Libye: le gouvernement d’union accuse la France de «violation» du territoire

L’annonce de la mort de trois Français tués en opération dans le pays a suscité de nombreuses réactions en Libye. Le Parlement de l’Est tempère, mais le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) a accusé Paris de «violation» de son territoire, mercredi 20 juillet.

Le gouvernement d’union nationale a pris peur et est dans l’embarras. Au début, quelques responsables au gouvernement de Fayez el-Sarraj ont regretté la mort des trois militaires français. « Ils étaient ici pour entrainer nos forces », expliquaient-ils. Puis, surprise, le gouvernement a finalement diffusé un communiqué dénonçant la « violation » du sol libyen par la France. Le GNA se félicite de l’aide offerte par « les pays amis », mais estime que « rien ne justifie une intervention » sans qu’il soit informé ou sans coordination avec lui. Le GNA s’est dit « mécontent de l’annonce du gouvernement français concernant la présence française dans l’est de la Libye ».

Cette dernière position semble avoir des causes internes. Le GNA se trouve depuis son installation à Tripoli, fin mars, sous la coupe de milices à majorité islamistes. Celles de Misrata par exemple qui combattent l’EI à Syrte, celles qui gardent les puits pétroliers au centre du pays, où encore les « brigades de défense de Benghazi ». La sécurité même du gouvernement est assurée par des milices islamistes qui menaçaient ce mercredi de ne plus tenir ce rôle. Enfin, le gouvernement de Tripoli ne dit pas qu’il ne le savait pas, il dénonce l’absence de coordination avec les forces françaises. Cela ressemble à une manœuvre politique pour assurer sa survie alors qu’il n’a jamais eu l’aval du Parlement qui a migré à Tobrouk en 2014, justement pour échapper au prisme d’islamistes à Tripoli. Au lieu d’assumer sa responsabilité, il renvoie la balle dans le camp des responsables de l’Est.

Manifestation contre l’« ingérence occidentale » à Benghazi

Autres réactions hostiles à la présence française dans le pays, des centaines de personnes ont manifesté mercredi dans plusieurs villes de Libye pour protester contre la présence militaire française. Une manifestation a notamment eu lieu sur la place des Martyrs à Benghazi pour réclamer la fin de l’« ingérence occidentale » à l’appel de l’ex-mufti de Tripoli, Sadiq al-Ghariani, démis de ses fonctions par le gouvernement de Tripoli. Cet homme appartenant à la mouvance Frères musulmans est très influent en Libye. Pour lui, la mort de trois Français est « la preuve matérielle que des forces françaises combattent (…) à Benghazi ». Il appelle donc à la démission du gouvernement et même à faire la guerre à la France.

Sadiq al-Ghariani est considéré comme le chef spirituel des Brigades de défense de Benghazi. C’est à son appel que ces brigades, composés d’islamistes et d’ex-révolutionnaires, ont commencé leur marche sur Benghazi. Ces brigades cherchent à reprendre la ville aux forces du général Khalifa Haftar, et des combats féroces se poursuivent entre eux depuis le mois de juin. Elles ont sous leur domination plusieurs localités en banlieue ouest de Benghazi où elles possèdent des sympathisants parmi la population.

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