Irak: après la tuerie dans le centre de Bagdad, la contestation continue

media Des manifestants irakiens dans les rues de Bagdad après la mort de plusieurs protestataires, Bagdad le 7 décembre 2019 SABAH ARAR / AFP

Plus de 24 heures après l’attaque meurtrière au centre de Bagdad visant des protestataires, le bilan s’alourdit avec 24 morts au total. Malgré l’inquiétude, les manifestants affirment qu’ils ne se démobiliseront pas pour autant.

Ce fut l’une des attaques les plus meurtrières de la contestation en Irak. Certains protestataires l’appellent déjà « le massacre de Sinak ». Vendredi 7 décembre, en début de soirée, des dizaines d’hommes armés et masqués ont débarqué aux abords de la place Tahrir, à Bagdad, à bord de plusieurs pickups, faisant 24 morts, dont quatre policiers, selon un nouveau bilan établi de sources médicales.

Karar, un manifestant de 22 ans, était sur place lorsque les hommes armés sont arrivés. « J’étais dans une tente médicale près du pont. On a vu les gens partir, puis courir. Et puis d’un coup, on a entendu des coups de feu », témoigne-t-il auprès de notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann.

Comme beaucoup d’autres, ce jeune manifestant est encore sous le choc et accuse les milices d’être aujourd’hui derrière une large campagne d’intimidation. « On sait qu’ils essayent de nous intimider ou qu’ils veulent qu’on réponde, pour nous entraîner dans une guerre civile », précise Karar.

La maison du leader shiite Moqtada Sadr visée par un obus

Ce samedi 8 décembre, malgré l’attaque, des milliers d’Irakiens ont quand même continué à se mobiliser dans les rues de Bagdad et dans le sud du pays. « Je pense que ce qui s’est passé n’affectera pas les manifestations, affirme Gaith, un autre manifestant. Au contraire : beaucoup de gens viennent dans le quartier de Sinak et sur la place Khalani parce que le massacre a eu lieu ici. »

Quelques heures après la tuerie, un obus tiré par un drone a visé la maison du leader chiite Moqtada Sadr, qui n’était pas sur les lieux au moment de l’attaque et qui a été le premier à avoir réclamé le départ du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi.

Outre ces attaques, des dizaines de manifestants ont été enlevés depuis le début de la contestation par des hommes en uniforme noir, que l’État dit ne pas avoir réussi à identifier. Depuis le 1er octobre, le mouvement de contestation en Irak a déjà fait 440 morts et 20 000 blessés.

À écouter : Contestation en Irka: au-delà des symboles, quelles solutions ?

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