La pression monte sur l’entité sioniste pour la libération de Bilal Kayed

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Des affiches de Bilal Kayed et du secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, sont accrochées en évidence dans le camp de réfugiés de Deisché, à Bethléhem, Cisjordanie occupée (Emily Mulder/Al Jazeera)

Alors qu’une grève de la faim massive en solidarité avec le membre du FPLP emprisonné grandit, des observateurs s’interrogent sur le rôle de l’Autorité palestinienne

Bethléhem, Cisjordanie occupée – Au moins 100 prisonniers politiques palestiniens se sont joints actuellement à la grève de la faim de masse pour soutenir Bilal Kayed, alors qu’il approche de son 50e jour sans nourriture pour protester contre sa détention par Israël.

Kayed a commencé sa grève quand il a été mis en détention administrative sans inculpation ni procès le 15 juin, jour où il aurait dû être libéré après avoir purgé une peine de plus de 14 années de prison pour son affiliation au parti de gauche, le Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP).

Le frère de Kayed, Mahmoud, a dit à Al Jazeera que sa famille était « triste et choquée » devant la tournure des évènements. « Elles (les autorités israéliennes) nous ont ravi notre bonheur. Nous avions déjà commencé à fêter sa libération imminente, mais elles l’ont gardé », dit Mahmoud.

L’avocat Farah Bayadsi, qui est l’avocat du groupe Addameer de défense des droits des prisonniers et qui suit le dossier de Kayed depuis son premier emprisonnement en 2001, a indiqué à Al Jazeera que le tribunal militaire d’Israël avait, la semaine dernière, rejeté son recours pour sa libération. Le tribunal a déclaré que Kayed constituerait une menace pour la sécurité s’il était libéré, fondant sa décision sur une preuve gardée secrète, recueillie sur ses activités précédant sa première arrestation, et ses « intentions à sa libération ».

La détention administrative est autorisée en vertu du droit international pour les cas d’états d’urgences qui sont définis de façon stricte, mais Addameer soutient depuis longtemps qu’Israël utilise cette pratique comme un moyen généralisé et systématique pour opprimer les Palestiniens sous occupation, en violation du droit international.

Parmi ceux qui se sont joints à la grève de masse en solidarité avec Kayed, il y a le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, qui purge actuellement une peine de 30 années de prison, et l’artiste de cirque palestinien, Mohammed Abu Sakha, retenu en détention administrative depuis décembre.

Les prisonniers qui ont rejoint la grève, pour la majorité des membres du FPLP, se sont retrouvés soumis à des mesures punitives sévères par le Service pénitentiaire d’Israël (SPI), incluant notamment l’isolement, les incursions violentes dans les cellules, et le retrait des visites des familles, selon Addameer.

Hana Herbst, du SPI, a démenti qu’une grève de la faim massive par les « prisonniers de la sécurité nationale » avait lieu, affirmant à Al Jazeera : « Les rares tentatives de grève de la faim qui ont eu lieu ont été traitées par une privation d’avantages, comme le SPI gère les violations disciplinaire de tout prisonnier. Les opérations de routines sont maintenues mais autant que je sache, aucune incursions violentes n’a eu lieu ».

La solidarité des autres prisonniers palestiniens se manifeste alors que des analystes et d’anciens prisonniers affirment que l’influence internationale et nationale dépasse largement l’influence potentielle du gouvernement palestinien pour pousser Israël à libérer Kayed.

Selon Bayadsi, Kayed a refusé l’assistance juridique de l’Autorité palestinienne (AP), comptant exclusivement sur le soutien juridique d’Addameer.

« Il craint que si d’autres travaillent sur le dossier, cela nuise au travail qui a été fait jusqu’à présent », dit Bayadsi. « Je sais que l’AP soutient les prisonniers (…). Mais dans le passé, en réalité, elle n’a généralement pas promu la lutte par la grève de la faim. » Bayadsi cite un certain nombre de dossiers dans le passé où l’AP a incité les grévistes de la faim à accepter les négociations israéliennes pour leur libération, tentant ainsi d’éviter une escalade dans les tensions.

Kayed a rejeté les négociations avec les autorités israéliennes après qu’Israël a conditionné sa libération à son expulsion en Jordanie pendant quatre ans, avec l’engagement de s’abstenir de toute activité politique.

L’ancien prisonnier palestinien, Khader Adnan, a été gardé en détention administrative à dix reprises par Israël, et deux fois il a lancé des grèves de la faim qui ont finalement conduit à sa libération. Alors qu’Adnan comptait sur le soutien juridique de l’AP pendant ses grèves, il a déclaré à Al Jazeera que l’AP ne pouvait guère agir directement pour la libération des grévistes de la faim en raison de sa coordination de la sécurité avec Israël. L’AP aurait pu faire plus avec sa capacité à sensibiliser par les voies internationales et diplomatiques, ajoute-t-il.

« Il est triste pour moi, en tant que Palestinien, de voir un dirigeant du gouvernement israélien s’exprimer sur un prisonnier en grève avant qu’un membre du gouvernement palestinien n’intervienne à propos de ce prisonnier » dit Adnan. « Ils (l’AP) devraient s’impliquer davantage dans les médias ».

Al Jazeera n’a pu avoir un contact immédiat avec les officiels de l’AP pour commenter.

L’analyste politique palestinien, Basil Faraj, a indiqué à Al Jazeera que la décision de Kayed de ne pas recevoir d’aide juridique du gouvernement reflète un mécontentement croissant sur la façon dont l’AP traite les grèves de la faim, aujourd’hui comme les précédentes.

« (Les grèves) doivent être accompagnées d’un soutien continu, nationalement et internationalement, pour faire pression sur le gouvernement israélien afin qu’il tienne compte des exigences des prisonniers », dit Faraj. « C’est là, je pense, que l’AP doit aussi agir davantage ».

« Le manque de soutien tant de l’AP que de la communauté internationale, associé à la violence d’Israël contre les grévistes de la faim, conduit à des grèves prolongées qui peuvent provoquer des dommages irréversibles sur la santé des prisonniers », ajoute Faraj.

Bayadsi, qui a visité Kayed lundi à l’hôpital israélien où il est détenu, dit que son état de santé continue à se détériorer, alors qu’il reste enchaîné au lit sous la surveillance permanente de gardes israéliens.

Le frère de Kayed a fait savoir que le Premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, avait rendu visite lundi à la famille, lui promettant que l’AP ferait pression sur Israël pour la libération de Kayed. Mahmoud a exprimé son espoir que de maintenir la pression de la communauté internationale et des autres prisonniers politiques conduise finalement à la libération de son frère.

« J’espère que ceci est le début d’une révolution qui videra les prisons israéliennes de tous les Palestiniens, qui n’ont rien fait de mal » dit Mahmoud. Emily Mulder – Al Jazeera – 2 août 2016

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

source: Al Jazeera

http://www.agencemediapalestine.fr/La-pression-monte-sur-israel-pour-la-liberation-de-bilal-kayed/

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