Enquête sur les tortures, viols et meurtres de civils par les forces irakiennes.

Al-Thawra news vous propose cette traduction intégrale (depuis l’anglais) de l’article publié le 19 mai dernier par le journal allemand Der Spiegel sur l’enquête d’un photographe qui a accompagné des membres d’une unité spéciale irakienne dans leur combat contre l’Etat islamique. Lors de ses investigations, le photographe est malgré lui le témoin de crimes de guerre. Si d’une manière générale nous ne partageons pas la ligne éditoriale, très critiquable, de l’hebdomadaire Der Spiegel, nous faisons cependant le choix de traduire et publier cette enquête sérieuse et révélatrice du drame qui se déroule actuellement en Irak.

Le prisonnier Mahmoud, détenu au siège de la force de la Division d’Intervention d’Urgence Irakienne (ERD). Il était accroché au plafond avec ses bras derrière son dos et alourdit par des bouteilles d’eau. Par la suite, les coups ont commencé à pleuvoir.

Accusations de torture contre les forces spéciales irakiennes

Ali Arkady, un photographe et cinéaste documentaire irakien, qui est bien informé de ce qui se passe dans son pays depuis 2006, n’est pas seulement un excellent photographe, mais également un connaisseur des différents conflits en Irak de part les nombreux contacts qu’il a dans le pays.

Depuis 2011, il travaille avec Der SPIEGEL ; les scènes de torture, de viol et de meurtres ciblés commis par les forces de sécurité irakiennes qu’Arkady a photographié et filmé méticuleusement l’année dernière pendant une période d’un mois, ont confirmé les observations similaires des organisations de défense des droits de l’homme et les déclarations de témoins, ainsi que ce que SPIEGEL a déjà rapporté dans ses enquêtes sur les forces de sécurité irakiennes.

En mai de l’année dernière, le journaliste de SPIEGEL, Arkady, est allé enquêter dans la ville de Toozkhurmatu, au sud de Kirkouk, sur les traces d’une campagne d’éviction forcée et de meurtres menée par des milices chiites. Des témoins ont évoqués les kidnappings et disparitions forcés des membres de leurs familles. Déjà à cette époque, différents rapports évoquaient la disparition de près d’un millier de sunnites, de a seule ville de Toozkhurmatu.

Ceux qui ont fui les autres provinces d’Irak ont ​​confirmé les enlèvements, mais il n’y avait pas de preuves au-delà des témoins et des lieux abandonnés et déserts.  Cependant, Ali Arkady a maintenant délivré, par l’authenticité de sa documentation, l’identité des responsables. Ses descriptions contrastent avec les rapports officiels sur la campagne de libération de Mossoul. Beaucoup de journalistes ont décrit les unités de l’armée irakienne comme des libérateurs. Peut-être parce qu’ils n’ont tout simplement pas vu, ou n’ont pu voir ce qui se passaient en dehors de la ville elle-même. Lorsque la Division des interventions d’urgence (ERD), une unité militaire du ministère irakien de l’Intérieur, déplaçait ses victimes non seulement depuis les zones urbaines de Mossoul, mais aussi des villages des alentours, toujours de nuit, aucun journaliste n’était présent. Ali Arkady a accompagné la force de la Division d’Intervention d’Urgence (ERD) et a écrit le rapport retranscrit ci-après.

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Je viens de Khanaqin, une petite ville au nord-est de l’Irak, où se rencontrent les parties kurde et arabe. Pour nous, il était toujours normal que les sunnites, les chiites, les Kurdes et les Arabes vivent ensemble. C’est peut-être pour cette raison que j’ai cru, plus que d’autres, que des Irakiens d’origines différentes peuvent vivre ensemble dans le futur.

