Massacre de Rabaa : le rapport que les autorités égyptiennes ne veulent pas qu’on lise

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Le massacre de Rabaa du 14 août 2013 et les tueries de masse de manifestants en Égypte font l’objet d’un rapport détaillé de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch qui les qualifie de « probables crimes contre l’humanité ». Une délégation de l’organisation, avec à sa tête son directeur Kenneth Roth, devait se rendre au Caire pour présenter les résultats de son enquête. L’entrée du territoire lui a été interdite.

Human Rights Watch (HRW) publie dans son rapport All According to Plan : The Rab’a Massacre and Mass Killings of Protesters in Egypt1 le compte-rendu minuté d’une journée qui marque un tournant dans l’histoire récente de l’Égypte et de ce qui l’a précédé. Le 14 août 2013, en effet, sur la place de Rabaa Al-Adaweyya au Caire, au moins 817 Égyptiens ont été tués en douze heures (le chiffre avoisine probablement le millier).

Après la destitution par l’armée de Mohamed Morsi, premier civil démocratiquement élu, ses partisans organisent deux grands sit-in au Caire, sur les places Rabaa et Al-Nahda. «  Des dizaines de milliers de manifestants pro-Morsi, en grande majorité pacifiques, notamment des femmes et des enfants, ont tenu un sit-in du 3 juillet au 14 août afin de demander la réintégration du président déchu par le coup d’État militaire  », explique HRW. Avant d’être évacués. Le rapport détaille comment «  l’un des plus importants massacres de manifestants de l’histoire récente  » a été planifié au plus haut sommet de l’État.

Une tuerie programmée

14 août, 5 h 30. La place est encerclée par la police et l’armée. Des messages diffusés durant quelques minutes demandent aux 20 000 personnes installées à Rabaa2 de s’en aller. La plupart ne les entend pas ou n’y prête pas attention : depuis des jours, les autorités préviennent que les lieux seront vidés, mais sans donner de précisions. Estimant être dans leur droit de s’opposer pacifiquement à la destitution du président, les manifestants veulent rester. Mais toutes les issues sont bientôt bloquées par des véhicules blindés de transport de troupes. Le dispositif est lourd : bulldozers, troupes au sol, snipers, tireurs d’élite installés dans des hélicoptères. À 6 h 30, l’assaut est lancé. Le piège se referme sur les manifestants. «  Les forces de sécurité utilisent des balles réelles et visent la tête, le cou, et la poitrine.  » L’hôpital et le personnel de santé sont eux aussi ciblés. La mosquée dans laquelle des femmes et enfants ont trouvé refuge est incendiée : le gouvernement accusait les manifestants d’y avoir mis le feu. HRW dément et dénonce «  l’usage d’une force meurtrière sans discernement  ». Plus de 800 manifestants sont arrêtés, certains d’entre eux «  battus, torturés et exécutés sommairement  ». Les cadavres s’amoncellent. Des vidéos montrent des bulldozers qui leur roulent dessus. Des corps brûlés. Des charniers. HRW accuse au moins douze personnes d’avoir «  suivi un plan qui prévoyait des milliers de morts  ». Dont le général Abdel Fattah Al-Sissi, à l’époque ministre de la défense.

Considérant que les Égyptiens avaient répondu à son appel de lui manifester leur soutien dans sa «  lutte contre le terrorisme  », le général Al-Sissi a lancé les dispersions de sit-in après plusieurs semaines de campagne à l’encontre des manifestants. Le discours sur les pro-Morsi est similaire à celui tenu sur les révolutionnaires de la place Tahrir en 2011 : ils sont accusés d’être instrumentalisés et payés, de gêner la circulation et de porter atteinte à la sécurité nationale.

Images du massacre, Human Rights Watch – YouTube

«  Pendant des semaines, le premier ministre, les ministres de l’intérieur et de la défense et d’autres représentants du gouvernement ont indiqué qu’un dispersion forcée était nécessaire.  » Mais ce qui retient particulièrement l’attention de HRW, ce sont les déclarations publiques des ministres qui, avant le démantèlement, prévoyaient déjà un nombre de victimes très important.

