Prison à vie requise contre deux journalistes turcs

Libération, 27 janvier 2016 :

Le directeur et un journaliste du quotidien d’opposition «Cumhuriyet» sont accusés d’avoir divulgué des secrets d’Etat.

Le parquet turc a requis la prison à vie à l’encontre de deux journalistes réputés du quotidien Cumhuriyet, l’un des principaux journaux d’opposition du pays, accusés de divulgation de secrets d’Etat, a rapporté mercredi l’agence de presse Dogan.

Can Dündar, rédacteur en chef du journal, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara, sont incarcérés depuis le 26 novembre pour avoir diffusé une vidéo de l’interception, en janvier 2014 à la frontière syrienne, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant des armes destinées à des rebelles islamistes syriens.

Les procureurs du tribunal d’Istanbul ont requis à l’encontre de chacun des deux hommes une peine de réclusion à perpétuité aggravée, une autre de perpétuité ordinaire, et trente ans d’emprisonnement, selon le réquisitoire cité par l’agence Dogan. Selon l’agence, le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan et le chef des services secrets Hakan Fidan sont plaignants dans ce procès dont la date n’est pas encore connue.

Le président Tayyip Erdogan avait qualifié la diffusion de la vidéo par Cumhuriyet d’acte de «trahison» et promis lors d’un entretien à la télévision que Can Dündar allait «payer le prix fort». Selon l’acte d’accusation cité par Dogan, ils sont accusés d’avoir divulgué des secrets d’Etat «à des fins d’espionnage», d’avoir cherché à renverser le gouvernement turc «par la violence» et soutenu une «organisation terroriste armée». En attendant les deux journalistes restent incarcérés à la prison de Silivri, en banlieue d’Istanbul.

Le gouvernement turc est régulièrement épinglé dans les capitales étrangères et par les ONG de défense de la liberté de la presse, qui lui reprochent ses pressions de plus en plus importantes sur les médias.

Depuis le triomphe du Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan aux législatives de novembre, les autorités ont multiplié les opérations contre les rivaux du chef de l’Etat et les médias d’opposition.

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