Liban: nouvelle démission de ministre et nouveaux heurts à Beyrouth

Dans les rues de Beyrouth, les manifestants étaient de retour dimanche 9 août 2020.
Dans les rues de Beyrouth, les manifestants étaient de retour dimanche 9 août 2020. Goran Tomasevic/Reuters
Texte par : RFI

Après la manifestation qui a eu lieu samedi 8 août dans le centre-ville de Beyrouth et qui a rassemblé des milliers de protestataires dans un climat de très forte tension, des centaines de Libanais sont à nouveau descendus dans la rue dimanche pour crier leur colère contre la classe politique, après la double explosion qui a ravagé la ville. Deux ministres ont démissionné dimanche, suivis du ministre de la Justice ce lundi.

Avec notre envoyé spécial à Beyrouth, Pierre Olivier et notre correspondant, Paul Khalife

Dimanche 9 août, en fin de journée et pour le deuxième soir consécutif, les abords de la place des Martyrs de Beyrouth ont été le théâtre d’affrontements entre quelques centaines de manifestants et les forces de l’ordre. Selon la chaîne de télévision locale LBCI, un policier en civil a tiré à plusieurs reprises avec un fusil d’assaut, sans faire de victime.

► À lire aussi : Liban: la communauté internationale s’accorde sur une aide de plus de 250 millions d’euros

Vers une démission collective des ministres ?

Depuis l’explosion meurtrière de mardi 4 août, la rue tient pour responsable les dirigeants de la classe politique du Liban et demande qu’ils laissent leur place. Au cours de ces derniers jours, neuf députés de différents blocs parlementaires ont démissionné. Et ce dimanche, la ministre de l’Information, Manal Abdel Samad, et le ministre de l’Environnement et du développement durable, Damianos Kattar, ont rendu leurs sièges.

 

« Je m’excuse auprès des Libanais, nous n’avons pu répondre à leurs attentes », a déclaré Manal Abdel Samad dimanche devant la presse au moment de l’annonce de sa démission. Quelques heures plus tard, le ministre de l’Environnement et du développement administratif, Damianos Kattar, annonçait lui aussi son départ du gouvernement « face à l’énorme catastrophe (…) et (…) un régime stérile qui a raté de nombreuses opportunités ».

Plusieurs médias libanais rapportent que d’autres ministres pourraient suivre leur exemple.Hassane Diab pourrait lui-même présenter la démission de son gouvernement à l’issue du Conseil des ministres prévu à 14 heures ce lundi 10 août, si sa proposition de loi pour la tenue d’élections législatives anticipées ne passe pas, rapporte notre correpondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Gouvernement d’union nationale

Le départ de neuf députés sur les 128 que compte le Parlement ne change pas la donne politique. À travers ces démissions, l’opposition veut mettre la pression sur la majorité parlementaire, constituée du courant patriotique libre chrétien proche du président de la République Michel Aoun, du Hezbollah, du mouvement Amal chiites et d’indépendants de diverses communautés. Le but est, là aussi, la tenue de législatives anticipées.

Le pays se dirige donc vers un vide au niveau du pouvoir exécutif. Et ce vide pourrait s’étendre au pouvoir législatif. La France, avec le soutien des pays occidentaux, pousse vers la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le président français Emmanuel Macron l’a clairement dit à Beyrouth. Mais cette idée ne fait pas encore l’unanimité entre les forces politiques. L’opposition appelle à un gouvernement neutre, ce que la majorité n’admet toujours pas.

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Présence militaire américaine en Tunisie : Un secret mal gardé !

Revue de presse : African Manager (7/8/20)*

Episodiquement, des fuites resurgissent, singulièrement de sources américaines et occidentales, pour signifier à ceux qui n’y croyaient pas encore que les Etats-Unis disposent d’un pied-à-terre militaire en Tunisie. Mais la question est à ce point sensible qu’à chaque fois, les autorités tunisiennes se dressent pour démentir systématiquement ce genre d’information dans ses différentes déclinaisons. Tout juste si elles concédaient qu’il s’agirait tout au plus de quelques instructeurs militaires hébergés dans un coin de caserne pour initier leurs vis-à-vis tunisiens au maniement d’équipements militaires et à la gestion de drones.

