A Gaza, la direction du Hamas paie elle aussi le prix du blocus

Le Mouvement de la Résistance Islamique (Hamas) est apparemment venu à bout des protestations qui ont secoué la bande de Gaza la semaine dernière, mais au prix de la perte d’une partie de la popularité dont il a joui jusqu’à présent au sein d’une population étranglée par plus de 10 ans de blocus israélien, analyse la journaliste du Haaretz Amira Hass.


(Une manifestation de soutien au Hamas, dimanche à Gaza, après la répression de mouvements de protestation)

Cette Israélienne est peu suspecte, et elle l’a montré tout au long de sa carrière, de complaisance, ni vis-à-vis bien sûr du régime de l’apartheid, ni de l’Autorité Palestinienne dont elle dénonce régulièrement la collaboration avec l’occupant. Ce n’est pas non plus, tant s’en faut, une adoratrice du Hamas, ses sympathies allant au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), dans les limites, pour ce qui est de son expression publique, de son statut de citoyenne israélienne (le FPLP, qualifié de « terroriste », étant aussi réprimé que le Hamas par le régime israélien).

Nous avons fait le choix de traduire l’article qu’elle vient de consacrer au territoire martyr. Il est publié ci-dessous.

« Le Hamas réprime les manifestations, au prix de sa propre popularité.

« Même si les manifestants n’osent plus descendre dans la rue, le gouvernement du Hamas s’est infligé à lui-même un coup sévère.

Amira Hass, Haaretz, 19 mars 2019

« Il semble que pour le moment, l’intimidation a produit ses effets. Le Hamas a réussi à stopper les manifestations. Mais le caractère immédiat et cruel de la répression de celles-ci en a choqué plus d’un, y compris parmi ceux qui prennent généralement le parti du Hamas face à l’Autorité Palestinienne, et qui imputent à la direction de Ramallah la responsabilité première –après celle d’Israël, bien entendu- de l’énorme détresse dont souffrent les habitants de la bande de Gaza.

« Le Hamas a montré la semaine dernière à quel point il craint la contestation populaire, dont le point de départ n’était pas nécessairement idéologique ou politique. On a tendance à croire que la direction du Hamas est plus sensible aux doléances du public que ne l’est la direction du Fatah. La situation étant ce qu’elle est, le Hamas a effectivement eu la possibilité de montrer que ce pouvait être le cas, et gagner le soutien y compris auprès de citoyens qui n’adhèrent pas à son idéologie. Mais ce capital de sympathie a été dilapidé.

« Répliquant à la répression des manifestations et à la détention de journalistes (23 d’entre eux ont été arrêtés la semaine dernière, et 3 étaient encore en prison lundi), un appel a été adressé à la presse, l’exhortant à boycotter la couverture de la prochaine Marche du Retour du vendredi 22 mars.

« ’Ce sera un test de la vigueur du mouvement des jeunes. S’ils ne manifestent pas vendredi et qu’ils laissent le terrain aux seuls sympathisants et militants du Hamas, ce sera une autre façon de montrer leur force, et la force de leur mécontentement’, déclare au Haaretz une habitante de Gaza.

 » En dépit du prix très élevé qu’ils ont payé, en termes de morts et de blessés, et de l’impact qui en a résulté sur le (dys)fonctionnement du système de santé, les Marches du Retour ont jusqu’à présent perçues comme une action ayant un sens pour les habitants encagés de la bande de Gaza, et un succès politique pour le Hamas, artisan d’une protestation qui a eu un retentissement mondial. C’est pourquoi la menace –quand bien même elle ne serait pas suivie d’effet- d’un boycott de celles-ci, est une manière de dire au Hamas que son monopole, comme force de résistance à l’occupation, n’est pas éternel.

« Le Hamas a montré qu’il était déterminé à s’accrocher au pouvoir qu’il détient sur la bande de Gaza, tout comme le fait le Fatah dans les enclaves de la Cisjordanie occupée où Israël lui délègue un pouvoir de police.

« L’AP organise à intervalles réguliers des manifestations bidon de soutien à Mahmoud Abbas en Cisjordanie. Eh bien, le Hamas a fait exactement la même chose ces derniers jours à Gaza, tout en empêchant la tenue de manifestations authentiques. Dimanche, il a ainsi voulu exploiter à son profit l’annonce de l’attaque contre des soldats et colons à proximité de la colonie d’Ariel (opération non revendiquée à ce jour, NDLR), tout en interdisant à ses opposants de descendre dans la rue.

« De fait, le mouvement des jeunes à l’origine des manifestations de la semaine dernière avait prévu une nouvelle action dimanche, mais cela n’a pas eu lieu.

« Les gens avec qui j’ai parlé m’ont pourtant donné l’impression de ne pas craindre de parler ouvertement de la situation.

