Civils tués à Mossoul: l’armée américaine évoque «une terrible tragédie»

mediaUn sauveteur irakien désigne les corps d’habitants du quartier d’Al Jadida à Mossoul, après des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique.AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Des centaines de civils seraient morts dans des frappes de la coalition internationale ces derniers jours à Mossoul. La coalition internationale contre le jihadisme a reconnu ce week-end avoir exécuté l’une de ces frappes le 17 mars à la demande de l’armée irakienne. Elle a affirmé mener une enquête afin de vérifier si des civils comptaient parmi les victimes.

Les corps se compteraient par centaines dans les décombres de bâtiments de Mossoul-Ouest. A la suite des bombardements, les voisins des victimes tentent de fouiller les décombres à main nue afin de libérer de possibles survivants. Depuis le lancement de l’offensive, les victimes de ces frappes aériennes qui fuient Mossoul ne cessent d’affluer à Erbil, rapporte notre correspondante sur place, Oriane Verdier.

Ce dimanche, le chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Joe Votel, a déploré dans un communiqué la « terrible tragédie » que constitue la mort de ces civils, sans endosser formellement pour autant la responsabilité de ces bombardements. « Nous enquêtons sur cet incident pour déterminer exactement ce qui s’est passé, et nous continuerons de prendre des mesures exceptionnelles pour éviter de frapper des civils », a-t-il encore déclaré.

Les bombardements aériens de la coalition internationale se multiplient sur une ville qui abriterait encore 600 000 personnes dans la partie toujours contrôlée par l’organisation Etat islamique. Une fois de plus, les habitants de Mossoul se sentent trahis, ignorés, comme si leur vie ne valait finalement pas grand-chose.

Les familles sont prises au piège. Si elles tentent de fuir, elles sont abattues par les jihadistes. Les hommes du groupe Etat islamique se positionnent sur des maisons abritant des familles entières. Pour les neutraliser plus facilement, l’armée a parfois recours à des frappes de la coalition internationale. Cette bataille dure depuis cinq mois. Les soldats au sol sont exténués et ils ont pourtant à reprendre la partie la plus complexe de la ville. Cela ne fait qu’augmenter leur besoin de soutien aérien.

Belkis Wille, chercheuse sur l’Irak pour Human Rights Watch, dénonce cette stratégie qui consiste à accélérer la reconquête au détriment de la sécurité des civils : « Dans Mossoul-Est, l’effort principal est vraiment de protéger les civils. Mais à l’ouest de la ville, la protection des civils est moins importante que les batailles elles-mêmes. Ils essaient de maintenir un mouvement très rapide et comme ils veulent marcher assez vite, ils ont désormais changé de tactique. Ça veut clairement dire qu’il y aura beaucoup plus de blessés et de morts parmi les civils. On condamne la vitesse de cette opération ».

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