«  Le ministère de l’intérieur avait tablé sur un bilan allant jusqu’à 3 500 tués. Le ministre Mohamed Ibrahim — qui a dit avoir passé “un très grand nombre de longues journées à discuter de tous les détails de la dispersion” — a déclaré avoir prévu des pertes de l’ordre de 10 % des personnes présentes, admettant que le sit-in en avait réuni “plus de 20 000”. Le premier ministre Hazem al-Beblawi commentera en septembre : «  On s’attendait à bien pire. Le bilan final est inférieur à nos prévisions  ». L’un «  des plus grands massacres de manifestants en une seule journée de l’histoire récente à l’échelle mondiale  » est considéré comme «  une réussite  ». Pour HRW, «  une douzaine de hauts responsables de la chaîne de commandement  », «  en particulier le ministre Mohamed Ibrahim, le ministre de la défense de l’époque, qui a tenu un rôle de commandement sur les forces armées, l’actuel président Al-Sissi et le chef des forces spéciales à la tête de l’opération Medhat Menshawi devraient faire l’objet d’une enquête afin d’établir leur rôle dans ces tueries  ».

Des crimes impunis

Si le rapport précise que les manifestants ont pu détenir des armes et ont riposté, notamment avec des cocktails molotov, il ne met pas sur le même plan leurs violences et celles des forces de l’ordre qui ont débuté les hostilités. Ibrahim a déclaré que quinze armes à feu avaient été saisies, ce qui conforte l’organisation de défense des droits de l’homme dans son propos. HRW détaille tous les arguments à l’encontre des manifestants pour en revenir à la même conclusion : rien ne peut justifier un tel usage de la force. Et confronte les déclarations et conclusions du ministre de l’intérieur et les faits, mettant ainsi en évidence, preuves accablantes à l’appui, les contradictions.

Elle rappelle aussi le contexte : propagande médiatique à l’égard des soutiens de Morsi, arrestation massive de Frères et de Soeurs musulman-e-s et de tout opposant, liberté de la presse restreinte, interdiction de manifester, dissolutions d’associations, procès de masses, milliers de personnes détenues, peines de morts massives. L’attaque de Rabaa n’est pas un événement isolé. Le démantèlement de Al-Nahda a été mené selon les mêmes méthodes et six manifestations entre le 5 juillet et le 17 août 2013 ont été sévèrement réprimées. 1 150 personnes ont ainsi été tuées en deux mois par les forces de sécurité.

Kenneth Roth dénonce l’impunité de ceux qui dirigent encore le pays et sont impliqués dans «  ces probables crimes contre l’humanité  ». HRW demande une enquête internationale et des réactions fermes de tous les pays, rappelant que l’Union européenne et les États-Unis continuent à fournir des armes et d’autres équipements à l’Égypte.

Si ces violences sont spectaculaires, les conclusions de ce rapport sont, elles, familières : depuis la révolte de 2011, les autorités, les forces de police et l’armée ont pris l’habitude de réprimer sévèrement toute opposition. Dans une totale impunité.

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L’état sioniste veut briser les grèves de la faim des prisonniers palestiniens

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Israël intensifie sa répression sur les prisonniers grévistes de la faim en les privant de leur droit de rencontrer leurs avocats.

Plus de 100 prisonniers, selon Addameer, le groupe de défense des prisonniers, refusent toute nourriture en solidarité avec Bilal Kayed qui a lancé la dernière vague de grèves de la faim parmi les prisonniers, et qui a maintenant dépassé 57 jours sans alimentation. La semaine dernière, Kayed a annoncé qu’il refusait tout traitement médical jusqu’à ce qu’il soit libéré. Alors qu’il s’approche de deux mois sans la moindre alimentation, Kayed ressent de lancinantes douleurs dans le corps et de profonds engourdissements. Sa vision est devenue floue et il souffre de déshydratation. Sa peau a viré au jaune et se met à peler,  ses cheveux commencent à tomber. Physicians for Human Rights-Israël a déclaré qu’il courait à présent le risque d’un accident vasculaire cérébral.

Alimentation forcée

Un médecin du centre médical de Barzilai, où Kayed est détenu, a déclaré à l’avocat du prisonnier que si Kayed perdait conscience, il sera gavé de force.

Des médecins israéliens ont déjà auparavant alimenté de force des grévistes de la faim palestiniens. En janvier, alors qu’il s’approchait de 50 jours de grève de la faim, Muhammad al-Qiq avait été attaché à son lit d’hôpital et une équipe médicale lui avait administré de force des sels et minéraux par injection intraveineuse.