« Des vidéos ont tourné, qui montrent la brutalité de la police du Hamas à l’encontre des protestataires, et ce malgré la confiscation de leurs caméras à de nombreux journalistes. Les vidéos prises avec des téléphones à moitié cachés sous des vêtements ou des sacs à main, rappellent celles issues d’autres manifestations non autorisées, comme on a pu en voir en provenance d’Iran, par exemple.

« On n’a pas de bilan du nombre total de personnes arrêtées, puis relâchées, et on peut douter de la possibilité de faire un calcul fiable. Pas plus qu’on ne sait combien de personnes sont encore détenues au moment où ces lignes sont écrites. Des cas de torture ont été évoqués, touchant y compris des participants réguliers aux Marches du vendredi. Mais nous ne pouvons pas confirmer ces rumeurs.

« Quand il n’y a pas liberté de la presse et que les journalistes ne peuvent enquêter correctement, le rôle des organisations de défense des droits humains présentes à Gaza n’en devient que plus important, notamment celui de la Commission Palestinienne Indépendante des Droits de l’Homme, (qui agit comme médiateur entre l’AP et le gouvernement de Gaza), le Centre Palestinien des Droits de l’Homme (PCHR), ou encore le Centre al-Mezan des Droits de l’Homme.

« On a là des organisations qui n’hésitent pas à critiquer l’AP, et qui bien entendu consacrent l’essentiel de leurs efforts à dénoncer les violations constantes, par Israël, du droit international.

« Au cours des attaques militaires israéliennes, les enquêteurs de terrain ont pris des risques considérables pour recueillir des témoignages et documenter les actions les plus dures de l’assaillant.

« Peu après la répression brutale des manifestations de jeudi dernier à Gaza, ces organisations ont publié des communiqués –en arabe et en anglais- ; elles en ont informé leurs homologues à Ramallah, et n’ont cessé d’envoyer leurs enquêteurs sur le terrain.

« Cela n’a pas plu au Hamas : sa police a attaqué deux responsables de la Commission Palestinienne Indépendante, Jamil Sarhan, et l’avocat Baker Turkmani. Cela s’est passé vendredi : les deux hommes se trouvaient au domicile d’un journaliste habitant le camp de réfugiés de Deir al-Balah, épicentre des manifestations actuelles. Les policiers du Hamas ont confisqué leurs portables, et les ont expulsés de la maison. Une fois dehors, alors que l’identité des deux hommes était connue de tous, d’autres policiers sont arrivés et les ont passé à tabac. Sarhan souffre encore d’une blessure à la tête.

« En outre, quatre chercheurs et un avocat appartenant à trois associations de défense des droits de l’homme (al-Mezan, Addameer, PCHR) ont été arrêtés samedi alors qu’ils recueillaient des témoignages, et emmenés au poste. Ils ont été relâchés au bout de quelques heures.

« Ces associations et leurs militants ont prouvé dans le passé qu’ils n’étaient pas du genre à se laisser intimider. C’est pourquoi la tentative du Hamas de les terroriser ne peut être qualifiée que de ridicule.

« On a enfin l’impression que la répression des manifestations a restauré, ne serait-ce que temporairement, le mur idéologique et passionnel qui, dans les années 1980, avant l’avènement du Hamas, séparait les formations nationalistes appartenant à l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) des organisations islamiques.

« Les Forces Nationales et Islamiques, une entité censée chapeauter les différents courants de la résistance palestinienne, s’est réunie vendredi et a demandé au Hamas de présenter des excuses publiques pour la manière dont il avait réprimé les manifs, et de libérer tous les manifestants arrêtés.

« Certes, cette entité ne représente a priori pas grand-chose, du fait que le Fatah et le Hamas ont refusé de longue date d’y siéger ensemble.

« Il ne faut pas pour autant négliger son importance. Par gros temps, elle conserve la capacité de réunir les responsables d’une majorité des partis et organisations, et constitue de ce fait une plate-forme permettant la reprise d’un dialogue et l’apaisement des tensions.

« Toutes les organisations ayant une assise nationale étaient présentes à la réunion de vendredi, à l’exception notable du Hamas et du Djihad Islamique. L’absence du Djihad Islamique à la réunion mérite qu’on s’y arrête : lors de phases antérieures de tensions aigues entre le Hamas et le Fatah, cette petite organisation avait opté pour la neutralité, et avait favorisé les efforts de réconciliation entre les deux grands. Là, il est permis d’interpréter leur absence à la réunion comme l’expression d’un soutien à la répression exercée par le Hamas, ou à tout le moins comme un signe de la dépendance du Djihad Islamique vis-à-vis de la grande organisation religieuse.