En octobre de l’année dernière, j’ai commencé un projet pour accompagner deux membres de la Division d’intervention d’urgence (ERD). Je voulais documenter la lutte contre l’«État islamique» (EI). C’était, du moins, le plan initial. Je connaissais deux membres de cette unité qui ont participé à la libération de la ville de Falloujah. Ils m’ont déjà dit qu’ils étaient capables de tuer des gens, mais je pensais que c’étaient des blagues.

En automne, lorsque les opérations de la libération de Mossoul ont commencé, j’ai rejoint le capitaine Omar Nazar, un sunnite, et le sergent Haider Ali, un chiite. Selon les clichés en vogue, ils étaient “adversaires”, mais ces deux étaient des “copains”, des amis et frères d’armes sur le champ de bataille. Je les ai accompagnés et filmés pendant des jours. Avoir ces deux “protagonistes” dans le documentaire, c’était l’occasion de montrer que les sunnites et les chiites d’Irak sont tous impliqués dans la lutte contre l’”État islamique”. Donc, j’ai configuré une page Facebook. On l’appelait Happy Baghdad. J’ai posté une vidéo de deux minutes de ces deux hommes sous le titre ” des Liberateurs, et non Destructeurs”. Les réponses étaient écrasantes, et la vidéo avait 345 815 vues, un grand nombre de commentaires, la page a été partagée 1360 fois. Je pensais être sur le bon chemin. Je pensais suivre ces deux jusqu’à la fin de cette guerre pour la libération de Mossoul. Ils allaient être les “héros” de mon histoire. L’objectif était de montrer que ce ne sont pas seulement les combattants d’élite de la “Division d’Or” qui sont des héros, mais également les membres des unités de la Division d’intervention d’urgence (ERD), des éléments “courageux” et pouvant accomplir des réalisations remarquables.

Arkady2PHOTO : ALIARKADY/VII/REDUX/LAIF

L’Unité d’Omar et Haider, la Division d’intervention d’urgence, était au départ une petite unité. Mais depuis l’été 2014, lorsque l’ensemble de l’Irak est devenu le terrain d’une guerre généralisée contre l’EI, l’effectif de cette force a rapidement augmenté. Elle a été divisé en trois groupes: les enquêteurs, les tireurs d’élite et les combattants de terraint. Le capitaine Omar Nazar a commandé le groupe de combat dans lequel le sergent Haider Ali évoluait.  Les hommes ont mené des raids et des opérations commandés tous les soirs. Ils ont été formés par les Américains en particulier.

Le commandant de l’ERD, le colonel Thamer Muhammad Ismail, m’a donné la permission d’accompagner l’unité lors de ses missions, et à chaque bataille, la victoire a renforcé la confiance en mes protagonistes. À la fin d’octobre 2016, j’étais avec Omar et Haider au siège de l’Unité à Kajara, au sud de Mossoul, non loin d’une base américaine, et là, j’ai pris des photos pour SPIEGEL.

Le 22 octobre, les hommes d’Omar sont venus avec deux jeunes prisonniers à la base. Je les ai photographiés mais je ne savais pas ce qui aller leur arriver. Les soldats m’ont dit plus tard, après avoir torturé ces prisonniers pendant trois jours, qu’ils étaient membres de l’EI. Une semaine plus tard, ils ont été assassinés. À partir de ce moment, mon projet a commencé à changer. Mes “héros” ont fait quelque chose que je n’aurais jamais cru possible. Au début, ils m’ont permis de regarder ce qu’ils faisaient, et d’utiliser ma caméra.

Je suis rentré chez moi en même temps qu’Omar et Haider avaient également deux semaines de permission. Nous avions décidé d’aller au nouveau siège de l’Unité, à Hamam Al-Alil, un peu plus proche de Mossoul, et je suis retourné pour reprendre mon projet.

Je suis arrivé avant les autres, le 11 novembre, j’ai ainsi appris à connaître les autres officiers. Les choses étaient pires, bien pire que ce que j’avais espéré ou imaginé : on torturait, violait et assassinait les gens pour des soupçons les plus légers et vagues, ou même…sans soupçons. Les soldats venaient de reprendre le village de ‘Abd al-Kabr des mais de l’EI. Le capitaine Thamer Al-Douri, du Service du renseignement, était responsable des raids.

