Liban: nouvelle journée de mobilisation contre le pouvoir en place

media Des Libanais sur la place des Martyrs à Beyrouth le 10 novembre dernier manifestaient contre le pouvoir en place. REUTERS/Andres Martinez Casares

Au Liban, le mouvement de contestation contre la corruption de la classe politique se poursuit depuis le jeudi 17 octobre alors que le président de la République n’a toujours pas désigné un successeur au Premier ministre démissionnaire, Saad Hariri. Une forte mobilisation est attendue ce mardi pour dénoncer le retard dans la formation d’un nouveau gouvernement.

Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

Le mouvement de contestation ne s’essouffle pas et une forte mobilisation est attendue ce mardi 12 novembre pour dénoncer le retard dans la formation d’un nouveau gouvernement et dans l’adoption de réformes économiques et sociales.

Lycéens et étudiants, fer de lance des manifestations

Le Liban sera de nouveau paralysé ce mardi 12 novembre. Le ministre de l’Éducation, un proche du leader druze Walid Joumblatt, qui soutient la contestation, a demandé aux écoles et aux universités de fermer leurs portes. Une grande partie des établissements scolaires et universitaires vont suivre sa consigne.

Les banques aussi seront fermées après la grève ouverte décrétée par les employés du secteur. Lycéens et étudiants constitueront le fer de lance des manifestations de cette journée, qui auront lieu partout dans le pays. Un grand rassemblement est prévu dans le centre-ville de Beyrouth.

Cette mobilisation a été décidée pour empêcher une séance parlementaire qui était destinée à voter une loi d’amnistie générale contestée et d’autres textes anti-corruption jugés insuffisants par les contestataires.

Sous la pression de la rue, le président de la Chambre, Nabih Berry, qui est dans le collimateur des manifestants, a finalement décidé de reporter la séance à mardi prochain. Mais la journée d’action des contestataires a été maintenue.

Un gouvernement avec des personnalités indépendantes

Avant de procéder à la désignation d’un nouveau Premier ministre, le président de la République, Michel Aoun et son allié, le Hezbollah, veulent s’entendre avec les autres forces politiques sur la nature et la composition du prochain cabinet.

Les contestataires, soutenus par Walid Joumblatt et le chef chrétien Samir Geagea, souhaitent un gouvernement composé de personnalités indépendantes.

Michel Aoun et le Hezbollah veulent que les principales forces politiques soient représentées au sein de l’exécutif, aux côtés de technocrates. Le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri, qui fait figure de favori pour se succéder à lui-même, est hésitant.

Cette longue attente a des répercussions négatives sur la situation financière et économique du pays, qui frôle la catastrophe.

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