La déclaration de Malte de l’Association médicale mondiale interdit à la fois d’appliquer des pressions pour mettre fin à une grève de la faim et d’imposer un traitement médical forcé. Le protocole d’Istanbul de l’Organisation des Nations Unies souligne la nécessité pour les médecins d’obtenir le consentement conscient des patients avant de procéder à un traitement médical.

Le 9 août, à l’extérieur de l’hôpital Barzilai, les partisans de Kayed se sont affrontés avec des Israéliens d’extrême-droite dont certains criaient « mort aux terroristes », selon The Times of Israel. Les contre-manifestants auraient jeté des pierres sur la police quand celle-ci est intervenue.

Kayed proteste contre son incarcération en détention administrative – un emprisonnement sans inculpation ni jugement et sans limite de temps – après avoir purgé une peine de prison de près de 15 ans.

Détention sans inculpation

Une partie des grévistes de la faim réclament leur libération, étant eux-mêmes des prisonniers politiques placés en détention administrative pour des raisons gardées secrètes. Cette pratique largement exploitée permet à Israël d’emprisonner qui il veut sur la base d’accusations non divulguées.

Le 4 août dernier, le journaliste Omar Nazzal, membre du syndicat des journalistes et président de l’Union démocratique des journalistes palestiniens, s’est lancée une grève de la faim en signe de protestation à la fois contre sa détention sans limite de temps et en soutien à Kayed.

Le journaliste âgé de 53 ans a été kidnappé le 23 avril à la frontière avec la Jordanie, alors qu’il allait participer à une assemblée générale de la Fédération européenne des journalistes.

Marilyn Nazzal, l’épouse de Omar Nazzal, a rapporté que le service pénitentiaire israélien a immédiatement transféré le prisonnier dans une cellule en isolement après qu’il ait commencé sa grève.

Le 8 août, la Haute Cour d’Israël a rejeté l’appel de Nazzal pour sa libération, comme elle le fait régulièrement lorsque les prisonniers palestiniens font appel contre les ordres de détention administrative, lesquels sont émis par des tribunaux militaires.

Nazzal est représenté par un avocat de l’organisation Addameer, qui la semaine dernière a déclaré qu’ « il est notoirement connu et attendu que les tribunaux israéliens ne connaissent rien à la justice, mais il est de notre devoir de tenter de défendre Nazzal. »

Mais Nazzal a annoncé à présent que le Service pénitentiaire israélien l’avait menacé de le nourrir de force lors d’un transfert en-dehors de sa cellule d’isolement. Il dit avoir été traité « brutalement » et avoir été enfermé dans une camionnette de la prison pendant des heures, jusqu’à ce qu’il ait eu la sensation de suffoquer.

Deux frères en grève de la faim

Les frères Mahmoud et Muhammad Balboul continuent la grève de la faim qu’ils ont lancé le 5 et le 7 juillet contre leur détention administrative, alors qu’un tribunal militaire israélien a confirmé leurs ordres de détention plus tôt cette semaine.

Mahmoud, qui prépare son diplôme de maîtrise à l’Université Al-Quds, a été condamné à cinq mois de détention et Muhammad, un dentiste, à six mois de détention.

Les deux frères ont été kidnappés le 9 juin, deux mois après que leur jeune soeur, âgée de 14 ans, ait été elle-même kidnappée et accusée de posséder un couteau.

Les frères et leur jeune soeur sont les enfants d’Ahmad al-Balboul, un chef de file dans l’aile militaire du Fatah, les Brigades des Martyrs al-Aqsa, qui a été assassiné avec trois autres dirigeants palestiniens par un escadron de la mort israélien en mars 2008.

Al-Balboul a été assassiné après que lui-même et l’Autorité palestinienne aient échoué à obtenir un accord d’amnistie de la part d’Israël.

Chantage aux visites familiales

En réponse à la décision prise par le Comité international de la Croix-Rouge de réduire le nombre de visites familiales pour les détenus palestiniens de sexe masculin à une seule visite par mois, l’Autorité palestinienne a décidé de couvrir les dépenses pour maintenir la seconde visite mensuelle.

