent coopérer pleinement et rapidement dans le cadre des enquêtes.
➡️ Tous les éléments de preuve, comme les traces de communications, les vidéos et les photos, doivent être examinés et protégés.
Nous appelons les institutions européennes à prendre également des mesures.
➡️ Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe, chargé de superviser la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, doit examiner l’arrêt Safi dans le cadre d’une « supervision renforcée » et veiller à ce que la Grèce entreprenne les réformes structurelles nécessaires pour remédier aux défaillances systémiques en matière de sauvetage en mer, d’enquêtes efficaces et d’obligation de rendre compte des opérations des garde-côtes.
➡️ La Commission européenne doit faire pression sur la Grèce pour qu’elle mette en place un mécanisme efficace et indépendant de surveillance des frontières et envisager de suspendre le financement de la gestion des frontières en Grèce jusqu’à la conclusion d’une enquête indépendante sur le naufrage.
➡️ Frontex doit coopérer avec toutes les enquêtes judiciaires et non judiciaires en Grèce, rendre publics les résultats de sa propre enquête interne et procéder à une évaluation des droits humains de ses opérations en Grèce.
Israël a largué plus de 22.000 bombes de fabrication américaine sur Gaza en six semaines.
Washington a fourni à Israël des dizaines de milliers de munitions depuis le début de la guerre, notamment du phosphore blanc, interdit au niveau international, largué sur Gaza et le Liban.
Deux responsables clés du Pentagone ont démissionné de leurs fonctions suite à de désaccords sur la politique de Biden à Gaza
La numéro 3 du Pentagone, Mara Karlin et la Directrice des politiques pour le Moyen-Orient, Dana Stroul.
Des rapports déclassifiés révèlent que par ailleurs que l’armée britannique a déployé 500 soldats supplémentaires dans la base militaire de Chypre qui fournit des armes à #Israël pendant le génocide israélien à Gaza. soldats britanniques
Starbucks Corp, basée à Seatle, à la mi-novembre, a vu sa part de marché s’effondrer de 8,96 %, représentant 11 milliards de dollars de pertes.
MacDonald et Carrefour dérouillent également, même si les chiffres de baisse des ventes ne sont pas encore disponibles.
Il ne faut pas s’arrêter en si bonne voie dans ces actions citoyennes !
La mobilisation se poursuit partout.
A GUERNICA, EN ESPAGNE
Ville devenue martyre juste avant le début de la Seconde guerre mondiale, il y a 86 ans, Guernica s’est mise aux couleurs de la Palestine pour rendre hommage aux victimes du conflit à Gaza.
USA
Des manifestants bloquent le siège de BNY [Bank of New York] Mellon à Houston au Texas. Une action similaire a eu lieu également au siège de la banque à New York. BNY Mellon est un important investisseur du fabricant d’armes israélien Elbit Systems !
Aux Pays-Bas
Des militants organisent un sit-in dans la ville néerlandaise de Rotterdam pour protester contre l’agression israélienne en cours contre la bande de Gaza.
Sit-in de protestation en direct à l’intérieur de la gare principale de la ville de Zvola, aux Pays-Bas également, en solidarité avec la Palestine.
Les nouvelles qui nous parviennent d’Iran sont très inquiétantes. Face a la montée de la colère sociale et populaire liée à la crise économique, le régime dictatorial accentue la répression en profitant du détournement de l’opinion publique mondiale vers de l’actuelle guerre à Gaza.
On note une nette augmentation du nombre d’arrestations d’activistes ouvrier.e.s sous des prétextes fallacieux : les autorités iraniennes ciblent de plus en plus des travailleur/euse.s et retraité.e.s accusé.es d’avoir organisé des manifestations pacifiques contre la cherté de la vie et les arriérés de salaires. La liste des arrestations et emprisonnements ne cesse de s’allonger. Parmi les plus récentes on peut mentionner : Reyhaneh ANSARINEZHAD (une militante ouvrière) ; Osman ESMAILI, Esmail GUERAMI et Kamran SAKHTEMANGAR (des ouvriers retraités et anciens détenus) ; Reza Aghdasi AGHDASI (travailleur licencié, invalide malade et sourd).
La répression frappe également nombre de personnes soutenant les salarié.es, exprimant des opinions ou convictions opposées à celles du régime, des avocat.es, des défenseurs/euses des droits des femmes et des droits humains, etc. Les femmes sont les premières victimes de ce régime autoritaire et patriarcal où le contrôle de leurs corps constitue l’un des piliers de ce régime. Après 28 jours de coma, l’étudiante Armita GAVARAND s’est éteinte samedi 28 octobre. Agée de 16 ans et originaire d’une région kurde, l’adolescente avait subi une violente altercation avec la police des mœurs du métro de Téhéran parce qu’elle ne portait pas de foulard.
