Haïfa : Libérez Muhannad Abu Ghosh !

La soi-disant démocratie israélienne réserve un sort très particulier à ses citoyens d’origine palestinienne : ainsi Muhannad Abu Ghosh, militant dans la ville de Haïfa*, a été arrêté lundi, et détenu dans un endroit inconnu, sans avoir le droit de consulter un avocat.

Haïfa : Libérez Muhannad Abu Ghosh !
Veillée devant le tribunal de Haïfa, le 26 janvier 2021 (Photo: Yoav Haifawi)

« Lundi matin 25 janvier, la police israélienne a envahi le domicile de Muhannad Abu Ghosh, 44 ans, dans le centre de Haïfa et l’a emmené. En tant que militant de longue date pour les droits des Palestiniens, il est presque habitué à ce type de rencontre, si tant est qu’on puisse s’y habituer.

Emprisonné pendant plusieurs années pour avoir participé aux activités de la première Intifada dans sa ville natale d’Al-Quds/Jérusalem, il est régulièrement embarqué, y compris à son domicile, devant ses enfants, et interrogé par la Shabak (services secrets israéliens)*.

Il a même été détenu à Ramallah par «l’Autorité palestinienne», après avoir participé, en tant qu’étudiant à l’université de Bir Zeit, à une manifestation contre la politique anti-palestinienne de la France.

Curieusement, peu de temps après avoir été interrogé, Muhannad Abu Gosh il a été conduit lundi au tribunal de Haïfa où sa détention a été reconduite pour une semaine entière, sans que la moindre accusation contre lui n’ait été évoquée.

Il a été empêché par un décret spécial de rencontrer un avocat, une mesure réservée aux citoyens israéliens d’origine palestinienne.

Bien que son avocat n’ait pas été informé de l’endroit où il est actuellement détenu, j’ai de bonnes raisons de croire qu’il se trouve dans la section de la Shabak à Jelemeh – où les conditions difficiles et l’utilisation de toutes sortes de tortures psychologiques et physiques sont la norme.

Mardi, son avocat, Khaled Mahajna, a fait appel de la détention sans inculpation d’Abou Ghosh et du décret l’empêchant de rencontrer un avocat. Avant le début des audiences, une vingtaine de militants d’Haïfa, bien que prévenus au dernier moment, ont quand même réussi à organiser une veillée de solidarité devant le tribunal, appelant à la libération de leur camarade.

Toutes les procédures du tribunal se sont déroulées à huis clos. Seule l’épouse du détenu a été autorisée à entrer dans le bâtiment du tribunal, mais elle n’a même pas été autorisée à voir son mari.

Les agents de la Shabak ont ​​rencontré le juge seuls, hors de la présence d’Abu Ghosh ou de son avocat, afin de lui présenter leurs «preuves secrètes». Ni le détenu, ni son avocat n’ont été autorisés à savoir de quoi il s’agissait.

Et, comme par hasard… les appels ont été rejetés.

Muhannad Abu Ghosh est un écrivain et un artiste. Son écriture satirique poignante lui a valu de nombreux adeptes sur les réseaux sociaux. Son livre de nouvelles sur la première Intifada a été publié par un éditeur à Beyrouth. Il est également connu comme l’un des fondateurs d’Herak Haifa, un mouvement qui a joué un rôle de pionnier dans la lutte pour les droits nationaux palestiniens au cours des 10 dernières années.

En regardant sa page Facebook après sa détention, j’ai découvert qu’il était l’un des rares militants dévoués à commémorer le 10e anniversaire du printemps arabe en promettant que son message de liberté ne mourra jamais. Sur une photo de neige sur Jabal al-Sheikh, il s’inquiète de la souffrance du peuple syrien et du peuple palestinien des deux côtés de la montagne.

*Haïfa est censée être l’endroit le plus «progressiste» sous l’apartheid israélien. Il est censé donner un exemple de «coexistence» entre Arabes et Juifs sous le régime sioniste. Mais ce n’est qu’un mince déguisement de la domination continue de la suprématie juive sur la population palestinienne indigène.

*La Shabak est la plus haute autorité dans tout ce qui est lié à la population arabe. Ils tiennent un «dossier» secret pour chaque citoyen et invitent régulièrement de jeunes Palestiniens (militants et autres) à des «entretiens» – destinés à les éloigner de toute manifestation politique. Environ cinq militants d’Hérak ont ​​passé des semaines d’ interrogatoires sévères dans les cachots de la Shabak à Jelemeh.

Dans une déclaration exigeant la libération immédiate d’Abu Ghosh, le groupe Herak a averti qu’en l’empêchant de rencontrer un avocat, «ses geôliers visent à l’isoler du monde et à exercer la plus grande pression illégale pour briser son esprit inébranlable». Ils ont mentionné qu ‘«il souffrait de maux de dos chroniques à la suite de tortures lors d’arrestations précédentes». Ils appellent «toutes les forces nationales et démocratiques palestiniennes, toutes les institutions des droits de l’homme et toutes les personnes ayant une conscience vivante, à agir rapidement pour la libération du camarade Muhannad Abu Ghosh».

Par Yoav Haifawi

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Mondoweiss.net

CAPJPO-EuroPalestine

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