Liban: des débordements à Beyrouth lors d’une manifestation anti-système

Centre de Beyrouth, le 6 juin 2020. Dès l'assouplissement du confinement, la contestation populaire contre le pouvoir a repris.
Centre de Beyrouth, le 6 juin 2020. Dès l’assouplissement du confinement, la contestation populaire contre le pouvoir a repris. REUTERS/Aziz Taher

Plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés samedi 6 juin dans le centre de Beyrouth, pour ce qui devait être une reprise de la contestation populaire. Celle-ci s’est étiolée depuis l’hiver, et le confinement avait mis fin aux rassemblements. Mais la journée d’hier a revêtu une coloration très politique. À côté des slogans contre l’ensemble des dirigeants, d’autres sont apparus pour la première fois, visant les armes du Hezbollah, pomme de discorde.

Avec notre correspondante à Beyrouth,  Laure Stéphan

Le rassemblement de samedi est le premier depuis que les autorités ont commencé à alléger le confinement imposé à la mi-mars pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus.

La foule est dispersée et disparate dans le centre de Beyrouth : des militants de la première heure, des sympathisants de partis politiques, des groupes de jeunes encadrés par des « chefs ». Ces groupes hétéroclites avancent une pléthore de griefs économiques et sociaux, et réclamant pour certains des législatives anticipées.

Ghadi fait partie de ceux qui sont descendus depuis le mois d’octobre. « On est venus demander nos droits, on veut construire un État, confie-t-il. On veut la chute du gouvernement, et des élections anticipées avec une nouvelle loi électorale. En trente ans, cette classe politique n’a pas construit l’État dont nous rêvons. C’est vrai, le gouvernement est nouveau, mais il n’a pas répondu à nos demandes. »

50 blessés

Mais la manifestation tourne rapidement à la confrontation : des jeunes opposés au Hezbollah courent se mesurer aux sympathisants du mouvement chiite, qui se sont déployés près de la place du rassemblement. L’armée s’interpose massivement.

Jamal Cheikh est furieux de ces tensions : « Il y a des infiltrés dans nos rangs, qui veulent faire rater notre révolution. On ne va pas l’accepter, on a payé de notre sang pour cette révolution. On ne veut pas que des gens créent des problèmes confessionnels. Les sujets qui divisent, comme les armes du Hezbollah, il faut les régler plus tard autour d’une table, pas dans la rue, ce n’est pas le moment. » La question des armes du Hezbollah est un des principaux sujets de discorde dans la classe politique. Le groupe est la seule faction à ne pas avoir abandonné son arsenal militaire au sortir de la guerre civile (1975-1990).

Nouveau mouvement de foule, nouvelle confrontation, cette fois entre des manifestants jetant des pierres, et la police, qui lance des gaz lacrymogènes. C’est le chaos.

Dans la soirée, des tirs résonnent dans la capitale ; plusieurs responsables, sunnites et chiites, ont appelé au calme. La manifestation a été émaillée d’incidents, qui ont fait près de 50 blessés.

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