Le pouvoir multiplie les exécutions, notamment publiques, pour tenter de terroriser la population : depuis le 7 octobre, le régime a exécuté plus de 120 personnes dont des dizaines d’opposant-es politiques et de militant.es des mouvements sociaux. Parmi ces victimes figure le prisonnier politique kurde Qassem ABASTEH, exécuté après 14 ans d’emprisonnement. Il avait été arrêté en 2008 pour « propagande contre le régime ». Citons également Milade ZOHRE-VAND un jeune ayant participé à des manifestations dans le cadre du mouvement « Femme, Vie, Liberté ».
La solidarité internationale est essentielle. Nous appelons toutes les organisations et personnes défendant les droits humains et ceux des travailleurs/euses à protester auprès des autorités iraniennes.
Les organisations syndicales françaises réaffirment leur solidarité avec les victimes de la répression. Elles condamnent avec force cette politique insupportable. Elles demandent : – L’abolition de la peine de mort, – L’annulation de toutes les condamnations injustes et contraires aux libertés et droits fondamentaux ; – La libération immédiate et sans condition de l’ensemble des militant·e·s emprisonné·e·s en raison de leurs opinions ou de leurs activités syndicales et associatives, ainsi que des citoyenn-es étranger.es dont Cécile KOHLER et Jacques PARIS ; nous demandons également l’arrêt des poursuites dont ils/elles font l’objet ; – Le respect par le régime iranien des Conventions internationales et notamment celles de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont celles concernant la liberté d’association, de manifestation, de grève et de négociation collective.
Confédération française démocratique du travail (CFDT)
Dans la nuit du 19 au 20 novembre, nous avons attaqué l’alimentation électrique de deux sites de production du groupe Aubert et Duval :
– A Firminy, nous avons scié un pylône sur la ligne 220kV qui alimente le site. Il n’est que partiellement tombé.
– A Ancizes-Comps, nous avons incendié une ligne de 220 kV également, à l’endroit où les câbles de haute tension entraient sous terre. Nous avons pu nous approcher et déposer nos dispositifs au pied des gaines, sans danger.
L’entreprise Aubert et Duval est un rouage central de l’industrie militaire française. Elle fournit des pièces pour les sous-marins de Naval Group, pour des Rafales de Dassault ainsi que pour les centrales nucléaires de Framatom.
Notre action résonne avec l’appel international à une semaine d’action contre toute les guerres, du 17 au 25 novembre 2023 publié début novembre (attention, c’est un peu tard…) sur Iaata.info. Nous saluons ce genre d’initiative, et appelons à notre tour à attaquer l’industrie militaire partout et en tout temps.
Ce qui est sûr, c’est que notre objectif de toucher à l’industrie militaire est atteint. Si nous n’avons pas les moyens de connaître précisément les dégâts que nous avons occasionné, nous savons que ces industries se savent visées, et que leurs points faibles sont mis en lumière par nos actes.
« Derrière la guerre, des usines ordinaires«
Comme le soulignait si bien le tag laissé sur les lieux d’une usine d’aéronautique incendiée en mars 2023 à Beauchastel, la guerre dont on nous rebat les oreilles toute la journée qu’elle doit cesser et qu’elle est injuste, commence ici ; et est rendue possible grâce aussi aux entreprises en apparence anodines.
Nul n’ignore que les conflits mondiaux gagnent en intensité. Depuis presque deux mois, les bombes tombent sur les habitant.e.s de la bande de gaza, à un rythme encore inégalé, et avec un large soutien politique, militaire et financier des États-Unis comme de la plus part des pays occidentaux. Ces mêmes qui appellent à une trêve, au respect des civils et du Droit International, produisent les bombes qui massacrent d’une façon qu’ils prétendent condamner, là bas ou ailleurs, puisque plusieurs milliards d’individus vivent dans des zones de guerre ; avec le lot d’horreur qu’elle engendre et que l’on connaît : viols, tortures, déplacements forcés, … Cette hypocrisie prêterait à sourire si elle n’était pas si macabre.
Ces guerres résultent très concrètement d’un complexe militaro-industriel, de ses usines, de ses laboratoires, ses techniciens. En France, les huit grands groupes de l’industrie militaire – Airbus, Arquus, Dassault, MBDA, Naval group, Nextor, Safran et Thales – célèbrent leurs records de vente. Environ 4000 entreprises travaillent pour la défense avec le soutien actif et permanent de l’État qui a prévu un budget de 417 milliards d’euros pour augmenter son pouvoir d’extermination et exporter son arsenal dans le monde entier. Des engins de mort qui servent directement aux massacres, comme c’est le cas des avions de chasse de Dassault ou des chars et des canons de Nexter utilisés par l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis au Yémen.