« Parmi les signataires de l’appel demandant des excuses au Hamas figure le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), qui a quasiment les mêmes positions que le Hamas lorsqu’il est question de critiquer les accords d’Oslo ou l’AP.

« Malgré son affaiblissement considérable, et le fait qu’il n’a plus de leaders en vue comme ce fut le cas il y a longtemps, il jouit encore de sa gloire passée, et sa prise de position sans ambages vendredi dernier a valeur de symbole.

« L’avenir nous dira combien de temps les protestataires seront dissuadés de descendre à nouveau dans la rue. Mais il est clair que dans la séquence qui vient de se dérouler à Gaza, le Hamas s’est porté à lui-même un coup sévère ».

https://www.haaretz.com/middle-east-news/palestinians/.premium-hamas-crushes-protests-at-cost-to-its-popularity-1.7039204

CAPJPO-EuroPalestine

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Le long chemin vers la fin de l’impunité des criminels syriens

Une cellule de la tristement célèbre prison de Saydnaya, où le régime syrien est accusé par Amnesty d’avoir pendu quelque 13 000 prisonniers entre 2011 et 2015. Archives AFPUne cellule de la tristement célèbre prison de Saydnaya, où le régime syrien est accusé par Amnesty d’avoir pendu quelque 13 000 prisonniers entre 2011 et 2015. Archives AFP

ÉclairageLes juridictions européennes s’activent pour pouvoir poursuivre des ressortissants syriens soupçonnés de crimes de guerre et contre l’humanité.

15/03/2019

L’impunité n’est pas une option. Depuis ces mots forts prononcés par la ministre des Affaires étrangères suédoise, Margot Wallström, en mars 2017, les nouvelles arrestations en Europe d’anciens membres de l’appareil répressif de Bachar el-Assad redonnent espoir aux victimes du conflit qui vient de passer la barre des huit ans. Un certain nombre de juridictions au sein des pays européens mènent actuellement des enquêtes sur des violations graves en Syrie, telles que des actes de torture et autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La Suède et l’Allemagne sont les deux premiers pays dans lesquels des individus ont été poursuivis et condamnés pour ces crimes. De quoi regonfler le moral de ceux qui dédient leur vie à traquer les criminels de guerre. « En trois ans, il y a eu beaucoup d’avancées. C’est un travail très complexe et de longue haleine, et il faut savoir qui attaquer en justice, les décideurs ou les exécutants. Les forces de sécurité du régime forment une pyramide très opaque », constate Almoutassim al-Kilani, juriste au sein du Syrian Center for Media and Freedom of Expression (SCM), une organisation syrienne qui participe aux enquêtes actuelles menées dans six pays européens. Même si les condamnations restent encore aujourd’hui très marginales au vu du nombre non quantifiable de crimes commis en Syrie et n’ont permis jusqu’à présent de mettre derrière les verrous que de « petits bonnets », ce constat pourrait toutefois inciter les victimes à sauter le pas et porter plainte. « C’est une brèche dans ce mur d’impunité totale », estime Nadim Houry, directeur du programme Terrorisme et lutte antiterroriste à Human Rights Watch, contacté par L’Orient-Le Jour. « À l’heure où le régime syrien sent un climat d’impunité et de victoire, cela envoie un signal fort que les crimes ne seront pas oubliés, qu’il ne s’agit plus de fichiers dans des ONG, mais qu’il y a des dossiers judiciaires et des noms importants de responsables sécuritaires, au cas où ils imagineraient mettre les pieds en Europe », poursuit Nadim Houry.

En février dernier, trois Syriens, soupçonnés de crimes contre l’humanité entre 2011 et 2013, ont été interpellés en Allemagne et en France dans le cadre d’une opération commune entre les deux pays, où ils avaient le statut de réfugiés depuis 2013. Abdoulhamid A., un ancien des services de renseignements arrêté en banlieue parisienne, est soupçonné d’avoir participé aux exactions commises contre les populations civiles par le régime syrien. Outre-Rhin, deux autres membres des moukhabarate ont été interpellés, rapidement présentés par les médias de l’opposition comme étant Anouar Raslan, un ancien colonel qui dirigeait à Damas le service enquête dans la « branche intérieure » dépendant des renseignements généraux dite « sécurité de l’État », ainsi que l’un de ses subordonnés, Iyad el-Gharib, qui opérait sur des barrages routiers pour arrêter les manifestants antirégime.

