Un procureur pris en otage dans un tribunal d’Istanbul

Les forces spéciales de sécurité turques à proximité du tribunal d'Istanbul où un procureur est retenu en otage.

Une prise d’otage était en cours, mardi 31 mars dans un tribunal d’Istanbul. Des hommes armés séquestrent Mehmet Selim Kiraz, procureur chargé d’une enquête ouverte après la mort de Berkin Elvan, un adolescent de 15 ans mort le 11 mars 2014. Il avait passé deux cent soixante-neuf jours dans le coma après avoir été touché par le tir d’une grenade lacrymogène de la police à Istanbul lors d’une manifestation.

Des coups de feu ont été entendus lors de la prise d’otage, qui se déroule depuis la mi-journée dans une salle du 6e étage du palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne d’Istanbul. Une photo d’origine inconnue a été publiée sur le réseau Twitter et montre le procureur assis dans un fauteuil avec un pistolet braqué sur la tempe par un homme dont le visage n’apparaît pas sur le cliché, tandis qu’un autre homme présente à l’objectif la carte d’identité du magistrat.

D’importants effectifs de forces de l’ordre, dont une unité d’intervention, ont été déployés autour du palais de justice de Caglayan, où des négociations étaient en cours entre la police et les preneurs d’otage. Selon CNN-Turquie, le tribunal a été entièrement évacué dans l’après-midi.

Ultimatum

La presse turque a attribué l’opération au groupe marxiste clandestin Parti révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). Selon les médias, qui citent une déclaration publiée sur un site Internet proche du DHKP-C, le commando a menacé de tuer l’otage d’ici à 14 h 35 (heure de Paris) si les policiers responsables de la mort du jeune homme ne faisaient pas de « confession publique ». Aucun policier n’a cependant pour l’heure été formellement mis en cause dans l’enquête récemment ouverte sur cette affaire.

Les preneurs d’otage réclament que les agents lorsqu’ils seront jugés le soient par un « tribunal populaire » et que les personnes poursuivies pour leur participation à des manifestations de protestation contre la mort de l’adolescent soient acquittées, rapporte le journal Hürriyet.

« Le sang ne peut être lavé avec du sang »

Selon l’avocat turc Huseyin Aygun, qui publie ses propos sur Twitter, le père du jeune Berkin Elvan, a, lui, appelé à la libération du procureur : « Mon fils est mort, mais je ne veux pas que quelqu’un d’autre meurt (…) Le sang ne peut être lavé avec du sang. »

Le DHKP-C, connu pour avoir mené de nombreuses attaques en Turquie depuis les années 1990, a revendiqué l’attentat-suicide, le 6 janvier, contre un poste de police dans le quartier touristique de Sultanahmet, à Istanbul, comme une riposte à la mort de Berkin Elvan.

La mort de cet adolescent avait fait spontanément descendre dans les rues de toutes les grandes villes de Turquie des centaines de milliers de personnes. De nombreux manifestants ont encore commémoré sa disparition au début de mars. Le cas de Berkin Elvan est devenu un symbole de la violente répression exercée par le pouvoir en 2013 et celui de la dérive autoritaire que lui reprochent ses détracteurs. M. Erdogan l’avait publiquement qualifié de « terroriste ».

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