Week-end de mobilisation populaire antipouvoir

OLJ / le 15 mars 2021

Week-end de mobilisation populaire antipouvoir

Contre l’incurie des autorités, les pierres des manifestants. Nabil Ismaïl/an-Nahar

Au terme de deux journées de colère à travers le Liban, sur fond d’effondrement de la livre libanaise, des contestataires se sont mobilisés une nouvelle fois hier pour protester contre l’inertie des autorités et leur incapacité à régler la crise sans précédent que traverse le pays. La journée dominicale avait pourtant commencé dans le calme. Mais dans l’après-midi, des manifestants ont bloqué nombre de routes à l’aide de véhicules, de blocs de pierre et de pneus enflammés.

Selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, à Tyr, l’autoroute de Zahrani a été coupée à la hauteur de la bretelle de Najarieh. Et à Saïda, la place Élia a été complètement bloquée par des chauffeurs de camions, qui protestaient contre la dégradation de leur pouvoir d’achat. De même au sud de la ville, l’autoroute a été coupée à la hauteur de Addoussiyé.

À Nabatiyé, le regroupement de la « Jeunesse qui rêve de bâtir une nation » a organisé un sit-in place al-Menchiyé, dénonçant la situation économique catastrophique et la flambée du dollar. S’engageant à ne pas quitter les places publiques, les participants ont rappelé à la classe au pouvoir leur souhait « de vivre dans un État-nation, et pas seulement de manger à leur faim ».

Même scénario dans la plaine de la Békaa, où des protestataires postés dans le village de Haouch Sneid ont bloqué la route principale reliant Zahlé à Baalbeck. Lire aussi Comment expliquer la résilience de la classe politique libanaise

Samedi, c’est par centaines que les Libanais avaient fait part de leur colère, du nord au sud du pays, face à l’inertie des dirigeants, alors que le dollar s’est échangé à plus de 12 500 LL au cours du week-end, un nouveau record, sur le marché noir. À Beyrouth, les protestataires ont organisé une marche à Hamra, dans les environs de la Banque du Liban et du ministère de l’Intérieur, appelant la classe politique à dégager et réclamant des législatives anticipées. Certains ont même lancé des projectiles en direction du bâtiment de la BDL. À Sin el-Fil, à la sortie nord de Beyrouth, ils ont organisé un sit-in devant le domicile du président de l’Association des banques Salim Sfeir, dénonçant les restrictions bancaires illégales que subissent les déposants. Les manifestants se sont aussi rassemblés place des Martyrs, au cœur de Beyrouth, place emblématique du soulèvement populaire qui a éclaté le 17 octobre 2019, où les militaires à la retraite ont dressé de nouvelles tentes, signe de leur volonté de reprendre possession du centre-ville. Les contestataires ont brandi des drapeaux libanais et scandé des slogans contre la crise et la corruption de la classe politique. Un porte-parole du groupe « Le Front du 17 octobre » a appelé à « poursuivre la révolution jusqu’à ce que toutes ses revendications soient entendues et que tombent les dirigeants corrompus au pouvoir ». « Il est temps que tout le monde manifeste sur les places publiques », a-t-il lancé.

Au son de chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs, les protestataires se sont ensuite dirigés vers le port de Beyrouth. Des slogans ont appelé à faire éclater la vérité sur la double explosion du 4 août et à préserver l’indépendance de la justice. Ils ont surtout dénoncé la « négligence meurtrière » des dirigeants. Dans la foulée, des contestataires ont brièvement démantelé l’une des fortifications en métal installées par les forces de l’ordre pour empêcher tout accès au siège du Parlement. Ils se sont aussitôt retrouvés face à d’imposants blocs de béton. Les forces de sécurité déployées de l’autre côté du mur ont alors lancé des bombes lacrymogènes, dispersant rapidement les manifestants. On dénombrait un blessé samedi dans ces échauffourées.

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