Mailles du filet

Selon les activistes qui participent aux enquêtes sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie, des dizaines, et peut-être des centaines de personnes réfugiées en Europe, seraient impliquées de près ou de loin dans des affaires liées à l’appareil sécuritaire et militaire du régime. « Des gens ont pu passer à travers les mailles du filet et arriver en Europe. Il y a eu un travail très intéressant au niveau des réseaux sociaux, des Syriens qui arrivaient en Allemagne et qui postaient par exemple “En me promenant dans la rue à Berlin, j’ai croisé un type, et je pense que c’est lui qui torturait mon frère quand j’étais en Syrie” », poursuit Nadim Houry. Ce n’est pas la première fois que des victimes et des suspects d’un conflit extérieur arrivent dans des pays européens. La même chose s’est produite après le génocide au Rwanda en 1994 et après la guerre des Balkans dans les années 1990, rappelle HRW.

Parmi les potentiels criminels qui espéraient refaire leur vie en Europe, beaucoup seraient des repentis. « Ils ne restent pas moins criminels, et seule la justice peut décider de leur sort », souligne à L’OLJ l’avocat syrien Anwar al-Bunni, du Centre syrien pour les recherches et les études juridiques. Connu pour être l’une des figures de proue de la défense des droits de l’homme de son pays avant la révolution de 2011, ce qui lui aura coûté cinq années de prison, il vit depuis 2014 en Allemagne d’où il poursuit son combat.

L’arrestation de Raslan a suscité une controverse parmi les opposants syriens, au motif que ce dernier avait fait défection en 2012 pour rejoindre leur camp, allant même jusqu’à participer aux pourparlers de Genève en 2014 en tant que membre de la délégation de l’opposition. « Ce n’est pas parce qu’il a changé de camp qu’il peut espérer passer sous les radars et ne pas rendre compte de ses crimes », estime Almoutassim al-Kilani. L’une des dernières personnes arrêtées serait liée au tristement célèbre dossier César (en référence au travail d’authentification réalisé par HRW, d’après les photographies de l’ancien médecin légiste syrien César), car il aurait été responsable d’un des centres de détention où les clichés de cadavres ont été pris.

La Suède a été le premier pays à juger un ex-soldat syrien en octobre 2017, reconnu sur une photo sur Facebook où il pose souriant, écrasant sa grosse chaussure sur la tête d’un homme mort, étendu au milieu d’une dizaine d’autres corps. Faute de preuves, il n’a pas été jugé pour meurtre, mais a toutefois écopé de huit mois fermes pour avoir violé la dignité de cet homme gisant à ses pieds. Quelques mois plus tôt, deux ressortissants syriens, un jihadiste ayant obtenu l’asile politique et écopé de la perpétuité, et un autre homme accusé d’avoir passé à tabac un soldat du régime, avaient été condamnés à huit ans de prison. « Nous espérons intenter des procès contre des membres de l’État islamique, d’al-Nosra (ex-branche syrienne d’el-Qaëda) et d’autres groupes jihadistes, mais le gouvernement syrien reste tout de même notre cible ultime », confie Almoutassim al-Kilani.

(Lire aussi : Assad e(s)t le chaos, le commentaire d’Anthony SAMRANI)

Veto russe et chinois

Si tous les protagonistes du conflit syrien ont déjà été accusés de crimes de guerre, particulièrement le régime et l’EI, aucune procédure judiciaire n’a pu être lancée sur le plan international. Dans un conflit armé, les actes de guerre sont régis par les Conventions de Genève et par le Statut de Rome, texte fondateur de la Cour pénale internationale. Ainsi, attaquer des civils, porter intentionnellement atteinte à un établissement médical, blesser ou tuer des soldats de maintien de la paix ou des humanitaires constituent des crimes de guerre. Mais la Syrie n’ayant pas adhéré au Statut de Rome, qui a créé la Cour pénale internationale, il revient au Conseil de sécurité des Nations unies de la saisir pour mener ses enquêtes. « Le Conseil a échoué trois ou quatre fois à transmettre le dossier syrien à la CPI à cause des veto russe ou chinois. Donc, nous avons l’intime conviction que cela n’arrivera pas », précise Anwar al-Bunni. Le seul recours des activistes et des victimes est de se tourner vers les pays européens sur la base de la compétence universelle, qui permet à un État de poursuivre les auteurs de certains crimes quel que soit le lieu où le crime est commis, et sans égard à la nationalité des auteurs ou des victimes. L’Allemagne, la Suède et la Norvège sont les seuls pays d’Europe dotés d’une juridiction universelle « pure » en matière de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide. « L’Allemagne est l’un des seuls pays qui est prêt à poursuivre des gens qui ne sont pas sur leur sol », explique Nadim Houry. Il y a moins d’un mois, Berlin a transmis aux autorités libanaises une demande d’extradition du chef des redoutables services de renseignements de l’armée de l’air syrienne, Jamil Hassan, qui se ferait soigner au Liban. Soupçonné d’avoir été un des principaux maîtres d’œuvre de la répression syrienne, Jamil Hassan est visé par un mandat d’arrêt international allemand pour crimes contre l’humanité. « On espère que d’autres pays dans la région, vu qu’il y a beaucoup de réfugiés syriens au Liban, en Turquie ou en Jordanie, vont aussi commencer à considérer ce type d’action, même si on est loin du compte aujourd’hui », estime Nadim Houry. L’espoir que le Liban coopère dans ce dossier est mince, de l’avis de certains activistes qui pointent du doigt l’influence importante du Hezbollah, allié du régime, sur la scène politique libanaise.