En mai, le CICR a annoncé qu’il allait réduire le nombre de visites familiales organisées dans les prisons israéliennes en raison de coûts élevés et de l’incapacité des familles de se présenter à des voyages réguliers. Les familles en Cisjordanie dépendent du CICR qui les aide à se procurer des permis de voyage pour visiter leurs proches détenus dans les prisons en Israël.

La Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer les prisonniers à l’extérieur d’un territoire occupé. Pourtant, à l’exception d’une seule, toutes les prisons israéliennes qui détiennent des Palestiniens sont situées à l’extérieur de la Cisjordanie.

Le CICR assure un transport essentiel aux familles qui doivent se déplacer jusqu’à sept heures de temps pour une brève rencontre avec leurs proches. Sans l’aide du CICR, le voyage pourrait leur coûter jusqu’à 250 dollars.

Fares Qadura, responsable du Club des prisonniers palestiniens, a déclaré cette semaine que l’Autorité palestinienne allait signer un accord avec le CICR, en promettant d’assurer les coûts chaque mois de la moitié des visites familiales dans les prisons chaque mois.

Mais avec ou sans l’aide du CICR, Israël peut de façon unilatérale annuler les permis de voyage des familles comme il l’a fait récemment à plus d’une douzaine de familles qui voulaient visiter des parents en prison.

11 août 2016 – The Electronic Intifada

* Charlotte Silver est une journaliste américaine indépendante vivant à San Francisco, et précédemment basée en Cisjordanie.

http://www.info-palestine.eu

De la même auteure :

Israël a démoli pour 74 millions de dollars de projets européens – 7 juin 2016

Israël multiplie les démolitions de maisons dans les territoires occupés – 8 avril 2016
Colonisation : les vols de terres en Cisjordanie atteignent des records – 2 avril 2016

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En Egypte, un photographe « oublié » en prison depuis trois ans

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Il hurle pour se faire entendre depuis le box des accusés insonorisé d’un tribunal du Caire. Le photographe Mahmoud Abdel Shakour a le sentiment « d’avoir été oublié » trois ans après son arrestation au plus fort de la répression en Egypte.

Le photojournaliste de 29 ans, primé à l’étranger pour son travail et connu sous le pseudonyme de Shawkan, avait été interpellé le 14 août 2013, alors qu’il couvrait au Caire la sanglante dispersion d’un sit-in de l’opposition islamiste par les forces de sécurité.

Pour les défenseurs des droits de l’Homme, le cas de Shawkan est l’un des nombreux exemples de la répression qui sévit en Egypte depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

 Des centaines de partisans du président Morsi avaient été tués le 14 août 2013, jour le plus meurtrier de l’histoire moderne de l’Egypte et l’un des plus sanglants dans la région depuis le Printemps arabe en 2011. Dix policiers ont également péri.« Je suis désespéré, je me sens impuissant. Le temps passe et je suis toujours en prison« , hurle Shawkan depuis la cage des accusés lors de son procès le 9 août.

Après des mois de détention provisoire, lui et 738 co-accusés sont jugés pour meurtre de policiers et résistance aux forces de l’ordre durant la dispersion du sit-in. Ils risquent la peine de mort.

« J’ai l’impression d’avoir été oublié en prison », déplore le photographe, lauréat en 2016 d’un prix prestigieux décerné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

« J’aurais voulu me réjouir, mais je ne peux pas. Reprenez le prix et redonnez-moi ma liberté! », lance Shawkan. « Chaque jour, je perds un peu plus espoir ».

Lors d’une audience, le jeune homme s’est plaint d’être détenu dans une cellule mal ventilée qui rend insupportable la chaleur de l’été. Sa famille assure en outre qu’il ne peut pas recevoir en prison les soins nécessaires pour traiter l’hépatite C dont il souffre.

‘Aucune preuve’

Shawkan couvrait la dispersion du sit-in pour l’agence photo Demotix. Trois journalistes ont été tués ce jour-là, dont le caméraman de la chaîne d’information Sky News Michael Deane.

« Il n’y a aucune preuve l’incriminant. Au contraire, on a de quoi prouver qu’il travaillait comme journaliste indépendant », affirme à l’AFP son avocat Karim Abdel Radi.

