Palestine occupée :Amir, 11 ans, et Rami 13 ans, visés et blessés par des snipers sionistes

Gideon Levy, rompt comme d’habitude le silence médiatique, sur l’un des nombreux crimes commis récemment l’armée d’occupation israélienne, contre des enfants palestiniens.


« Ces garçons seraient tranquillement rentrés de l’école, s’il n’y avait eu ces tirs de snipers israéliens », écrit-il dans Haaretz, à propos d’Amir et de Rami, du camp de réfugiés de Jalazun près de Ramallah.

Deux enfants, âgés de 11 ans et 13 ans, se cachaient des forces armées alors que des jeunes leur lançaient des pierres. En se relevant de leur abri, ils ont été blessés par les tirs d’un sniper israélien posté à bonne distance.

L’occupation au quotidien : pas de quoi en faire un article ?

« Quiconque rencontre Amir Zubeideh, qui fait moins que ses 11 ans, a bien du mal à comprendre que des soldats puissent lui tirer dessus à balles réelles », écrit Gideon Levy qui s’est donné la peine d’aller le voir en Cisjordanie occupée.

L’école d’Amir et son ami Rami Abu Nasara est située à l’entrée du camp de Jalazun, dans la banlieue de Ramallah. Ce camp de réfugiés est connu pour être l’un des plus sordides des territoires occupés, caractérisé par la densité et la pauvreté, les maisons surpeuplées et les tas d’ordure. Alors pour évacuer leur frustration, les enfants passent parfois, entre l’école et la maison, jeter des pierres sur la tour de contrôle de l’armée de « défense » israélienne, située à l’arrière de la colonie de Beit El, face à leur école, créée par l’UNRWA.

C’est en quelque sorte leur contribution à la cause nationale, le service militaire de ces enfants, qui n’ont par ailleurs pas grand-chose pour occuper leur temps libre dans ce lieu dévasté. C’est surtout leur façon de protester contre ces colonies qui ne cessent de s’étendre et bouleversent leur vie, la vie d’enfants sous occupation militaire.
Seule une rangée d’oliviers sépare l’école des premières maisons de la colonie. Celle-ci étouffe littéralement le camp de Jalazun, lui interdisant de se développer, le laissant suffoquer pour un peu d’air, coincé dans l’étroite vallée derrière l’autoroute.

Parfois ce sont les soldats qui provoquent les enfants à coup de gaz lacrymogènes ou en les attendant tapis en embuscade au milieu des oliviers. Dans tous les cas, ce sont des enfants de l’école primaire, pourvus seulement de pierres et se tenant à distance, face à une tour militaire fortifiée. C’était le cas ce dimanche 17 novembre. Après leur journée de classe, une douzaine d’enfants ont pris la direction de la tour de garde pour se livrer à leur rituel lancer de cailloux.

L’année précédente, au même endroit, un autre enfant du camp, Mahmoud Nakhle a été abattu alors qu’il était de dos, fuyant les lieux. Les militaires ont ensuite empêchés l’ambulance d’accéder jusqu’à la victime, le laissant mourir à petit feu. Une photographie et un monument de fortune marquent le lieu de son décès, tout près de là où Amir et Rami avaient trouvé refuge.

Cette fois-ci, les enfants- dont tous ne jetaient pas de pierres- se déplaçaient entre la tour de contrôle et la colonie illégale. Une poignée de soldats est sortie, tirant des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour repousser les enfants. Ceux-ci reculaient à mesure que les soldats avançaient. Après une demie-heure de ce manège, quelques soldats supplémentaires joignirent la « mission ». D’après les témoignages recueillis par B’Tselem (ONG israélienne de défense des Droits de l’Homme), l’un d’eux était en tenue civile et équipé de l’arme utilisée par les snipers. A 14h, les tirs à balles réelles commençaient. Des marchands, qui se sont trouvés par hasard dans la trajectoire des balles, ont également dû se cacher pour sauver leur vie.

La famille Zubeideh vit à l’étroit dans une petite maison au coeur du camp. Le père, Ihab, ancien professeur d’anglais âgé de 47 ans, est paralysé des membres inférieurs depuis sept ans, suite à une chirurgie ratée du dos. Sa femme Samiya a 40 ans, Amir est le plus jeune de leurs cinq enfants. Bien élevé, il est tout sourire malgré le plâtre qui lui recouvre le bras et la pièce de métal qui est venue se loger dans sa poitrine.

Alors que son père lui enjoint de nous dire toute la vérité, Amir nous dit ne pas avoir jeté de pierres. « Et quand bien même, ajoute Ihab, aurait-il blessé Israël en jetant des pierres ? Un enfant comme lui serait capable de mettre Israël en danger avec des cailloux ? C’est juste un enfant ».
- « Pourquoi pensez-vous que les soldats ont tiré ?  » demande Gideon Levy
- « Vous êtes israélien, vous savez bien qu’ils n’ont besoin d’aucune raison ».

Rami, dont le père est le boulanger du camp, a été encore plus sévèrement blessé. Il lui faudra une seconde opération.

D’après les porte-paroles de l’armée israélienne dite de défense, les tirs étaient justifiés, des douzaines d’individus ayant supposément mis en danger la vie des soldats. « Tirer sur des enfants, c’est devenu normal pour eux », commente Razhi Abu Nasara. »

Et pour Madame Fatou Bensouda ?

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Gideon Levy dans Haaretz

CAPJPO-EuroPalestine

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