Nous ne voulons pas rester indifférent.e.s face à ça. Nous voulons aussi passer un message aux travailleurs de ces industries. Que nos actes les privent un temps de leur travail, et les mettent face à leurs responsabilités. Nous espérons également que ces actes, et les mots que nous posons dessus, participent à visibiliser ses usines de mort les plus discrètes.
Une pensée pour celles et ceux qui luttent pour leur liberté, pour celles et ceux qui font face à la répression.
Appel à une matinée de soutien le 22 décembre à partir de 9h en solidarité avec les inculpé.es du 8 décembre et contre la mascarade de la justice antiterro. Jour du rendu (délibéré) suite aux 4 semaines de procès en octobre.
Le vendredi 22 décembre se tient le rendu du procès des inculpé.es du 8 décembre. Après 4 semaines de procès en octobre, très éprouvantes pour les inculpé.es, les juges rendent leur délibéré. Nous rappelons que les réquisitoires du Parquet National Anti-Terroriste vont de 2 à 5 ans de prison avec sursis et 6 ans ferme avec mandat de dépôt pour l’un des prévenu. Mobilisons-nous pour leur apporter notre soutien ! Nous invitons toustes celleux qui le peuvent à nous rejoindre dès 9h devant le TGI, Porte de Clichy. Toutes formes d’expression de soutien sont bienvenues : prise de parole, chorales révolutionnaires, banderoles, tract, son… Contre l’antiterrorisme et son monde !
Nous remercions toutes celleux qui nous entourent, qui apportent leur soutien sous des formes bien diverses et multiples. Qui aident sans aucun doute les prévenu.es à tenir jusqu’au bout. Cette solidarité immense, la justice préférerait ne pas la voir et la faire taire.
Face à l’extension sans précédent de la répression antiterroriste, nous appelons à la solidarité de toutes les composantes de la contestation sociale. Après 3 ans d’instruction, des détentions provisoires allant jusqu’a 18 mois à l’isolement et près de 4 ans d’enquête…pour cette mascarade judiciaire qu’ont été les 4 semaines de procès. Un procès politique ne sert pas à punir des individus mais un mouvement.
Une initiative du Congrès pour répartir la population de Gaza entre 4 pays, et les chiffres auraient été déterminés ! Israel Today a révélé les détails suivants : L’initiative appelle à « conditionner l’aide américaine aux pays arabes à leur volonté d’accepter des réfugiés de Gaza ».
Le plan a été présenté et a reçu la bénédiction de hauts membres de la Chambre et du Sénat des deux partis, selon le journal.
« Le vétéran membre de la Chambre, Joey Wilson, a publiquement salué le projet. proposition et en fait la promotion« .
« L’Egypte sera obligée d’ouvrir la voie à leur expulsion, car c’est le seul passage, et elle prendra sa part (un million), un demi-million pour la Turquie, un quart de million pour le Yémen et un quart de million pour l’Irak », avec carte fournie par Israel Today.
Là, Israël prend clairement ses désirs pour des réalités…
Mais il est temps d’aller demander des comptes à l’ambassade des USA en France, hautement protégée par Macron !
Lu sur le facebook de l’Action Antifasciste Paris Banlieue. Depuis 2019 la justice poursuivait certains de leurs militants sur la base de calomnies des militants d’extrême droite, qui ont mené Antonin Bernanos en détention puis en assignation à résidence avec contrôle judiciaire. 4 ans après les faits, un non lieu est rendu : de quoi interroger le rôle répressif joué par la justice dans cette affaire.
Non-lieu pour Antonin Bernanos dans l’affaire l’opposant à des militants des Zouaves Paris et de Génération Identitaire : à quoi, ou à qui sert la justice ?
Dans le dossier qui oppose depuis 2019 des militants néonazis issus des Zouaves Paris et Génération identitaire, du côté des plaignants, et des militants antifascistes parisiens, du côté des accusés, la juge d’instruction Cécile Meyer-Fabre, fraichement nommée après le départ de Sabine Kheris vers d’autres instances, a décidé d’ordonner un non-lieu pour Antonin Bernanos. Le parquet a décidé de ne pas faire appel.
Pour rappel, le 16 avril 2019 plusieurs militant.e.s antifascistes sont arrêtés, suite à une rixe avec des néonazis qui s’en prenaient aux arabes qu’ils croisaient le soir de l’incendie de Notre-Dame. Cet affrontement intervenait dans un moment tout sauf anodin : le mouvement des gilets jaunes, au cours duquel l’antifascisme autonome a fait sa part pour chasser les fascistes qui tentaient d’infiltrer la mobilisation, notamment les esquisses de service d’ordre constituées lors des journées parisiennes, et surtout pour soutenir et contribuer à ce qui demeure comme l’un des mouvements de remise en cause de l’ordre établi les plus avancés des dernières années à l’échelle européenne.
