Nuriye et Semih placés en garde à vue en pleine nuit

garde à vue

Le 22 mai, à minuit heure locale, la police a fait une “descente” dans la maison où Semih et Nuriye sont logés, à Ankara, alors qu’ils entament les premières minutes de leur 75ème jour de grève de la faim.

Quelques heures plus tard, leur avocat annonçait qu’ils avaient été mis en garde à vue par la “lutte anti-terroriste”.

Voilà le déroulement…

Semih twitte : “Descente dans notre maison”

Nuriye de son côté enchaîne deux publications :

“Les policiers du bureau politique, essayent d’entrer dans la maison. Il sont en train de casser la porte”

“A bas le fascisme ! Vive notre résistance ! Nous voulons notre travail ! Nous nous sommes pas rendus, ne nous rendrons pas !”

Esra, la compagne de Semih devant la porte que les policiers essayent de couper de l’extérieur : “Ces gens sont venus au commissariat aujourd’hui pour pointer [dans le cadre de leur contrôle judiciaire], vous ne leur avez rien dit, et vous venez en plein nuit, pour casser la porte ! quand est-ce que vous nous avez convoqués et nous ne nous sommes pas présentés ? Vous savez très bien où ils sont dans la journée, pourquoi ne les arrêtez-vous pas dans la journée ? C’est plus facile de venir en plein nuit !”

Et le monde entier suit en direct…

Les avocats du HBB (Association Le bureau du Droit du peuple) rejoignent Nuriye et Semih. Nous apprenons toujours par leur Twitter :
“Nous sommes dans la maison, la fouille continue. Les policiers on un mandat pour la fouille de la maison et un ordre d’arrestation pour Semih et Nuriye. Le procureur a motivé l’ordre comme ceci “Ils pensent créer un nouveau Gezi [ révolte de 2013] ou un nouveau Tekel [2009]”.

Selçuk Kozağaçlı‏, avocat annonce :
Ils ont bloqué les routes. Ils fouillent la maison et confisquent les livres. Ils veulent emmener Nuriye et Semih.

https://twitter.com/S_Kozagacli/status/866427144741769217

02:44 heure locale / 01:44 heure française
L’avocat Selçuk Kozağaçlı‏ enchaîne les twitts :

Nuriye et Semih vont bien. La police continue à chercher du “Gezi” et du “Tekel” dans la maison….

Préparations pour des arrestations en masse. Ils planifient de charger les avocats refusant l’arrestation avant un entretien avec le Procureur.

L’attaque pour des gardes à vue a commencé.

Des gardes à vue avec violences ont commencé

Les personnes qui disent ne touchez pas Semih et Nuriye sont traînées, molestées, menottées.

Esra est arrêtée.

L’avocate Ebru Timtik trainée au sol, arrêtée. Son crime : avoir demandé à s’entretenir avec le Procureur.

L’avocat Aysegül Çağatay a été trainée au sol, et mise en garde-à-vue. Son crime : essayer d’empêcher qu’on fasse du mal à ses clients

Les avocats protestent en tapant à coups de poings sur le véhicule de la garde à vue. Nuriye et Semih sont toujours à la maison. Nous luttons.

Malgré tout, Nuriye et Semih seront placé eux aussi en garde à vue.

Sur le coup de 04:h20 heure locale / 03:20 heure française, l’avocat Selçuk Kozağaçlı fait une déclaration devant les caméras de Ortak Yasam, qui émet en direct sur la page Facebook :

“Nous n’avons pas pu procurer les originaux des documents, mais avons vu l’ordre d’arrestation. Ils sont motivés par des possibilités et risques “futurs”. Ils notifient que l’initiative de Nuriye et Semih, risque de se transformer en une vague de manifestations plus large comme pendant Gezi et Tekel. Dans le Droit un ordre d’arrestation ne peut pas être donné pour un événement qui n’est pas encore déroulé.

Ils reviendront, je pense très vite, car les raisons avancées pour leur arrestation ne sont pas légales. C’est la troisième fois qu’ils se font arrêter par le même bureau. Les deux premières fois, les ordres étaient motivés comme ‘lien avec une organisation illégale’, mais cela n’a rien donné et ils sont sortis. Cette fois, ils n’ont trouvé que ces prétextes qui ne sont pas acceptables.”

Les deux avocates ont été arrêtées, parce qu’elles voulaient protéger Semih et Nuriye et insistaient pour un entretien avec le Procureur. Quant à Esra, elle était inquiète pour la santé de Semih et Nuriye et voulait empêcher leur garde-à-vue.

Lors des fouilles, la police n’a rien trouvé à la maison. Elle a alors confisqué les deux livres que chacun lisait, les deux tabliers avec slogans, et leurs petits ordis qu’ils utilisent pour vous saluer de temps en temps.

Pour le moment leur santé va bien. Mais ils ont été bousculés, traînés, bras tordus, arrêtés vraiment avec usage de la force. Nous verrons les conséquences dans la nuit. Mais, en tout cas, ils disent qu’ils ne céderont pas. Ils vous remercient et vous confient leur ‘espace de résistance’ pendant leur absence.

En fin de nuit, au moment où nous écrivions cet article, Nuriye et Semih étaient toujours détenu dans les locaux de l’anti-terrorisme, après un contrôle médical. Les avocats avaient apporté eau et sucre, mais disent que si la garde à vue se prolonge, la police pourraient couper ces fournitures essentielles à la survie, et donc “forcer” à l’arrêt de la grève de la faim.

Paradoxe policier et étatique, qui consiste à menacer de mort des grévistes de la faim.

* Ajout du 15h : Et cela continue… Suivez en live sur le Twitter de @KEDISTAN ou les résumés sur sa page Facebook *

Vous pouvez retrouver tous les articles de Kedistan sur Nuriye et Semih en suivant ce lien

http://www.kedistan.net/2017/05/22/nuriye-semih-places-garde-a-vue-nuit/

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