Ainsi continuaient à aller les choses jusqu’à ce que Grey Dynamics, « la société à la croissance la plus rapide dans le domaine du renseignement et de l’intelligence artificielle et de terrain » donne un coup de pied dans la fourmilière. Opérant comme elle le souligne « dans 64 Etats différents, principalement en Afrique, en Europe et en Asie à travers des analystes venant d’horizons divers », Grey Dynamics affirme que « malgré le déni des autorités tunisiennes et l’ambiguïté stratégique des autorités américaines, il est presque certain que la Tunisie abrite une base de drones politiquement sensible et des forces spéciales américaines, qui utilisent le pays pour opérer à travers l’Afrique du Nord ».

Elle explique que l’ambiguïté stratégique des Etats-Unis porte sur le stationnement de leurs troupes à travers l’Afrique, alors que « la réticence du gouvernement tunisien à reconnaître la présence militaire américaine active à l’intérieur de ses frontières l’est pour des raisons politiques ». « C’est un secret mal gardé que la Tunisie accueille la plus grande base de drones américains en Afrique du Nord. Les missions des drones sont menées depuis la base aérienne de Bizerte-Sidi Ahmed, dans le nord de la Tunisie », révèle Grey Dynamics. « Les États-Unis et la Tunisie affirment que les drones ne sont pas armés et qu’ils effectuent simplement des reconnaissances, principalement dans le but de sécuriser les frontières et de « coopérer et s’entraîner » avec les forces tunisiennes », précise-t-elle. « La deuxième composante majeure des opérations militaires actives est constituée par les missions en cours des forces d’opérations spéciales, dont on sait relativement peu de choses », indique Grey Dynamics.

Le fait d’armes anti- AQMI de 2017 !

Et la société de renseignement rappelle dans cet ordre d’idées, « l’échange de tirs en 2017 entre Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et les forces tunisiennes, soutenues par le Commandement des opérations spéciales de la marine…plusieurs Marines ont été récompensés pour leur bravoure ». « La version officielle américaine de l’histoire ne mentionne pas le pays exact en Afrique du Nord pour des « considérations de classification, de protection des forces et de sensibilité diplomatique », relève-t-elle.

« La base de drones de Bizerte-Sidi Ahmed et la lutte contre les incendies de 2017 illustrent la présence significative de l’AFRICOM en Afrique du Nord et mettent en évidence la façon dont l’AFRICOM aborde sa mission, en préservant la stabilité régionale et en renforçant les capacités et la résilience des pays d’Afrique du Nord », souligne encore Grey Dynamics, qui note que « la mission de l’AFRICOM en Afrique du Nord est de limiter l’instabilité causée par la seconde guerre civile libyenne. Cette mission a connu un certain succès ».

L’AFRICOM, une mission antiterroriste « efficace »

Le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) est la structure de commandement unifiée chargée de gérer toute l’activité militaire américaine en Afrique, à l’exclusion de l’Égypte, qui relève d’un commandement différent. En raison de la nature politiquement chargée et controversée de l’accueil du quartier général américain en Afrique, et pour des raisons de sécurité et financières, l’AFRICOM a son siège à Stuttgart, en Allemagne. L’Africom met également en œuvre une grande variété de projets, notamment le programme ACOTA (African Contingency Operations Training and Assistance).

L’AFRICOM lui-même décrit sa mission en Afrique du Nord comme étant celle de contenir la propagation de l’instabilité provenant de la Libye. Il affirme qu’il accomplira cette mission en renforçant la résilience et la capacité de sécurité des pays de la région pour contrer les menaces provenant de la Libye. Cette mission s’est avérée particulièrement efficace. Les attentats terroristes ont été limités à un nombre relativement faible en Algérie, en Tunisie et au Maroc, avec une coopération transfrontalière particulièrement efficace entre l’Algérie et la Tunisie.

Toutefois, la mission visant à contenir l’instabilité régionale n’a pas été un succès total. Le terrorisme de basse échelle niveau continue de sévir dans les pays d’Afrique du Nord. L’État islamique, bien que fortement affaibli, est toujours présent en Libye, conclut Grey Dynamics.

