Veillée pour l’ecrivaine Asli Erdogan

La Parole errante
9 rue françois debergue
montreuil
(métro : croix de chavaux)

Asli Erdogan est une des écrivaines les plus importantes de la littérature Turque. Son œuvre porte la voix et la sensibilité des déshérités, des exilés, des oubliés. Elle a été arrêtée le 16 août 2016 à Istanbul en même temps que 20 membres du journal d’opposition Ösgür Gündem sous l’inculpation de participation à un groupe terroriste, mais plutôt en réalité pour ses écrits en faveur des minorités opprimées, et en particulier des Kurdes. Libérée provisoirement le 29 décembre, elle est repassée en jugement le 14 mars et son procès a été maintenant reporté au 22 juin. La réclusion à perpétuité a été requise contre elle.
Dans la plaidoirie qu’elle a prononcé devant ses juges le 29 décembre, elle disait:
« Pourquoi moi? Pourquoi m’avoir choisie, moi, comme cible d’un lynchage politique ? Pourquoi s’acharner ainsi de toutes ses forces sur une femme qui n’existe que par sa plume, si ce n’est parce que le Pouvoir veut instaurer un rituel de chasse aux sorcières ? Comment ne se rend-il pas compte que la Turquie, en emprisonnant plus de 150 écrivains, ampute sa propre langue ? »

Nous sommes un collectif d’acteurs professionnels issus des Ateliers R L (Ateliers de recherche René Loyon)
Pour répondre à une demande du comité de soutien, dirigé par Tieri Briet, nous proposons, dans une démarche militante, des lectures d’extraits de textes d’Asli Erdogan publiés en France aux éditions Actes Sud :
La Ville dont la cape est rouge, traduction Esin Soysal Dauvergne
Les oiseaux de bois, traduction Jean Descat
Le Mandarin miraculeux, traduction Jean Descat
Le Bâtiment de pierre, traduction Jean Descat
Le Silence même n’est plus à toi, traduction Julien Lapeyre de Cabanes
Nous lirons aussi au cours de cette soirée des extraits de ses interviews, de ses lettres et de sa plaidoirie.
Nous souhaitons ainsi attirer l’attention du public sur la situation tragique des milliers d’écrivains, universitaires, journalistes empêchés de travailler ou emprisonnés en Turquie depuis le pseudo coup d’Etat de juillet 2016, et sur le coup terrible porté à la liberté de pensée et d’expression dans ce pays.
Nous voulons que toutes ces personnes sachent que nous ne les oublions pas car de leur liberté dépend aussi la nôtre.

 

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