Le régime algérien accusé de profiter de la crise sanitaire pour intimider les activistes

Des étudiants algériens manifestent le 18 février 2020 à Alger, la capitale, quelques jours avant le premier anniversaire du mouvement du « Hirak ».
Des étudiants algériens manifestent le 18 février 2020 à Alger, la capitale, quelques jours avant le premier anniversaire du mouvement du « Hirak ». RYAD KRAMDI / AFP

En Algérie, militants et organisations de la société civile dénoncent une multiplication des arrestations et condamnations de personnes proches du Hirak, ce mouvement de contestation né en février 2019. Des militants accusent le pouvoir de vouloir intimider les manifestants avant une éventuelle reprise du Hirak.

Les manifestants algériens s’interrogent depuis quelque temps sur le moment opportun pour reprendre les manifestations contre le régime, interrompues en raison de la situation sanitaire. Depuis la mi-mars en effet, tout type de rassemblement est interdit en Algérie dans le cadre des mesures de lutte contre le coronavirus. Mardi 23 juin, cinq personnes ont été condamnées à des peines de 6 mois à un an de prison ferme à Tizi Ouzou pour avoir participé à une manifestation vendredi dernier. Neuf autres ont été relaxées.

Même si quelques marches ont ainsi été organisées dans différentes villes algériennes, et notamment en Kabylie, plusieurs partis politiques, associations et avocats ont récemment appelé à patienter.

Condamnation de la militante Amira Bouraoui

Malgré cette trêve sanitaire, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme recense des dizaines d’arrestations depuis le début du confinement en mars. Des figures du Hirak, des journalistes ou des blogueurs arrêtés pour leurs publications sur les réseaux sociaux.

Dimanche, la militante Amira Bouraoui, connue pour s’être opposée au 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika en 2014 a été condamnée à un an de prison ferme, notamment pour offense au président de la République. Une semaine plus tôt, plusieurs figures du mouvement actuel ont été interpellées à Alger, dont Hakim Addad, l’un des fondateurs du RAJ, une organisation très impliquée dans le Hirak. Il a depuis été relâché et placé sous contrôle judiciaire.

Des organisations de la société civile et militants accusent le pouvoir algérien de profiter de la crise sanitaire pour accentuer la répression, et tenter d’empêcher une reprise des manifestations hebdomadaires.

Avec le confinement, le pouvoir essaye de s’en prendre à ceux qui pourraient aider à prendre le relais du mouvement de contestation

Isabelle Werenfels, spécialiste du Maghreb, chercheuse à l’institut allemand des affaires internationales

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