*Source :  African Manager

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Liban/France : Macron interpellé par la population de Beyrouth qui réclame la libération de George Abdallah

Hier, lors de la visite du président français, Emmanuel Macron à Beyrouth, plusieurs groupes de plusieurs dizaines de personnes ont chanté le nom de George Abdallah pour réclamer sa libération. Cette visite se déroule suite à la double explosion survenue dans la ville mardi 4 août. Emmanuel Macron prétend être venu apporter une aide humanitaire. Mais de nombreuses personnalités libanaises ont dénoncé un double discours néo-colonial soulignant que l’objectif de Macron est avant tout d’imposer des réformes structurelles au pays selon les besoins et les exigences du FMI. Le meilleur exemple de ce double discours est le maintien en prison par la France de Georges Abdallah. Plus d’infos ici.

Macron interpellé par la population de Beyrouth qui réclame la libération de George Abdallah
Macron interpellé par la population de Beyrouth qui réclame la libération de George Abdallah

https://secoursrouge.org/liban-france-macron-interpelle-par-la-population-de-beyrouth-qui-reclame-la-liberation-de-george-abdallah/

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“On est 25 personnes sans manger ni médicaments” : Grève de la faim en cours au CRA de Vincennes !

Ce vendredi 7 aout 2020, la moitié des prisonniers du CRA de Vincennes se mettent en grève de la faim ! Depuis la fin du confinement les prisonniers avaient gagné le droit à la cellule individuel – au moins le temps que la situation sanitaire s’améliore. Ca fait quelques semaines que les keufs de la PAF (Police aux frontières, les matons du CRA) mettent la pression pour qu’il y ait à nouveau deux prisonniers par cellules. Les expulsions continuent vers les pays où c’est possible (principalement vers la Roumanie et l’Albanie).

Cet après-midi, la direction du CRA à décidé d’enfermer tout le monde dans le même batiment (au CRA1 pour celleux qui voudraient appeler en solidarité !) obligeant les prisonniers à se mettre à quatre en cellule. Très rapidement un mouvement collectif de résistance se met en place : les prisonniers décident de ne pas manger, ni à midi ni ce soir. Ils comptent continuer les prochains jours aussi. Certains refusent meme les médocs ! Dehors les keufs qui gèrent l’entrée et les parloirs essayent de faire partir les proches en parlant de “suspicion de covid” et “d’attente de résultats de tests pour rouvrir les parloirs”. Les parloirs se tiendront quand même.
On relaye ici des paroles de prisonniers en lutte.

” On est beaucoup là, quatre dans chaque chambre, c’est trop ! Moi j’ai un problème de cardio je peux pas rester comme ça. Ils ont mis tout le monde dans le meme batiment, on est 60 personnes. Aujourd’hui on a pas mangé, midi et soir, on est en grève de la faim. On est 25 qui tiennent la route, les autres ont laché. Mais nous on baisse pas les bras, on va continuer. On est dans la merde ici. ”

” On est en grève, sans manger, on est 25 personnes sans manger ni médicaments. Y a pas de places dans les chambres, y a pas de place dans la chambre pour 3-4 personnes, certains doivent dormir au sol ou à l’extérieur. Y a des gens avec des enfants et tout, pourquoi on est là? On a parlé avec la police, mais rien, y a pas de respect, ils écoutent meme pas. C’est la hoggra voilà. C’est chaud, c’est incroyable. On a demandé pourquoi ils nous ont mis dans le meme batiment, personne sait ça. ”

“On fait la grève de la faim parce qu’ici c’est tous les jours pareils, parce qu’on est pas des chiens. Tous les jours les repas c’est la même chose. L’hygiène c’est la même chose: on a quasiment pas de shampoing ici et pas de gel douche. Et ils continuent de ramener des gens ici. Ici dans cette prison, souvent ils (les keufs) ils prennent quelqu’un et il l’amène là où il n’y a pas de caméra. Après il le tabasse. Tout le monde veut se pendre en fait ici. La police veut qu’on dorme à quatre personne par cellule maintenant, dont une personne par terre. Y a des gens ils préfèrent dormir dehors dans la promenade carrément. Et les juges font que nous laisser ici alors qu’y a pas de vols possible pour plein de pays.. dès qu’on arrive le juge nous met 28 jours. Pour tout ça on est en grève de la faim. On veut retourner aux cellules individuelles et qu’on respecte nos droits. Dehors il faut que les gens manifestent en même temps que nous pour que ça change !”