J’étais là quand, la nuit, plusieurs hommes ont été arrêtés, parmi eux aussi Ra’ad Hindiya, le gardien et le nettoyeur de la Mosquée du village. Il a été accusé par un des “indics” d’être un supporter de l’EI. Tout d’abord, il a été emmené seulement quelques heures pour interrogatoire, mais le capitaine Al-Duri m’a dit que Hindiya avait été arrêté à nouveau il y a quelques jours, puis qu’il a été tué. Le 22 novembre, dix soldats, bien équipés avec des dispositifs de vision nocturne, ont entrepris un raid. Les troupes américaines dans la région ont été informées et ont suivi le raid nocturne avec un drone.  Ra’ad Hindiya dormait avec sa famille dans une pièce lorsqu’il a été arrêté. Les soldats l’ont emmené au capitaine Omar Nazar, mon protagoniste, où il a été torturé pendant des heures avant de l’envoyer le matin au quartier général du Service du renseignement. Là, il a été de nouveau torturé, pendant une semaine. Il a été lui et d’autres suspects, tué. C’est ce que le capitaine Thamer Al-Douri m’a dit.  Dans la même nuit, un jeune homme nommé Rashid a été arrêté. Il était clairement innocent, et même les enquêteurs de l’armée irakienne l’ont dit, mais son grand frère a rejoint l’EI, ainsi que sa femme. C’était le drame de Rashid. Il est mort sous la torture après trois jours, et j’ai vu son corps dans le service du renseignement.

C’est alors que débute le cauchemar. Après que la petite ville de Hamam Al-Alil ait été complètement libérée de l’EI, beaucoup de civils qui ont fui les combats sont revenus. L’équipe de la Division a entrepris une campagne d’arrestation de plusieurs dizaines de jeunes hommes afin de découvrir si certains d’entre eux étaient ou non des membres de l’EI.

Parmi les hommes arrêtés, il y avait un père et son fils de 16 ans. Les soldats les ont conduits au quartier général.

Mahdi Mahmoud, le Père, était accroché au plafond, les bras étendus et l’on pesait sur son dos une palette remplie de bouteilles d’eau ; ils ont alors commencé à le battre. Son fils était assis à côté et pouvait entendre les cris de son père. Et j’étais là, et j’ai filmé. Personne ne m’a arrêté. Plus tard, ils ont amené le fils et l’ont battu devant les yeux de son père. Tout est devenu de plus en plus hors de contrôle.

Je pensais: ” Ne vous sentez-vous pas pris au piège? Pourquoi me laisser filmer des personnes torturées? Comment cela peut-il faire partie d’une documentation sur la libération de l’État islamique ?” Mais ils ne pensaient pas comme des journalistes. Pour eux, ce qu’ils faisaient était normal.  En même temps, je me suis dit: ” Tu dois continuer à filmer ça ! Tu dois le documenter afin de prouver ce qu’ils ont fait et montrer aux autres leurs crimes de guerre “.

Des journalistes étrangers se trouvaient dans la région, mais ils ne venaient que pendant la journée et, dans l’après-midi, ils retournaient toujours à Arbil, dans la région kurde. Et ainsi, la nuit, j’étais seul, avec les troupes du ministère de l’intérieur.  Nous nous sommes rendus au milieu de décembre de l’autre côté du Tigre, dans une nouvelle base à Bazwaia, dans la banlieue orientale de Mossoul. Il y avait deux jeunes frères, Laith et Ahmed, que la “Division d’Or” a arrêté, mais ensuite relâché par manque de preuves. Ils ont été par la suite re-capturés et ramenés à la base, mais dans la nuit, il n’y avait pas d’officiers là-bas, seulement les soldats responsables de la torture. Ils ont commencé à torturer les deux frères, par des coups d’abord, puis ils ont poignardé à plusieurs reprises Ahmed derrière son oreille avec un couteau. C’était une technique qu’ils avaient appris d’experts américains, Ali, l’un des soldats, s’en vantait. J’étais surpris, effrayé qu’ils me laissent tout filmer. Je suis resté pendant une heure.