« C’est la pire période pour être journaliste en Egypte », assène de son côté Sherif Mansour, du CPJ, une ONG basée à New-York.

Ainsi, le chef du syndicat de la presse et deux de ses adjoints sont actuellement poursuivis en justice pour avoir abrité dans les locaux de l’institution deux journalistes accusés par les autorités d’avoir appelé à manifester contre le gouvernement.

Quelques mois après l’arrestation de Shawkan, l’Egypte avait déclenché un tollé international avec l’arrestation fin 2013 de trois reporters d’Al-Jazeera, dont un Australien et un Canadien. Traduits en justice, ils ont été condamnés à la prison avant d’être graciés par le président.

Un co-accusé de M. Shawkan, un journaliste de l’antenne arabophone d’Al-Jazeera, Abdallah ElShamy, avait été libéré en juin 2014 pour raisons de santé et avait quitté le pays, après cinq mois de grève de la faim.

Le président Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée architecte de la destitution de M. Morsi, est régulièrement accusé par les organisations de défense des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime ultra-répressif.

Des milliers d’opposants islamistes croupissent toujours en prison, tandis que des centaines ont été condamnés à mort en première instance. La répression cible également l’opposition laïque et de gauche, qui compte des dizaines de partisans derrière les barreaux.

« Je n’arrive pas à dormir la nuit, en sachant que mon fils est victime d’injustice », confie la mère de Shawkan, Reda Mahrous, les larmes aux yeux sur le lit du photographe, près de son portrait.

A son poignet, un bracelet vert fabriqué par son fils en prison. « Tous les jours, je fais son lit, j’attends qu’il frappe à la porte. Mais ça n’arrive jamais. »

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Algérie: Troubles sociaux

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La Gendarmerie nationale donne l’alerte

La gendarmerie nationale met en garde contre la situation «préoccupante» sur le front social, malgré une amélioration constatée durant le deuxième trimestre 2016.

«Malgré la diminution constatée, la situation sociale reste préoccupante et demeure marquée par la récurrence des contestations à caractère social», constate la gendarmerie dans son bilan du 2e trimestre de l’activité de sécurité publique générale et de police judiciaire. Selon le document rendu public lundi, la situation sur le front social a été caractérisée par l’enregistrement de 429 cas de troubles à l’ordre public, soit cinq par jour, ainsi que 691 cas de conflits sociaux.

«L’analyse comparative par rapport à la même période de l’année précédente fait ressortir une hausse de 78% pour les conflits sociaux et une baisse de 14% pour les attroupements. Dans ce cadre, les unités de la gendarmerie nationale ont exécuté 23 réquisitions, dont 11 avec les moyens de maintien de l’ordre, soit une hausse de 15% par rapport au 2e trimestre 2015», précise le bilan de la gendarmerie.

Les causes principales de ces mouvements sont essentiellement l’accès à l’emploi et au logement, l’alimentation en eau potable, le raccordement aux réseaux d’assainissement, de distribution de l’électricité et du gaz, l’amélioration des conditions de vie en général.

Les wilayas concernées par la délivrance des réquisitions sont situées principalement au centre et à l’Est : Médéa, Alger, Boumerdès, Aïn Defla, Blida, Batna, Annaba, Guelma, Skikda, Mila. Ne se contentant pas, pour une fois, de détailler les causes des troubles à l’ordre public, ce corps de sécurité placé sous la tutelle du ministère de la Défense nationale estime que les revendications sociales doivent être «une priorité» des pouvoirs publics.

«Ces préoccupations doivent être considérées comme une priorité des pouvoirs publics, qui n’ont ménagé aucun effort pour atténuer l’intensité des foyers de tension», constate la gendarmerie, qui étonne par sa franchise inhabituelle. Selon le rapport de la gendarmerie, la paix sociale a connu une «amélioration» qui se traduit essentiellement par la régression des attroupements et des contestations sociales.

«Ce calme est le résultat de la réaction des pouvoirs publics à la prise en charge effective des préoccupations à caractère socioéconomique exprimées par les populations», lit-on dans le document, qui explique que cette régression est due notamment aux «efforts consentis par les unités de la gendarmerie sur le plan préventif, et ce, par le travail d’anticipation et la transmission de l’information aux autorités administratives en temps opportun». (…)

Nadir Iddir El Watan, 10 août 2016

http://www.algeria-watch.org/revolte/gendarmerie

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La population fête la libération de Manbij

Ce 12 août, les Forces Démocratiques Syriennes, alliance de forces arabes et kurdes où combattent les YPG / YPJ, ont libéré la ville de Manjib, au nord de la Syrie, des obscurantistes de Daesh. La population a fêté sa libération avec des femmes brûlant des niqab, fumant en public ou des hommes se rasant la barbe.