En octobre dernier, la France avait également émis des mandats d’arrêt internationaux contre Jamil Hassan, contre un autre responsable des services de renseignements de l’armée de l’air, mais aussi contre le chef du bureau de la Sécurité nationale syrienne, Ali Mamlouk. Les trois hommes sont accusés notamment de complicité de crimes contre l’humanité. Dans ce dossier, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire en 2015, après la découverte de l’arrestation d’un père et de son fils, Mazen et Patrick Dabbagh, une fois encore grâce à l’enquête « César ». Ces deux Franco-Syriens ont été arrêtés par les services du régime syrien en novembre 2013 et sont depuis lors portés disparus. Leur acte de décès a été publié en août 2018 par Damas.

« En 2018, outre les quatre dépôts de plainte en Allemagne, nous avons déposé des recours devant le procureur général à Vienne en Autriche en nous basant sur ce qui s’est passé dans des centres de détention de Homs, Hama, d’Alep et de Damas. Il y a également une plainte déposée en Suède concernant quinze centres à Tartous, Hama, Raqqa et Damas contre 25 accusés », précise pour sa part Anwar al-Bunni.

Surtout Ali Mamlouk et Bachar

Le témoignage des rescapés d’actes de torture, d’emprisonnement et surtout de violences sexuelles, qui, selon l’avocat, seraient extrêmement nombreuses, est la clef de voûte de tout le processus. « J’ai d’abord pensé écrire un livre, créer un projet en Europe, pour expliquer tout ce qui s’est passé. Mais voir qu’autant de monde espère renouer des relations diplomatiques avec le régime syrien comme si de rien était, alors qu’il n’y a rien de normal à cela, m’a poussé à porter plainte », raconte Imad*, un ancien détenu d’une prison de Raqqa, réfugié en Suède depuis 5 ans, contacté via une plateforme garantissant son anonymat total et sous la surveillance d’un conseiller juridique chargé de protéger ce témoin de l’affaire déposée au tribunal de Stockholm. L’histoire de Imad se confond avec celle de tant d’autres personnes qui ont souffert de la violence sans limite du régime. Fin 2012, le jeune étudiant prend part aux manifestations anti-Assad qui secouent Raqqa (Nord-Est), restée plusieurs mois en dehors de la vague révolutionnaire en raison du contrôle intense des tribus et des clans qui la contrôlent, restés fidèles au régime. Un jour où il protestait dans la rue avec son frère, les forces du régime ouvrent le feu sur les manifestants. « J’ai ramassé le corps d’un jeune de moins de 15 ans qui était en train de mourir, et des gens m’ont aidé à le cacher dans un immeuble pour éviter que la police ne l’achève ou le brûle. Mais ils nous ont attrapés et jetés dans un camion comme de vulgaires sacs poubelles. J’étais en dessous de cette pile humaine, je suffoquais. Les soldats hurlaient : “Qui a raison ?, “Bachar el-Assad !” Un d’entre eux a dit à son collègue d’avoir pitié de nous : “Ce sont des humains quand même.” Pour avoir osé prendre notre défense, ils l’ont déshabillé et jeté à l’arrière avec nous », se souvient Imad. Jeté dans un cachot où s’entassent des dizaines d’autres détenus, il subit des tortures physiques, notamment à l’électricité, et des tortures psychologiques. Après de longs mois de détention, il sera finalement libéré sous caution, faute de charges. « Les visages de mes tortionnaires ne sortiront jamais de ma tête », dit-il. Après s’être enfui en Turquie, il a obtenu l’asile en Suède d’où il a porté plainte. « En Europe, il y a des associations pour les droits des animaux, pourquoi nous n’aurions pas le droit nous aussi de ne pas souffrir ? dit-il. Je ne le fais pas pour moi, peut-être que je suis encore torturé psychologiquement, mais physiquement, je n’ai plus rien, je le fais pour les gens qui sont encore à l’intérieur. » Les personnes incriminées dans le dossier qui le concerne aux côtés d’autres victimes ne sont pas en Europe, mais en Syrie. « Le chemin vers la paix et la justice est très long. Mais l’absence de jugement est une graine pour une nouvelle guerre en Syrie », estime Almoutassim al-Kilani. Les récentes avancées sur ce terrain encouragent cependant activistes, avocats et victimes à exhumer les crimes commis avant le début de la révolution. « Quarante ans après le massacre de Hama, les gens sont prêts à témoigner. Et on espère que la justice se saisisse enfin du cas de Rifaat el-Assad », poursuit le juriste. Le frère de Hafez el-Assad, exilé en France depuis 1984, dirigeait les forces gouvernementales lors du massacre ayant eu lieu deux ans plus tôt et qui auraient coûté la mort à 10 000 personnes, selon les estimations les plus basses (40 000 selon d’autres sources). Une plainte a été déposée à son encontre en Suisse en 2013.À sa sortie de prison en mai 2011, Ali Mamlouk avait tenté personnellement de convaincre Anwar al-Bunni de « rester patriote ». L’avocat confiait à L’OLJ en juin 2017 espérer voir les responsables syriens punis « un par un. Surtout Ali Mamlouk et Bachar ». Tant qu’il sera à la tête de l’État, ce dernier reste à l’abri de toute poursuite pénale. « La justice en Europe, c’est mieux que rien, mais ce n’est pas celle qu’on veut. Il faudra un jour une justice syrienne rendue par les Syriens en Syrie », conclut Almoutassim al-Kilani.