SOLIDARITE AVEC LES PRISONNIERS
EN LUTTE A VINCENNES

LIBERTE ET PAPIERS POUR TOU.TE.S !

a bas les cra
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Les autres pandémies dont les Saharaouis ont souffert et souffrent toujours

08.08.2020 – Madrid, Espagne Bahia Mahmud Awah

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

Les autres pandémies dont les Saharaouis ont souffert et souffrent toujours

Une autre pandémie nucléaire a frappé l’Algérie dans son désert et elle est dans la mémoire des victimes des habitants du Sahara occidental pendant sa période coloniale. Cette pandémie s’est manifestée par de la fièvre, des convulsions, des irritations, l’effondrement des voies respiratoires et la cécité que les Sahraouis ont connue s’est produite pendant le mois de février 1960.

Les essais atomiques effectués par la France colonialiste dans les années 1960 dans le sud de l’Algérie, dont les effets pourraient atteindre plusieurs pays africains ainsi que l’Espagne, ont tué de nombreuses familles et animaux dans la partie nord-est et orientale du Sahara occidental, qui était une colonie espagnole.

Ce thème des essais atomiques apparaît dans mon livre  » Rêve de revenir  » (Sueño de volver) lorsque j’écrivais l’histoire de la famille du leader étudiant sahraoui Hanafi Ould Mohamed Chej. Ce même thème a également été rappelé en 2010 par le journaliste Ignacio Cembrero dans El Pais :  » La première bombe française a été larguée le 13 février 1960. L’impact radioactif s’est étendu à toute l’Afrique de l’Ouest, s’est étendu du sud à l’Afrique centrale et au nord, s’est étendu le long de la côte espagnole et en Sicile « . Mais avant cela, une autre pandémie est également dans la mémoire des Sahraouis, elle s’est produite selon le calendrier pastoral sahraoui à Am Dega, correspondant au mois de décembre 1953. Des gens sont morts, chameaux, gazelles, loups, chacals, ânes, lapins, moutons et chèvres… cette année-là, la métropole a vacciné les gens de leur colonie et c’est pourquoi l’année pastorale a été appelée l’année du vaccin, c’est-à-dire Am Dega.

(…) Sur les traces de Hanafi, j’ai recueilli les témoignages de sa sœur Mgaili Mohamed Chej, de son neveu Mohamed Yeslem Uld Beisat, de son ami Boukhari Ahmed et de Paqui Burgos ; à travers eux, j’ai découvert l’histoire tragique de sa famille.

Son père, Mohamed Chej Uld Maatala, est mort l’année Am Tegal, aussi appelée Am Elhuma, c’est-à-dire l’année de la pandémie, qui serait 1956 selon le calendrier pastoral sahraoui. La plus jeune de ses trois filles, Naguha, est également morte des suites des radiations d’un essai nucléaire effectué par les Français à Irigan, dans le sud de l’Algérie.

