Beaumont-sur-Oise : le pique-nique pour la vérité de la famille d’Adama

Quelque 500 personnes pourraient répondre ce samedi à l’invitation de la famille d’Adama Traoré. Elle organise à Beaumont-sur-Oise, sur le terrain de sport situé au cœur du quartier de Boyenval, un pique-nique en l’honneur du jeune homme décédé le 19 juillet dernier, le jour de ses 24 ans, après son interpellation par les gendarmes. Sa mort a provoqué quatre nuits de violentes émeutes, puis une importante mobilisation. Le 22 juillet, quelque 2 000 personnes avaient notamment défilé à Beaumont et Persan pour soutenir la famille.

« Les quarante jours seront passés. C’est la fin du deuil. Ce repas est une façon de réunir toutes les personnes qui nous ont soutenus depuis le début », confie Assa, sœur aînée d’Adama. « Nous pouvions le faire entre nous, en famille. Mais nous souhaitions partager ce moment. C’est une façon aussi de dire merci. »

La préfecture du Val-d’Oise, qui a rencontré à plusieurs reprises la famille, ne s’est pas opposée au pique-nique. Interdisant cependant par arrêté tout cortège ou manifestation, afin de prévenir tout risque de trouble à l’ordre public, « dans un quartier traumatisé par les émeutes ».

L’origine de la mort toujours inconnue

strong>(DR.)L’origine du décès d’Adama Traoré reste à ce jour inconnue. Les deux rapports d’autopsie s’accordent à diagnostiquer un syndrome asphyxique dont l’origine reste à déterminer. Et tous deux relèvent l’absence de traces de violences susceptibles d’avoir entraîné la mort. Des résultats d’analyses anatomopathologiques (examen des tissus) sont toutefois encore attendus. Un premier rapport intermédiaire réalisé à Garches (Hauts-de-Seine) évoque une maladie du muscle cardiaque.

A la suite de la plainte pour « violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner » déposée par l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, une information judiciaire a été ouverte à Pontoise et confiée à deux juges d’instruction. En attendant le possible dépaysement de l’affaire vers un autre tribunal. Il est réclamé par l’avocat qui conteste la conduite de l’enquête. Et dénonce les choix de communication du procureur de Pontoise. « Un dépaysement serait de nature à ramener un peu de sérénité pour la bonne administration de la justice », estime le procureur général de Versailles.

L’avocat a également déposé une plainte à l’encontre d’une gendarme pour faux en écritures publiques aggravés, dénonciation calomnieuse et modification de scène de crime.

Alors que la famille parle de bavure, les gendarmes, dans leurs auditions, assurent avoir employé « la force strictement nécessaire pour maîtriser » Adama, dans l’appartement du centre-ville où il se cachait, après avoir échappé à une première interpellation. Les militaires indiquent toutefois qu’il « a pris le poids de notre corps à tous les trois au moment de son interpellation ». Tout en notant que le jeune homme regagne à pied le fourgon avant que sa tête ne bascule en avant, alors que le véhicule arrive devant la gendarmerie. Son décès sera constaté à 19 h 5.

La famille envisage de prendre la parole, d’instaurer un échange avec les participants. « Nous parlerons de l’avancement de l’affaire » poursuit Assa, pour qui cette journée est aussi destinée à « poursuivre la mobilisation, le combat pour la justice et la vérité pour Adama » : « Nous allons montrer qu’on est encore là, que la mobilisation continue. Si on doit se rassembler tous les mois, descendre à nouveau dans la rue, on le fera. Il faut qu’il y ait une justice. »

« Nous passons en mode combat », prolonge son frère Lassana. « Mais dans le meilleur esprit, dans le calme. Pour que les gens sachent qu’ils n’ont pas affaire à des voyous, mais à une famille soudée, qui a perdu un frère, un fils. Nous sommes prêts à tout entendre, du moment que les choses sont avérées, que l’instruction judiciaire se déroule normalement. Mais pour nous, cela reste une bavure. Si c’était aussi simple que ce qui a été dit, pourquoi toutes ces zones d’ombre ? »

C’est pourquoi la famille fonde de grands espoirs sur le dépaysement de l’affaire. C’est-à-dire qu’elle soit instruite dans un autre département. Une procédure toujours en voie d’examen à ce jour par la Cour de cassation. « Nous espérons qu’il sera effectif. Il permettra que la justice fasse son travail », poursuit Assa.

« Pour nous, il n’y a aucun doute, ajoute-t-elle. Les gendarmes ont tué notre frère. Ils doivent aller en prison. On demande au juge de faire son travail correctement. » Selon elle, « il y a des preuves, des aveux, des éléments accablants, comme de se mettre à trois sur lui. Il y a au minimum une mise en danger de la vie d’autrui. »

« Adama disait qu’il avait du mal à respirer, mais ils ne l’ont pas emmené à l’hôpital. Ils sont allés à la gendarmerie… », lâche Oumou, la mère d’Adama. Elle confie aujourd’hui « être dégoûtée de tout, avoir perdu le sourire et le sommeil ».

Bientôt une association, soutenue par des personnalités Une association qui portera le nom d’Adama est en cours de constitution. Lassana Traoré, frère de la jeune victime de 24 ans, indique que ses statuts vont être déposés sous peu. « L’association aura pour but d’organiser des concerts, des rassemblements à Paris ou en région, notamment à Bordeaux, des événements sportifs », pour demander la justice et la vérité. « Nous avons le soutien d’ores et déjà de sportifs et d’artistes. Omar Sy nous soutient depuis le début, ainsi que Kerry James, Mokobé, et Amadou et Mariam. » Des personnalités qui s’étaient déjà manifestées dès les événements de l’été sur les réseaux société.

Marche blanche à Beaumont-sur-Oise : la famille d’Adama Traoré réclame justice

  leparisien.fr

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