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L’artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention

L'artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention

Le Mercredi 13 mars, les soldats israéliens ont arrêté le militant et artiste palestinien Hafez Omar à son domicile à Ramallah. Il est actuellement détenu au centre d’interrogatoire d’Ashkelon.

Mardi 19 mars 2019, le tribunal militaire israélien a prolongé sa détention. Hafez Omar est détenu au secret depuis son arrestation du 13 mars dernier.
Hafez Omar est un militant engagé, artiste et défenseur des droits de l’homme. Il est surtout connu pour son travail artistique primé et ses affiches soutenant les droits des Palestiniens, en particulier des Prisonniers palestiniens.

Lors de son audition hier devant le tribunal militaire, Hafez Omar a demandé à voir son avocat, qu’il n’a pas pu voir depuis son arrestation. Hafez a également précisé qu’il n’avait pas encore été informé des raisons de son arrestation. Représentant Hafez, l’avocat d’Addameer a informé le tribunal de ses graves préoccupations concernant la possibilité qu’Hafez soit soumis à des mauvais traitements ou à des actes de torture. L’avocat d’Addameer a également exhorté le tribunal militaire à exercer une surveillance plus efficace du processus d’interrogatoire, tout en lui demandant de ne pas prolonger sa détention.

L’arrestation d’Hafez Omar fait partie d’une politique systématique des forces d’occupation israéliennes visant les militants palestiniens, afin de supprimer les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Cette politique vise à empêcher les Palestiniens de faire face aux injustices quotidiennes de l’occupation militaire et à la lutte pour leurs droits.

Liberté pour Hafez Omar !

 

Liberté pour tou.te.s les Prisonnier.re.s palestinien.ne.s !

 

Ci-dessous, des exemples d’affiches par Hafez Omar. Retrouvez son travail sur The Palestine Poster Project

Source : Addameer

L'artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention
L'artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention
L'artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention
L'artiste et militant palestinien Hafez Omar toujours en détention
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Quand le clan Assad rackette ses propres partisans

Après la répression militaire, les Syriens subissent désormais des pressions économiques énormes qui créent un malaise profond, même dans les zones sous le contrôle du régime.

15/03/2019

Le régime syrien ne récompense pas ceux qui lui ont été loyaux. Bien au contraire. Alors que le conflit entre aujourd’hui dans sa neuvième année, le clan Assad, financièrement à genoux, a commencé depuis quelques mois à racketter la population qui vit dans les zones qu’il contrôle pour se maintenir au pouvoir.

Alors que les espoirs d’un début de reconstruction du pays ravagé par 8 ans de guerre s’amoindrissent de jour en jour et que le gouvernement syrien subit de plein fouet des sanctions internationales, ce dernier semble vouloir se venger sur sa propre population en leur infligeant des amendes astronomiques à payer pour subvenir aux besoins d’un régime qui ploie sous le poids d’une crise économique aiguë, malgré les victoires militaires sur le terrain réalisées grâce à ses alliées iranien et, surtout, russe.

Pour se maintenir au pouvoir, le gouvernement de Damas se sert d’un nouveau levier afin de remplir ses caisses en imposant des impôts faramineux à la population sous contrôle du régime.

Impôts, taxes et amendes

Plusieurs quartiers de la capitale ont subi ces derniers mois la visite du bureau de la protection du consommateur qui investit les magasins pour contrôler les prix. En cas de présence de marchandises dont on ne peut tracer l’origine et pour lesquelles il n’existe pas de factures, les responsables des magasins sont sanctionnés par d’imposantes amendes. Un commerce peut ainsi subir une double amende: en l’absence des justificatifs demandés, il est d’abord sanctionné par les douanes et devra, en sus, payer des amendes à l’État.