Parmi les mis en examen, Antonin Bernanos est le seul placé en détention, malgré le fait que les policiers et la juge d’instruction admettent qu’il n’apparait dans aucune des vidéos de surveillance exploitées pour l’enquête. Le seul élément à charge est le témoignage d’Antoine Oziol de Pignol, néo-nazi notoire, membre du KOP Boulogne, de Génération Identitaire, proche des Zouaves Paris, plaignant, qui affirme reconnaître « celui du Quai de Valmy », sans jamais parvenir à expliquer son rôle. Élément troublant : Antonin lui a été présenté lors d’une parade d’identification sauvage, totalement illégale, juste avant sa déposition. Depuis le 16 avril 2019, Antoine Oziol de Pignol a refusé toutes les demandes de confrontation, envoyant simplement son avocat plaider la maintenue d’Antonin en détention.
Six mois de prison, 2 ans d’assignation à résidence dans une zone extrêmement réduite de Loire-Atlantique, un an de contrôle judiciaire contraignant après, Antonin bénéficie finalement d’un non-lieu. Parce qu’il n’apparaît pas sur les images, parce qu’Oziol de Pignol n’ose pas se présenter pour réitérer ses mensonges, parce que les affirmations des policiers selon lesquelles Antonin aurait eu du sang sur ses habits ou ses mains sont systématiquement démenties.
Arrivés à ce point deux attitudes sont possibles. On pourrait se dire que, comme dans un beau film hollywoodien, la vérité finit toujours par triompher. Et les innocents de marcher libres, après que la justice a procédé à la nécessaire autocritique qui convient à toute démocratie digne de ce nom.
Ou l’on peut s’interroger sur ce qui conduit des juges à mettre entre parenthèse pendant près de trois ans la vie d’un homme, en dépit de tout élément de preuve, en dépit de toute avancée de l’enquête. À se demander si tout ça ne serait pas lié à son militantisme conséquent contre la progression des idées fascistes, et les pratiques, groupusculaires et policières qui les accompagnent. Contre l’islamophobie, érigée ces jours-ci en doctrine d’État. Contre l’impérialisme, qui continue de semer la mort à travers le Sud global, et en premier lieu en Palestine occupée.
Comment ? Des juges, d’instruction, de liberté, de référé, du conseil d’État, au service de l’ordre établi ? Qui pourrait y croire ?
Sinon ceux qui se souviennent des milliers d’emprisonnés lors de comparutions immédiates ahurissantes lors des gilets jaunes. Sinon ceux qui ont vu la hargne qui présidait à l’embastillement des jeunes noirs et arabes qui ont eu l’outrecuidance de manifester leur horreur après l’assassinat de Nahel par des policiers l’été dernier. Sinon ceux qui se rappellent que des milliers de perquisitions de familles musulmanes et des interrogatoires de gosses de 6 ans ont été validés par des juges sous couvert de politique antiterroriste. Sinon celles et ceux qui se sont élevés à raison contre les dissolutions d’organisations antiracistes, interdites d’exister parce qu’elles osaient s’élever contre l’islamophobie, menacées parce qu’elles soutenaient un peu trop haut la lutte de libération nationale en Palestine.
Et quand bien même on se féliciterait de la récente suspension de la dissolution des Soulèvements de la Terre, rappelons-nous que ce n’est pas moins de 50 arrestations au sein des « milieux écologistes », menées par la Sdat et d’autres, qui ont été ordonnées par des juges le printemps dernier, avec la promesse que de nouvelles soient menées à l’automne. Que l’ampleur de la surveillance à laquelle est soumise le mouvement écologiste français est proprement effrayante.
On parle beaucoup, à raison, ces jours-ci de la radicalisation croissante du corps policier, de son autonomisation comme de son pouvoir sur les différents gouvernements. Mais on fait peu de cas de la radicalisation des magistrats, qui entérinent, alimentent, construisent des procédures iniques.
Les dissolutions, les interdictions de manifester, le matage des révoltes à coups de dossiers pourtant vides lors de comparutions immédiates, la surveillance généralisée tout comme les procédures judiciaires qui interdisent de militer, menés ou validés par des juges, sont autant des moyens d’empêcher les gens de contester les politiques racistes, écocides et néolibérales menées actuellement.
C’est bien la responsabilité du corps judiciaire qu’il faut interroger dans le tournant autoritaire en cours. Et c’est fort de cette conviction que nous irons soutenir nos camarades encore mis en examen suite à la plainte d’Antoine Oziol de Pignol, militant néonazi, qui aime bien chasser les arabes, et écouté par les juges.