Le lendemain matin, un soldat m’a dit que les deux frères avaient été torturés à mort pendant la nuit, et il m’a montré une vidéo de leurs corps, qu’il m’a même envoyé par l’intermédiaire de WhatsApp.

Le 16 décembre, les deux soldats, Omar et Haidar sont arrivés à Bazwaia. Plus tôt cette nuit-là, les soldats ont reçu divers noms d’hommes d’un “serpent” [indic] rapportant que ces derniers auraient combattu pour l’EI auparavant.
Les soldats sont tout simplement parti arrêter ces hommes sans plus d’éclaircissements ou d’ordres provenant des officiers supérieurs, et j’ai été autorisé à venir. Ce soir là, ils ont sortis de leur maison un homme nommé Fathi Ahmed Saleh. Ils l’ont traîné hors de la pièce où il dormait avec sa femme et ses trois enfants. Ensuite, le sergent Haider Ali est entré dans la salle en annonçant que maintenant il violerait la femme. J’ai suivi les autres pour voir ce qu’ils feraient au mari. Cinq minutes plus tard, j’ai rencontré Haider Ali en face de la porte ouverte. La femme pleurait. Le capitaine Omar Nazar lui a demandé ce qu’il avait fait. “Rien”, répond Haider Ali, “Elle a ses règles”. J’ai filmé la pièce où la femme était assise avec son plus jeune enfant dans les bras. Elle m’a regardé. J’ai filmé, sans y penser. Quand j’ai regardé la vidéo plus tard, quand j’ai vu comment elle regardait dans ma direction, en embrassant son enfant, j’ai pensé : elle accepte que je filme dans cette situation afin que les gens puissent savoir ce qui s’est passé!

Arkady4L’épouse de Fathi Saleh, avec son petit bébé. ALIARKADY / VII / Redux / laif

En attendant, les autres soldats ont retourné la maison et ont volé tout ce qu’ils voulaient prendre avec eux. Le dernier prisonnier ce soir-là était un jeune membre des Unités de Mobilisation populaire connu en arabe sous l’acronyme de “Hashd al-shaabi”. Il avait également lutté contre l’EI, mais il était un Sunnite, et le Hashd chiite haïssait les sunnites, alors ils l’ont amené dans le bâtiment d’Omar Nazar, où il a été violé par un des soldats.

Les hommes que j’ai accompagné ont connu des combats difficiles et lourds, mais ils pensaient désormais qu’ils étaient autorisés à faire tout ce qu’ils veulaient et que les meurtres et les viols étaient légitimes. Quand ils sont revenus de leurs raids nocturnes et qu’on leur a demandé ce qu’ils avaient fait, le capitaine Omar a répondu: “Oh, tout! Nous avons emmené les hommes, les femmes et pillé les maisons”. Les supérieurs étaient au courant. Les Américains aussi.

Il y avait même une sorte de concurrence entre la police nationale et la Division d’Intervention d’Urgence du ministère de l’Intérieur : lorsque la première disait à la seconde comment ils ont trouvé et violé une belle femme dans une maison, les hommes de la Division s’y rendent et la violent de nouveau.

La lutte contre l’”État islamique” avait de moins en moins d’importance. Et si les hommes de l’unité ERD ont une stratégie c’est celle de terroriser tous les sunnites de la région pour les forcer à quitter leurs maisons afin de changer les données démographiques du nord de l’Irak.

C’était mon dernier jour à la Division. Je ne pouvais plus davantage supporter de filmer ce qui se passait. J’ai plus tard pensé : “Ces victimes pourraient être ma femme ou ma fille”.