« Je connais plusieurs boutiques et petits commerces de quartier qui ont préféré mettre la clé sous la porte parce qu’ils ne peuvent trouver les sommes exigées », explique Farès*, un homme d’affaires syrien. Une supérette par exemple risque de payer jusqu’à 10 millions de livres syriennes, donc près de 20 000 dollars, en cas de problème avec des marchandises. Un montant énorme pour un petit établissement.

Les commerces sont également assujettis à des taxes forfaitaires. Or, celles-ci ont augmenté de 5 et 10 % depuis le début de l’année. À ces taxes, il faut ajouter l’impôt sur le revenu. En la matière, le ministère des Finances a adopté une règle d’évaluation et de calcul basée sur les profits anciens tout en jouant sur l’évolution des cours des change en sa faveur pour évaluer les profits actuels. Exemple: si, en 2011, avant le début de la guerre, une entreprise affichait un profit de 200 000 livres par an, cela revenait, à l’époque, à 40 000 dollars (1 dollar égalait 5 livres avant la guerre). Elle payait donc ses impôts sur cette base. Aujourd’hui, ces 40 000 dollars correspondent à 20 000 000 de livres syriennes, 1 dollar valant aujourd’hui 520 livres syriennes. L’État ayant décidé d’imposer une entreprise sur la base de son profit, en dollars, d’avant-guerre, le montant de l’impôt est décuplé. Un montant auquel il faut ajouter les pénalités pour les années de retard.

« C’est à pleurer, estime Mahmoud, un commerçant damascène partisan du pouvoir, contacté via WhatsApp par L’OLJ. Mais on ne peut rien dire. » « Si cela continue, je vais fermer boutique et je pense sérieusement quitter ce pays », ajoute-t-il.

(Lire aussi : Assad e(s)t le chaos, le commentaire d’Anthony SAMRANI)

L’inflation a également explosé ces dernières années. Le kilo de viande est désormais à 10 000 livres, alors qu’il était à 2 000 avant la guerre. Une bonbonne de gaz, en pleine guerre, coûtait 2 500 livres syriennes. Aujourd’hui, son prix officiel est de 8 000 livres, quand on en trouve une. En conséquence, c’est souvent sur le marché noir qu’il faut s’approvisionner pour un prix frôlant parfois les 16 000 livres la bonbonne, rapporte encore Mahmoud. La situation est d’autant plus dure pour les Syriens que, malgré la hausse des prix et la chute de la livre, les salaires n’ont pas augmenté en parallèle.Les Syriens subissent aussi de plein fouet des pénuries de plus en plus fréquentes de fioul et d’essence. Pour y pallier, l’État a créé des « cartes intelligentes » utilisées dans les stations-service. Une voiture a droit à 20 litres d’essence par semaine. Une famille a droit à 200 litres de fioul par mois.

Dans ce contexte, Georges, un marchand syrien ayant une entreprise à Damas et à Beyrouth, rechigne à retourner dans son pays. « Avec toutes les taxes que je dois payer et la cherté de vie qui devient insupportable à Damas, je pense sérieusement rester au Liban. D’ailleurs, dans mon domaine, il y a un embargo venant des fournisseurs européens. Et le pays est noyé désormais par des produits russes. Je n’ai plus rien à faire à Damas. » Signe de l’angoisse de la population, Georges préfère, de peur d’être reconnu, ne pas dire quel type de produit il vend.

Population mécontente

« Le régime et ses proches ont accumulé une richesse telle qu’ils peuvent à eux seuls reconstruire le pays », dénonce Farès, l’homme d’affaires. À part la clique traditionnelle autour de Bachar el-Assad, comme son cousin Rami Makhlouf, un nouveau cercle s’est constitué récemment, dont l’une des figures est l’homme d’affaires qui monte, Samer Foz, cible de sanctions américaines. Cette course aux richesses vise, d’une part à compenser les affaires des proches qui ont été touchés par des sanctions et, d’autre part, à financer les milices prorégime et acheter leur loyauté.

Avec la baisse d’intensité du conflit militaire, « nombre de miliciens se sont recyclés sur le marché noir en faisant de la contrebande de marchandises ou en » intermédiaires «, moyennant rémunération », pour les Syriens lambda qui cherchent désespérément un moyen d’atténuer le poids des nouveaux impôts, explique Farès.

Tout un système a donc été mis en place pour permettre aux proches du régime de continuer à s’engraisser aux dépens d’une population qui saigne de plus en plus.