A girl reacts while walking with women after they were evacuated with others by the Syria Democratic Forces (SDF) fighters from an Islamic State-controlled neighbourhood of ManbijWomen carry newborn babies while reacting after they were evacuated by the Syria Democratic Forces (SDF) fighters from an Islamic State-controlled neighbourhood of ManbijA woman embraces a Syria Democratic Forces (SDF) fighter after she was evacuated with others by the SDF from an Islamic State-controlled neighbourhood of ManbijTOPSHOT - A member of the Syrian DemocraA Syria Democratic Forces (SDF) fighter helps civilians who were evacuated by the SDF from an Islamic State-controlled neighbourhood of ManbijA man cuts the beard of a civilian who was evacuated with others by the Syria Democratic Forces (SDF) fighters from an Islamic State-controlled neighbourhood of ManbijA woman sets fire to a niqab after she was evacuated with others by the Syria Democratic Forces (SDF) fighters from an Islamic State-controlled neighbourhood of Manbij

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Des prisonniers palestiniens en grève de la faim

Palestine : prisonniers en grève de la faim – YouTube Réalisation : Chris Den Hond

La détention administrative, un héritage britannique

Juillet-août 2016 : des centaines de prisonniers palestiniens se sont mis en grève de la faim contre le système de la détention administrative israélienne.

Interview de Sahar Francis, directrice d’Addameer, association palestinienne de défense de prisonniers, avec images de manifestations de soutien aux grévistes.

Orient XXI, vendredi 12 août 2016

http://www.france-palestine.org/Des-prisonniers-palestiniens-en-greve-de-la-faim

http://orientxxi.info/

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Calvaire pour 477 ouvriers sénégalais en Arabie Saoudite

Sen 360, 12 août 2016 :

Quelque 477 ressortissants sénégalais, travaillant dans le secteur du bâtiment, en Arabie Saoudite, vivent un véritable calvaire dans le royaume hachémite où ils sont bloqués depuis plusieurs mois , après avoir été littéralement jetés à la rue par leur employeur, la société saoudienne «Saudi Oger », qui leur devrait quelque huit mois de salaire, rapporte le quotidien dakarois Le Populaire, dans sa livraison de ce jeudi 11 aout.

Selon M. Arona Souaré, le porte-parole du groupe, joint au téléphone depuis Djeddah par Le Populaire, ce n’est qu’à la veille de la fête de la Korité que les responsables de cette entreprise, qui emploie près de 31.000 personnes à travers tout le royaume, sont venus leur signifier leur incapacité à leur régler les huit mois d’arriérés de salaires, et cela au terme de souffrances indicibles endurées dans l’attente de la paie.

«On est parti voir le Consul du Sénégal à Djeddah, monsieur Kane, parce qu’on ne savait pas quoi faire. Car, même manger est devenu un casse-tête. Et là, les choses ont empiré puisque notre employeur nous a proprement jetés à la rue», narre Souaré dans les colonnes du journal.

Sur cet effectif de 477 personnes, précise notre malheureux compatriote, on dénombre 242 qui résident à Djeddah, 184 à Riyad et 51 à Dammam. La quasi-totalité de ces travailleurs sont livrés à eux-mêmes et leur employeur se refuse même à assurer la restauration quotidienne qui figure pourtant bel et bien sur leur contrat d’embauche.

Au vu de ce qui apparait comme un nouveau drame vécu par nos compatriotes, et après la triste affaire Mbayang Diop, qui a récemment défrayé la chronique, on peut se poser bien des questions sur le bienfondé et la pertinence des déclarations du ministre des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye, faites, mardi dernier, lors de la présentation de la «Revue diplomatique du Sénégal», n’hésitant pas à ranger le pays qui abrite les lieux saints de La Mecque parmi les’ «quatre piliers fondamentaux de la diplomatie sénégalaise»!

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