Irak: plusieurs arrestations après la mort d’un manifestant à Bassora

La dépouille du jeune manifestant tué par des miliciens dimanche à Bassora portés par des proches, le 11 mai 2020.
La dépouille du jeune manifestant tué par des miliciens dimanche à Bassora portés par des proches, le 11 mai 2020. REUTERS

Le nouveau Premier ministre irakien avait promis de mettre un terme aux violences contre les manifestants. Et Moustafa al-Kazimi semble décider à faire respecter ses engagements. Cinq miliciens liés à un parti politique ont été arrêtés après la mort d’un manifestant à Bassora, dans le sud du pays. Ils sont accusés d’avoir ouvert le feu sur la foule.

Dans la ville pétrolière de Bassora comme dans d’autres villes irakiennes, des manifestations ont encore éclaté dimanche malgré le changement de gouvernement. En dépit des promesses de réformes, certains tentent de relancer la « révolte d’octobre ». À Bassora, la situation a dégénéré dimanche soir lorsque les protestataires réclamant un renouvellement complet du système politique et de ses hommes se sont approchés du siège d’un petit parti local. Des hommes armés ont tiré sur eux, un jeune homme est mort.

L’année dernière, près de 600 manifestants ont été tués dans des circonstances similaires, par des milices liées à des partis politiques qui entendent faire leur loi. Et sans que les auteurs de ces meurtres ne soient poursuivis. Mais cette fois, le nouveau gouvernement de Moustafa al-Kazimi, nommé la semaine dernière, semble avoir voulu se démarquer de ses prédécesseurs. Les forces de sécurité ont annoncé lundi avoir arrêté cinq membres d’un petit parti.

►À écouter : Nouveau gouvernement en Irak: «Moustafa al-Kazimi est une personnalité relativement moderne et modérée»

« À chaque fois, il y a des tirs à balles réelles pour disperser les manifestants. Et encore une fois à Bassora, ces tirs ont fait des victimes », se désole Mahdi al-Tamimi, directeur du haut-commissariat aux droits de l’homme de Bassora, qui espère que le nouvel exécutif mette enfin un terme à l’impunité des partis politiques et de leur bras armé, contestés par la rue irakienne.

« Nous espérons un vrai changement  »

« Aujourd’hui, avec ce nouveau gouvernement au pouvoir, nous espérons vraiment du changement, explique-t-il. La question des droits de l’homme doit être la priorité du Premier ministre Moustafa al-Kazimi. Les revendications (socioéconomiques) des manifestants sont plus que légitimes. Donc la question que l’on doit se poser c’est : pourquoi nos jeunes sont toujours dans la rue ? Pourquoi ils manifestent depuis des années. Ici à Bassora, le mouvement de contestation remonte même à 2010. Donc si le nouveau gouvernement souhaite réellement montrer qu’il a entendu le peuple, il doit aussi libérer les manifestants qui sont emprisonnés. Ensuite, la justice doit faire son travail et identifier et poursuivre ces miliciens qui tirent sur la foule. Le gouvernement doit absolument répondre rapidement à toutes les revendications populaires. »

Moustafa al-Kazimi, l’ancien chef du renseignement – l’une des rares branches de l’appareil sécuritaire qui n’a pas été impliquée dans la répression –, a multiplié les annonces promettant la liberté aux manifestants détenus, des dédommagements aux familles et l’interdiction faite aux forces de l’ordre de tirer sur les manifestants.

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