Les peuples nomades du nord-est du Sahara occidental, à la frontière avec l’Algérie, ne connaissaient pas la raison de cette fièvre qui tuait les hommes et de nombreux animaux. Ils ont trouvé des gazelles mortes ou mourantes, alors ils ont décidé d’en rechercher les causes. Ils ont expliqué que ces animaux n’avaient aucune relation avec les humains par laquelle ils auraient pu être infectés par des maladies communes. Il y a toujours eu des sages parmi les nomades et ils ont découvert que les causes de cette fièvre rare et mortelle ont été produites par un essai nucléaire effectué par les Français. Ils l’ont bientôt relié à une détonation inhabituelle qui les avait terrifiés il y a longtemps. Nous parlons de la fin des années 1950. La nouvelle a commencé à se répandre par le bouche à oreille. La fièvre a causé la mort de nombreuses personnes et a forcé les Bédouins à se déplacer vers le sud, dans le Sahara, loin des frontières avec le pays voisin. Des années plus tard, les Sahraouis ont compris que c’était la fièvre de la défaite française en Algérie, la fureur coloniale contre la révolution algérienne qui a fait un million et demi de victimes. J’espère que cette pandémie de Covid-19 représentera la fin du néolibéralisme, de la même manière qu’il y a eu lieu la fin du colonialisme en Algérie et que cette fin du néolibéralisme sera le début d’autres temps nouveaux où les intérêts de l’être humain primeront sur la plus-value du capitalisme.
Les Sahraouis ont, à ce jour, un mort et trois personnes atteintes par le Coronavirus (Covid-19). Cependant, les Sahraouis souffrent d’une pandémie majeure, la pandémie de l’occupation marocaine. La terre et la culture débattent de l’existence ou non de l’occupation marocaine.

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Prolongation de la détention de Mahmoud Nawajaa

Israël vient de prolonger de 15 jours la détention administrative du coordinateur palestinien du Mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions)

Prolongation de la détention de Mahmoud Nawajaa

Et quand on dit 15 jours, on ne sait pas en réalité quand prendra fin cette détention arbitraire, car s’il n’y a aucune inculpation contre ce défenseur palestinien des droits de l’homme, il est de toute évidence coupable de non violence, ce qu’Israël déteste le plus au monde.

Enlevé à son domicile le 30 juillet dernier par l’armée d’occupation israélienne, il n’a toujours pas le droit de voir son avocat, qui de toute façon ne peut savoir ce qu’il est reproché à Mahmoud, puisqu’il n’y a pas d’inculpation…

C’est ça la démocratie israélienne !

CAPJPO-EuroPalestine

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Tunisie: des jeunes artistes de Tataouine soutiennent le mouvement Kamour

RFI-Publié le :

Audio 02:19

Manifestation pour demander la libération de protestataires arrêtés par la police, le 23 juin 2020 à Tataouine.
Manifestation pour demander la libération de protestataires arrêtés par la police, le 23 juin 2020 à Tataouine. FATHI NASRI / AFP

À Tataouine, dans le sud de la Tunisie, la révolte gronde depuis plus de deux mois. Après des manifestations dans la ville, des chômeurs ont investi une station de pompage à 100 kilomètres dans le désert et ont fermé la vanne du site pétrolier le 16 juillet, en protestation contre le manque d’action du gouvernement.

Il y a trois ans, ils avaient fait la même chose pendant plus de deux mois et avaient obtenu des accords promettant des embauches et une aide au développement de 25 millions d’euros. Peu de promesses ont été réalisées depuis selon leurs dires, mais à Tataouine, d’autres jeunes soutiennent le mouvement Kamour sans y participer directement. Ce sont de jeunes artistes qui tentent de travailler et de vivre de leur art dans une ville où le taux de chômage atteint les 30 %.

Le soir au centre-ville de Tataouine, Saber Kouiri, artisan-menuisier refait le monde avec ses amis dans son atelier… Les décorations murales en bois et les meubles inachevées sont éparpillés dans la pièce, au milieu de la sciure

« Ça, c’est une chaise en bois de palette. Avec le bois de palette, je fais de nombreux articles décoratifs, des chaises, des tables ou encore comme celui-ci des meubles d’entrée, des porte-manteaux. Je prends du bois déjà utilisé ou ancien et j’en fais un recyclage artistique. »

Cet ingénieur de formation aurait pu travailler dans le pétrole, qui représente dans la région près de 40 % de la production nationale. Mais il n’a pas eu de travail après avoir pourtant fait des démarches pour un contrat… Alors il s’est débrouillé pour se reconvertir… Cela n’a pas été facile de s’affirmer comme artiste, dans une ville où les jeunes ont peu accès à l’art ou la culture….

