Irak: des roquettes visent une base abritant des soldats américains au Kurdistan

Publié le : 15/02/2021

Des vitres brisées du Bright Castle Motors, après la chute de roquettes, près de l'aéroport d'Erbil, le 15 février 2021.
Des vitres brisées du Bright Castle Motors, après la chute de roquettes, près de l’aéroport d’Erbil, le 15 février 2021. REUTERS – AZAD LASHKARI

Texte par : RFI

C’est la première fois que de tels tirs prennent pour cible des installations militaires ou diplomatiques en Irak depuis presque deux mois. Publicité

Au moins trois roquettes ont été tirées vers Erbil, la capitale de cette région autonome du nord de l’Irak, et l’une a atteint une base aérienne sur laquelle des troupes américaines sont stationnées, selon cette source. C’est la première fois depuis près de deux mois que de tels tirs prennent pour cible des installations militaires ou diplomatiques occidentales en Irak.

L’attaque a été revendiquée en ligne par un groupe peu connu qui se fait appeler Awliyaa al-Dam ou Guardians of Blood (les « Gardiens du sang »). Ce n’est pas la première fois. Les experts estiment que ces milices sont des groupes écrans, dirigés par les factions traditionnelles proches de l’Iran en Irak, rapporte notre correspondante en Irak, Lucile Wassermann.

Des civils blessés

Vers 21h30 heure locale (18h30 Tu), un correspondant de l’AFP a entendu plusieurs puissantes explosions dans la banlieue nord-ouest d’Erbil. Des sources sécuritaires irakiennes et occidentales ont déclaré à l’AFP qu’au moins trois roquettes avaient été tirées en direction de l’aéroport de la ville. Outre le complexe militaire, deux d’entre elles sont tombées sur des zones résidentielles de la périphérie de la ville.

Le colonel Wayne Marotto, porte-parole de la coalition menée par les États-Unis a confirmé qu’un employé civil étranger avait été tué dans l’attaque et que cinq autres personnes avaient été blessées, dont un militaire américain. La nationalité du sous traitant n’a pas été confirmée pour le moment.

Le ministère de l’Intérieur du Kurdistan a confirmé dans un communiqué que « plusieurs roquettes » avaient frappé la ville. Il a précisé que les agences chargées de la sécurité avaient lancé « une enquête minutieuse » et avaient appelé les civils à rester chez eux jusqu’à nouvel ordre.

Tirées depuis le Kurdistan, selon un officier

Les États-Unis ont appelé à une enquête sur l’attaque et à la poursuite de ses auteurs. « Nous sommes indignés par l’attaque aux roquettes d’aujourd’hui », a déclaré le secrétaire d’État américain Antony Blinken. « J’ai contacté le Premier ministre du gouvernement régional kurde Masrour Barzani pour parler de l’incident et je l’ai assuré de tout notre soutien pour enquêter et demander des comptes aux responsables », a-t-il dit. Il s’agit de la première attaque contre des intérêts américains en Irak depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Des médias de propagande pro-iraniens ont été les premiers à annoncer l’attaque.

Le président irakien Barham Saleh a déclaré sur Twitter que l’attaque était « un acte terroriste criminel » et constituait « une escalade dangereuse » pour la sécurité dans la région. Masrour Barzani, Premier ministre de la région autonome du Kurdistan, a condamné l’attaque « dans les termes les plus fermes ».

Deux sources dans le domaine du renseignement ont précisé à l’AFP que les roquettes avaient été lancées depuis l’intérieur de la région autonome. Et un officier américain a précisé que les projectiles étaient des roquettes de 107 millimètres qui avaient été tirées à une distance de huit kilomètres à l’ouest d’Erbil.

(avec AFP)


Saraya Awliyaa al-Dam, une nouvelle faction pro-iranienne en Irak ?

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Le groupe Saraya Awliyaa al-Dam affirme combattre l’ « occupation américaine », un objectif partagé par de nombreuses autres milices à majorité chiites. 

Depuis l’assassinat à Bagdad, il y a plus d’un an, du général iranien Qassem Soleimani, et de son bras droit irakien, le très populaire Abou Mahdi al Mouhandis, de nombreux groupes armés chiites ont fait leur apparition. Ils sont surnommés les cellules Katioucha en référence aux lance-roquettes soviétiques qu’ils utilisent.

La multiplicité de ces groupes permet d’une certaine manière de brouiller les pistes. La nature exacte de leurs liens avec les milices irakiennes reconnues n’est pas parfaitement clair. Les bureaux politiques des milices chiites regroupés sous le nom de « unités de la mobilisation populaire » sont représentés au Parlement irakien et leurs branches armées sont reconnues comme partie intégrante des forces militaires irakiennes depuis la guerre contre l’organisation État islamique.

Ce harcèlement à la roquette mené par de petits groupes pourrait donc permettre au forces pro-iraniennes d’exercer une certaine pression sur les forces occidentales, avant tout les forces américaines, sans pour autant donner des justifications à une guerre ouverte. 

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