Une stratégie non dénuée de risque pour le régime qui risque de noircir son image auprès des catégories qui lui sont pourtant favorables. « Même ses plus fervents partisans commencent à en avoir assez. Pendant les combats, ils avaient toujours espoir que le régime gagne et que la guerre s’achève. Aujourd’hui, l’avenir est complètement sombre. Les gens sont désespérés », affirme Farès. « Et le pire, c’est qu’ils ont vu les atrocités du régime envers la rébellion et les opposants à Assad. Personne n’ose donc ouvrir la bouche », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, à la périphérie des régions sous le contrôle du régime, le ras-le-bol commence néanmoins à se faire sentir. Dans la région de Hama, une patrouille des douanes a été empêchée, début février, par la population et des miliciens prorusses, d’entrer dans deux villages, Kamhana et Rabiaa, des régions traditionnellement prorégime, alors qu’elle voulait dresser des procès-verbaux à l’encontre d’entrepôts stockant des marchandises entrées illégalement de Turquie.

Et en début de semaine, des manifestations ont eu lieu à Deraa, berceau du soulèvement contre le régime de Damas en 2011. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre l’érection d’une statue de Hafez el-Assad. « Le régime dépense des millions pour fabriquer des statues au lieu de fournir des services à la population », avait indiqué, à L’Orient-Le Jour, un opposant sur place.

*Tous les prénoms ont été changés pour des raisons de sécurité

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Un prisonnier politique sahraoui entame une grève de la faim illimitée dans la prison marocaine Tiflet

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! الحرية جورج عبد الله

Liberté pour Georges Abdallah ! Beyrouth le 16 mars 2019

Son nom suffit…

Un rassemblement s’est tenu ce samedi 16 mars 2019 devant l’ambassade de la France à Beyrouth en soutien à Georges Abdallah.
Des centaines d’amis et de camarades sont venus exprimer leur indignation contre une injustice commise par les autorités françaises envers ce citoyen Libanais combattant pour la liberté. Car c’est bien pour cette raison que Georges Abadallah est détenu depuis 35 ans dont six dans l’illégalité la plus totale.
Une détention prolongée sous la pression explicite des États-Unis et d’Israël.
La justice française qui a demandé sa libération est renvoyée au placard. Georges Abdallah restera en prison. Sauf que de partout dans le monde des voix libres se font entendre, de plus en plus nombreuses, de plus en plus fortes et de plus en plus durables.
L’exigence de sa libération est omniprésente lors de toutes les mobilisations solidaires des peuples en lutte pour la liberté et la justice.
Georges Abdallah est devenu un symbole de résistance pour une génération entière de jeunes Libanais qui scandent son nom à chaque occasion qu’un dirigeant ou un représentant de la France est en déplacement au Liban.
Un nom qui claque comme une accusation et qui fait tomber tous les masques et dévoile les visages d’une France indigne de son histoire telle enseignée aux écoliers du Liban.
Un nom qui suffit à lui-même pour dire que quelque part, au pays de Voltaire, un homme libre est en prison.
Al Faraby
lundi, 18 mars 2019
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Syrie: le groupe EI mène des attaques dans des localités de la province de Homs

En Syrie, le groupe Etat islamique (EI) est sur le point d’être totalement chassé de l’est de l’Euphrate par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis. Mais à l’ouest du fleuve, contrôlé par les troupes gouvernementales syriennes et leurs alliés, les jihadistes font preuve d’un regain d’activité. Ce samedi, ils ont attaqué la ville de Sawannah, à l’est de Homs.

Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

L’attaque contre la ville de Sawannah, une localité située dans l’est de la province centrale de Homs, a été menée samedi matin par des jihadistes venus de la Badia, ce vaste désert qui s’étend jusqu’à la frontière avec l’Irak. Les assaillants ont pénétré par surprise dans la ville, ont tué au moins quatre civils et se sont retirés dans le désert avant l’arrivée des renforts de l’armée syrienne.

Un soldat russe et plusieurs militaires syriens avaient trouvé la mort, fin février, dans une embuscade tendue par des jihadistes près de la ville d’al-Mayadeen, sur la rive occidentale de l’Euphrate. Le nom du soldat, le 108e militaire russe tué en Syrie depuis 2015, a été rendu public cette semaine.

Le groupe Etat islamique a aussi multiplié les attaques aux alentours d’al-Sokhna, au nord-est de la ville antique de Palmyre. Des centaines de kilomètres séparent les régions où ces attaques ont été menées. Cela montre que le groupe extrémiste dispose de caches installées dans le désert.

C’est d’ailleurs vers la Badia que les rescapés de la poche jihadiste de Soueida, au sud-est de la Syrie, se sont repliés l’été dernier. C’est là aussi que près de 300 combattants fuyant le réduit de Baghouz ont trouvé refuge, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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