« C’est très difficile, à cause, des mentalités, les artistes souffrent beaucoup ici, car ils ne peuvent pas réellement exprimer leur créativité. Parfois, si tu fais quelque chose en pensant t’exprimer librement, quelqu’un peut venir te bloquer »

 

Comme les jeunes chômeurs du mouvement Kamour qui manifestent pour du travail, les artistes de Tataouine se sentent souvent marginalisés, mais certains veulent aussi être porteurs de solutions… Rami Labaar fait de la céramique… Il avait cette passion depuis tout petit lorsqu’il jouait avec l’argile… Aujourd’hui, il expose ses œuvres dans le pays et vit de son art… Il veut donner l’exemple à d’autres jeunes.

« Nous n’avons pas forcément choisi de travailler dans le milieu artistique ou d’être artistes, mais cela s’est imposé à nous, car nous avons pu supporter la pression face aux préjugés. Nous avons créé nos propres solutions en alliant ces métiers et en acceptant les difficultés financières qui vont avec »

Comme beaucoup de chômeurs du sit-in de Kamour, Faouzi Attallah, graffeur, ne croit plus vraiment en l’aide de l’Etat…Il ne la réclame d’ailleurs plus contrairement aux manifestants qui continuent de sortir dans la rue pour leurs droits.

« Les foires ou les événements culturels organisés par les ministères ne nous apportent pas grand-chose, et nous en sommes souvent exclus. J’ai appris à travailler par moi-même, dans ma chambre, dans mon atelier, et à promouvoir mon travail sur ma page personnelle sur les réseaux sociaux »

Entre débrouille et engagement, les artistes de Tataouine restent peu visibles derrière les mouvements de contestation qui secouent la région mais ils expriment aujourd’hui un même sentiment de révolte face à l’injustice sociale.

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Libye: l’organisation État islamique s’installe de nouveau dans la ville de Sabratha

RFI-Publié le :

L’organisation État islamique refait surface dans l’ouest libyen et revient à Sabratha pour s’y installer en masse. Ses membres en ont été chassés à plusieurs reprises depuis 2014 avant d’y revenir. Ils reprennent petit à petit possession de la ville.

La ville de Sabratha, à 70 km à l’ouest de Tripoli, non loin de la frontière tunisienne était en 2016 un centre important de l’organisation État islamique en Libye. Une frappe américaine avait alors visé le camp d’entraînement de l’EI à proximité de la ville, tuant une cinquantaine de jihadistes dont de nombreux Tunisiens.

Selon plusieurs témoignages d’habitants, les jihadistes ne se cachent plus dans Sabratha. Ils se sont à nouveau installés dans les deux camps (Al Tlil et Al Baraem) qu’ils occupaient auparavant en banlieue de la ville.

Situation ubuesque

D’après plusieurs analystes, la majorité de ces membres actifs en Libye ont été transférés par la Turquie pour combattre dans les rangs des forces de Fayez al Sarraj : à Sabratha, ils sont Libyens, Syriens, Égyptiens et Tunisiens. S’y ajoutent les centaines de jihadistes libérés des prisons de Sabratha et de Tripoli par les forces de Fayez al Sarraj après avoir chassé les forces de Khalifa Haftar en avril dernier. Ainsi que les jihadistes d’al Qaida et de l’EI qui avaient fui Syrte, Benghazi et Derna.

Pour les habitants, le plus absurde reste que la salle d’opération spécialement créée par Fayez al Sarraj à Sabratha pour lutter contre l’organisation État islamique est actuellement occupée par les jihadistes.

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Liban : « Israel » « sous le choc » : « une démonstration écoeurante d’hypocrisie »

C’est ainsi que Gideon Levy titre son article empreint d’humour noir, dans le quotidien Haaretz de ce jeudi

« Israël officiel s’est présenté comme choqué par la catastrophe qui a frappé son voisin, le Liban, hier. Presque tout le monde a un visage triste. À l’exception de Richard Silverstein, qui écrit un blog, Tikkun Olam, personne n’a accusé Israël d’être à l’origine de la catastrophe.

À l’exception de Moshe Feiglin et de quelques autres racistes, personne n’a exprimé de joie satanique à ce sujet. L’ancien porte-parole de l’armée israélienne Avi Benayahu a chassé Feiglin de la course: « Avec de telles déclarations, vous n’appartenez pas au peuple juif», a déclaré Benayahu, l’homme de « moralité juive », et la tache a été enlevée.