Une fois, le capitaine Omar et l’un des soldats, m’ont demandé de me joindre à eux [dans leurs actes de torture]. C’était une situation absurde, car ils m’avaient déjà tous traité comme un membre de leur équipe. Je devais le faire à cause de la peur. Je suis un Kurde, travaillant pour une agence de photographie américaine, et ils étaient quatre hommes armés, mais j’étais seul. Ils me criaient encore et encore: ” Frappe-le ! Vas-y, fais-le !”J’ai alors donné à un des prisonniers une gifle au visage. Pas trop violente ni trop douce. C’était horrible, et c’était la dernière chose que j’ai faite là-bas. J’ai prétendu que ma fille était malade et que je devais rentrer chez moi, alors je suis retourné dans ma ville natale de Khanaqin, mais seulement pendant quelques jours.

Par la suite, j’ai amené ma famille dans un endroit sûr et j’ai quitté l’Irak, mon pays, car il était clair que ma vie serait en danger dès que je publierai la preuve de ces crimes de guerre. Maintenant, je comprends pourquoi il était si facile pour l’EI de prendre Mosul et d’autres régions sunnites. Les gens ont craint de ne pas survivre sans protection armée, mais finalement, ils ont aggravé leur situation.

Je vis maintenant dans un pays étranger. Où exactement? Je ne le dirai pas, pour des raisons de sécurité. Je me demande parfois ce qu’Omar et Haider pensent de moi maintenant. Je n’ai pas fait de promesses, et je n’ai filmé rien de façon secrète. Ils ont tous vu que j’ai documenté leur abus pendant des heures, et m’ont même envoyé des vidéos de leurs meurtres quand j’ai demandé. Et dans le cas des deux frères tués, ils m’ont même dit explicitement que je pouvais intégrer ces vidéos dans ma documentation. Ils avaient perdu toute notion de ce qui était juste et de ce qui ne l’était pas. À l’origine, je voulais être avec les deux hommes dans le processus de libération de Mossoul comme partie intégrante de notre histoire commune. Cela n’arrivera plus. Je voulais les représenter comme des héros, mais cela n’arrivera jamais.  Il n’est pas facile d’aller ailleurs et de recommencer une nouvelle vie. Khanaqin est ma maison. J’aimais vivre là-bas, mais quitter ma ville est le prix de mon travail et de la publication de ce témoignage.

Et ce prix, je le paierai.

Arkady5Le prisonnier Ahmed, à la mi-décembre, à l’est de Mossoul : la Division d’Urgence l’a poignardé avec un couteau derrière l’oreille. ALIARKADY / VII / Redux / laif

Depuis qu’Omar, Haider et les autres officiers ont compris ce que la publication de leurs actes pouvait signifier pour eux, je reçois des menaces. D’abord, on a posé des questions sur moi : “Nous devons parler à Ali. Où est-il?”. Quand je suis allé au Qatar le 4 janvier 2017, tout était encore calme. Après mon arrivée, j’ai contacté Haider Ali sur Facebook, et lui ai demandé s’il pouvait m’envoyer la vidéo qu’il m’avait montrée et dans laquelle lui et le capitaine Omar Nazar ont tiré sur un de leurs prisonniers par derrière. L’homme courait à travers les steppes et suppliait pour qu’on l’épargne, mais ils lui ont tiré dans le dos, alors qu’il courait, et même après qu’il se fut écroulé au sol.

“Bien sûr”, m’a répondu Haider, et il m’a envoyé la vidéo. Je l’ai encore sur mon téléphone.

Ali Arkady

Traduit de l’anglais par Al-Thawra news

Source (allemand) : https://magazin.spiegel.de/SP/2017/21/151254648/

Traduction (anglais) : https://hayaatq.wordpress.com/…/a-translation-of-a-der-spi…/

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