Procès de 3 flics ayant blessés au Flashball 6 personnes

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Pas de paix !

Rassemblement devant le TGI de Bobigny les 21, 22 et 23 novembre.

7 ans après, 3 policiers et leurs flashballs comparaissent devant le TGI de Bobigny…
7 ans après, combien de blessés, de mutilés, de tués par la police ?

La police nous a tiré dessus au flashball le soir du 8 juillet 2009 à montreuil, alors que nous étions nombreux à manifester suite à l’expulsion de « La clinique », un lieu d’organisation ouvert sur la ville. parmi les six personnes blessées, cinq ont été touchées entre les épaules et la tête, précisément là où la police n’est pas autorisée à viser. L’un d’entre nous a perdu un œil.

Fait peu ordinaire, 7 ans plus tard, trois policiers vont finalement être jugés au Tribunal de Bobigny, du 21 au 25 novembre prochain.

Le 13 juillet 2009, quelques jours après les faits, nous étions quelques milliers à manifester à Montreuil avec pour banderole de tête :

Notre défense collective ne se construira pas en un jour. Contre toutes les polices, organisons-nous !

Depuis, nous nous sommes organisés en collectif et avons rencontré de nombreuses personnes frap- pées par la violence policière, des mutilés par flash- ball et LBD, des proches de personnes tuées par la police, et ceci dans toute la France. Nous avons cherché à rendre visible nos histoires, à les relier entre elles, à faire front. Faire front c’est-à-dire se solidariser avec d’autres. Élaborer et échanger des outils juridiques. Partager des contacts d’avocats et de journalistes. Prévenir contre toutes les formes que prend l’impunité policière : les communiqués fallacieux, les expertises insidieuses, les procès ver- baux mensongers, les articles trompeurs, les pres- sions policières, etc. Et surtout continuer à prendre la rue, organiser des manifestions, des rassemblem- ents, des concerts de soutien. Sortir de l’isolement auquel la justice comme la police nous cantonnent. Dans cette perspective, en novembre 2014, pendant la mobilisation faisant suite à la mort de Rémi Fraisse, nous avons participé à la création d’une Assemblée des blessés, des familles, et des collectifs contre les violences policières. Elle rassemble une quinzaine de personnes mutilées en France suite à des tirs de flashball et de LBD, ainsi que des familles et des collectifs.

Depuis sept ans nous vivons au rythme des morts et des mutilés. Entre 1995 et juillet 2009, on dénom- brait une quinzaine de personnes grièvement blessées par des tirs de flashball et de LBD 40, essentiellement dans les quartiers populaires. Aujourd’hui, ce nombre a pratiquement triplé. On recense en France plus de 40 blessés graves dont une majorité d’éborgnés. Par ailleurs, l’arrivée des armes dites « à létalité réduite » ne s’est pas traduite par une diminution du nombre de morts. La police française tue toujours, en moyenne, une personne par mois. Le flashball ne remplace pas « l’arme de service ». Mais, comme les grenades de désencerclement, il permet que les forces de police se réhabituent à tirer dans le tas et mettent en œuvre un certain type de gestion des foules : mutiler quelques-unspour faire peur à tous. Ce printemps, au cours de la lutte contre la loi travail, tout le monde a pu assis- ter, dans la rue ou sur des vidéos, à l’ampleur de la violence de la police qui n’a eu de cesse de nasser, gazer, tabasser, arrêter, blesser, mutiler, tirer dans le tas. Grenades, LBD 40, 49-3, état d’urgence, répres- sion, sont les modalités du dialogue social actuel.

Les policiers responsables de mutilations ou de morts sont rarement inquiétés. Dans la quasi totalité des affaires impliquant flashball et LBD 40, ils ont bénéficié de classements sans suite, de non-lieux ou de relaxes : on compte seulement trois condamna- tions sur une quarantaine d’affaires. Une impunité instituée qui est également la règle dans les affaires de meurtres policiers. Dernier exemple en date : cet été, Adama Traoré, jeune homme de 24 ans, est mort entre les mains des gendarmes à Beaumont sur Oise. Sans surprise, le procureur a tenté d’étouffer l’affaire en omettant de communiquer des éléments de l’autopsie. Plusieurs nuits d’émeu- tes, des journées de mobilisation, une famille déter- minée et un avocat combatif ont réussi à mettre en échec cette pratique systématique.

Lors du procès des trois policiers qui nous ont tiré dessus et ont mutilé l’un d’entre nous, nous invit- erons d’autres blessés et proches de victimes de la police sur la scène publique. Car s’il s’agit de viser la condamnation des tireurs, ce procès sera aussi l’oc- casion de faire entendre chaque histoire, de com- battre le déni des institutions, de mettre en cause la chaîne de commandement et de mettre en lumière la fonction de la police et de ses armes.

Collectif 8 juillet

Le procès aura lieu du 21 au 25 novembre 2016 à Bobigny.

Soyons nombreux !

Et multiplions les initiatives autour de ce procès.

Pour se tenir au courant de l’actualité de la mobilisation :

collectif8juillet.wordpress.com huitjuillet@riseup.net facebook : Collectif 8 juillet / twitter : @huitjuillet

Pour ce procès nous avons besoin d’argent, vous pouvez nous soutenir financièrement via le site.

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