Benayahu a raison: l’État juif n’a jamais causé de telles catastrophes, et lorsque nos ennemis sont tombés, il ne s’est jamais réjoui. Les Forces de défense israéliennes, dont Benayahu a fait entendre sa voix, n’ont jamais causé de destructions et de dévastations, certainement pas au Liban, certainement pas à Beyrouth. Qu’est-ce que Tsahal a à voir avec la destruction des infrastructures ? Une explosion dans le port de Beyrouth? Pourquoi l’armée la plus morale du monde aurait-elle quelque chose à voir avec les bombardements de centres de population ?

Beyrouth sous les bombardements israéliens en 2006
Des milliers de civils tués par l’armée israélienne à l’été 2006

Et les dirigeants du pays se sont empressés d’offrir leur aide au pays des cèdres dévasté, un geste juif et israélien si typique, humain, élevé et émouvant au point de pleurer. Il est vrai que l’armée de l’air israélienne fait fi de la souveraineté du Liban et vole dans ses cieux comme si c’était le sien. Certes, Israël a dévasté le Liban à deux reprises pendant la guerre, mais qui compte ? Le président israélien a adressé une déclaration de condoléances au peuple libanais, le Premier ministre et les ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont déclaré qu’ils avaient «donné des instructions pour offrir une assistance humanitaire et médicale au Liban».

Comme si toute cette bienfaisance ne suffisait pas, le maire de Tel-Aviv a ordonné que le bâtiment de la municipalité soit illuminé aux couleurs du drapeau libanais. Toute haine passée a été « mise de côté », Israël est maintenant un ami de son voisin souffrant. C’était peut-être Tu B’Av, la fête de l’amour, marquée hier. Mais quand même, un vague souvenir menace de gâcher la fête et tant de démonstration de notre belle âme.

N’est-ce pas ce même ministre de la Défense qui, la semaine dernière, a menacé ce même Liban de détruire ses infrastructures ? Le Premier ministre n’a-t-il pas également menacé le Liban ? Et à quoi ressemble la destruction des infrastructures au Liban? Tout comme ce qui a été vu au Liban mardi. Le bruit du tonnerre a secoué la ville, une fumée noire s’est répandue dessus, des destructions et des ravages, du sang civil a coulé, 4.000 blessés aux portes de l’hôpital, comme l’a décrit avec horreur l’ambassadeur d’un pays européen à Beyrouth, qui avait auparavant servi en Israël. Elle a été blessée mardi dans l’explosion et était sous le choc.

La moitié d’Israël et l’ensemble de l’état-major de Tsahal savent comment réciter la célèbre doctrine Dahiya. Un politicien sur deux a menacé de l’exécuter. C’est notre langage avec le Liban et Gaza. C’est la doctrine adoptée par l’Israélien Carl von Clausewitz, ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, l’espoir actuel de la gauche israélienne, alors qu’il était chef du commandement du Nord.

Et quelle est cette doctrine sophistiquée ? C’est l’utilisation d’une force disproportionnée et débridée contre les infrastructures, la destruction et l’effusion d’un maximum de sang. « Aplatir », pour donner une leçon à l’ennemi «une fois pour toutes». L’armée israélienne a essayé cela plus d’une fois dans le passé, au Liban et à Gaza, et ce fut une réussite vertigineuse. Cela ressemble à ce qui a été vu à Beyrouth mardi.

Pas une semaine ne s’était écoulée depuis qu’Israël menaçait de détruire les infrastructures au Liban si le Hezbollah osait venger le meurtre de l’un de ses combattants lors d’une action militaire limitée à la frontière, et Israël le destructeur devient Israël le miséricordieux. Accepteriez-vous l’aide humanitaire d’un tel pays ? Y a-t-il une démonstration d’hypocrisie plus écœurante?

