L’ACHARNEMENT JUDICIAIRE SE POURSUIT CONTRE ANTONIN BERNANOS

Le 27 juin 2019, Antonin, en détention préventive à la prison de Fresnes suite à un affrontement à Paris entre antifascistes et militants d’extrême-droite, a été transféré à la prison de la Santé. Ni lui, ni son avocat ni ses proches n’avaient été prévenus.

Des permis de visite avaient enfin été accordés à sa famille après avoir passé deux mois sur le bureau de la juge Sabine Kheris, et des dispositions venaient tout juste d’être prises pour qu’Antonin puisse continuer sa scolarité en Master de sociologie à l’EHESS. Tout cela est repoussé jusqu’à nouvel ordre.

Un transfert à la Santé pouvait sembler une bonne nouvelle : il rapprochait Antonin de ses proches mais aussi de ses professeurs et les conditions de détention de la Santé sont incomparablement meilleures à celles, ahurissantes, de Fresnes. Il n’en est rien. Ce changement était provisoire.

Le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire vient en effet, avec l’aval de la juge d’instruction, de demander le transfert d’Antonin vers une prison hors d’Île-de-France. L’administration pénitentiaire reproche à Antonin, sans fondement aucun, d’être un facteur de troubles : il serait la cause d’un survol de drone de la prison et du caillassage d’agents de sécurité, alors qu’il est à l’isolement depuis plus d’un mois. Lui sont reprochés la médiatisation de son incarcération ainsi que le soutien de « la mouvance ultra gauche francilienne », susceptible d’après les services de la pénitentiaire de mener « des actions à l’encontre des établissements » où Antonin est incarcéré.

Cette terminologie grotesque et paranoïaque pourrait prêter à sourire si elle ne venait pas justifier une dure réalité. Antonin est aujourd’hui incarcéré depuis près de trois mois pour une affaire dans laquelle il conteste les faits et qui tient uniquement sur le témoignage d’un militant fasciste de Génération identitaire. Sa détention a été décidée par un juge des libertés, Charles Prats, qui n’hésite pas à dire publiquement sa détestation des antifascistes. Antonin est tenu loin de ses proches, qui ne peuvent toujours pas le voir et son courrier transite toujours de manière aléatoire. Toutes les dispositions qu’il a pris avec ses professeurs et les centres scolaires des prisons de Fresnes et de la Santé, afin de lui permettre de passer ses examens, ont été sabordées par ce harcèlement pénitentiaire.

Le placement à l’isolement et la volonté de limiter ses rapports avec ses proches étaient déjà disproportionnés au vu de l’affaire. Ces transferts, extrêmement peu courants dans le cadre d’une détention préventive, indiquent une volonté claire de maintenir longuement Antonin en détention, envers et contre tout. Cet acharnement judiciaire constitue une véritable vengeance d’État, qui vise à déstabiliser un militant actif au sein des luttes en cours et à épuiser ses soutiens.

Élaborées d’abord pour les populations non-blanches des quartiers populaires et progressivement élargies aux militants révolutionnaires et aux Gilets jaunes, ces mesures d’exception sont la traduction du tournant autoritaire de l’État français.

Nous ne sommes pas dupes, les pratiques carcérales ne sont jamais bienveillantes. Reste que ces pratiques se massifient et s’étendent dans un contexte de conflictualité sociale exacerbée. À l’heure où l’autorité de l’État est remise en cause, il n’est pas étonnant qu’à l’instar des institutions policières et judiciaires, l’administration pénitentiaire se radicalise.

Collectif Libérons-Les
Paris, le 10/07/2019.

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