Quand Israël a démoli Dahiya et d’autres quartiers de Beyrouth, le bâtiment de la municipalité de Tel Aviv n’était pas illuminé des couleurs du drapeau libanais. Quand Israël a tué des milliers de femmes et d’enfants innocents, vieux et jeunes, à Gaza pendant l’opération criminelle ‘Plomb durci’ et l’opération ‘Bordure protectrice’, la municipalité n’était pas éclairée aux couleurs du drapeau palestinien. Mais mercredi, nous étions tous si humains, si libanais pour un moment. Jusqu’au prochain Dahiya.

Liban : Israel "sous le choc" : "une démonstration écoeurante d'hypocrisie"
Attaque israélienne au Liban en 2006

Par Gideon Levy

Source : Haaretz

CAPJPO-EuroPalestine

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Appel urgent Un activiste associatif kurde menacé d’expulsion vers la Turquie

Après avoir été condamné par la justice française pour de soi-disant liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un activiste associatif kurde est aujourd’hui menacé d’expulsion vers la Turquie, pays où il risque d’être arrêté et torturé.
Condamné en 2019 à deux ans de prison dont un an ferme, Mehmet Yalcin a dû porter un bracelet électronique pendant près d’un an. Il est actuellement sans papiers du fait du rejet de sa demande d’asile par l’OFPRA, rejet motivé par cette condamnation. Incriminé comme un vulgaire terroriste, privé de papiers, il est maintenant menacé d’être jeté dans la gueule du loup. 

Le 28 juillet dernier, cet homme marié, père de trois enfants (âgés de 2, 4 et 6 ans), résidant à Bordeaux depuis 2006, a été convoqué au commissariat où il a été immédiatement menotté et placé en rétention. A ce stade, tous les recours déposés par ses avocats ont été rejetés. M. Yalcin dont l’expulsion est prévue le 28 août prochain a fait savoir qu’il entamait une grève de la faim.

L’expulsion de Mehmet Yalcin vers la Turquie serait une violation grave de la convention européenne des droits de l’homme et de la Convention de Genève sur les réfugiés. La Turquie n’a rien d’un État de droit. L’orientation franchement autoritaire et répressive prise par le régime d’Erdogan au cours de ces dernières années le démontre largement.
Chaque jour, des militants politiques, élus, journalistes, avocats, syndicalistes sont arrêtés et emprisonnés en Turquie. La presse est muselée et les réseaux sociaux en passe d’être entièrement contrôlés par le régime. Par ailleurs, les cas de torture et de mauvais traitements sont en pleine recrudescence, comme le dénonce un rapport récent de l’ONG Human Rights Watch.
Depuis des années, la France mène des opérations contre les associations kurdes et leurs militants, prétextant leur proximité avec le PKK. Les militants associatifs kurdes sont poursuivis, condamnés, détenus. Et comme si cela ne suffisait pas, ils se voient interdire le territoire français, retirer leur statut de réfugié et placés sous FIJAIT, une sorte de contrôle judiciaire à vie.
Jusqu’où va aller la France dans ce harcèlement judiciaire et administratif à l’encontre des Kurdes ? Est-il interdit de militer sur le territoire français pour la reconnaissance des droits et libertés d’un peuple opprimé ?
La France doit cesser de se voiler la face. Les Kurdes et leurs activités ne représentent aucun danger, ni en France, ni ailleurs dans le monde. Le véritable danger, c’est le régime fasciste et autoritaire d’Erdogan qui gronde aux portes de l’Europe, ainsi que ses réseaux islamo-nationalistes qui prolifèrent ici et là.
Si la France veut lutter contre le terrorisme, comme elle le prétend, qu’elle agisse contre la Turquie et cesse son acharnement politique et judiciaire contre les Kurdes dont le seul tort est de résister face à la violence et l’oppression étatique.
Nous demandons instamment aux autorités françaises d’abroger les mesures d’éloignement prises à l’encontre de M. Yalcin et de lui accorder un droit de séjour afin que lui et sa famille puissent vivre en France dans des conditions dignes.
Nous appelons les partis politiques, les élus, les organisations de défense des droits humains et toutes les personnes indignées par cette situation à interpeller les autorités françaises pour empêcher l’expulsion de Mehmet Yalcin.

Conseil Démocratique Kurde en France
16 rue d’Enghien
75 010 Paris
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