Bilan des crimes sionistes en Palestine occupée du 13 au 19 janvier 2022 

Lundi meurtrier autour d’Hébron 

Lundi 9h, l’hôpital al-Mizan d’Hébron annonce le décès de Soliman ‘Eid al-Hathaleen, un homme de 69 ans, des suites de ses blessures. Douze jours plus tôt, un camion de la police israélienne escorté d’une voiture de patrouille pénètre à l’entrée du hameau de Kherbet Um al-Kheir, au sud d’Hébron, en vue de confisquer des véhicules garés « illégalement » selon les autorités. Alors que Soliman se tenait le long de la route, le camion dévie brutalement, le heurte et le traîne sur plusieurs mètres avant de poursuivre tranquillement sa route. Mortellement blessé, Soliman subit des fractures de la cage thoracique et de la colonne vertébrale, une hémorragie pulmonaire et une hémorragie cérébrale. Alors que la police israélienne sur place ne fait rien, une ambulance palestinienne finit par arriver et le transporter à l’hôpital où il est admis en soins intensifs. Pendant douze jours, l’équipe médicale tentera en vain de le sauver. Comme par hasard, la victime était un activiste bien connu de l’occupant pour sa résistance à la colonisation…

Le même jour et non loin de là, à 13h30, à proximité de la « colonie illégale » (selon le pléonasme habituel) de Gush Etzion, un soldat de l’armée d’occupation tue Faleh Jaradat, habitant de Sa’ir, pour le motif habituel qu’il aurait tenté une attaque au couteau. Pas moins de onze habitants de Sa’ir ont été assassinés sous le même prétexte entre octobre 2015 et janvier 2016, tandis qu’un prisonnier issu de cette ville est mort sous la torture en 2013*.  

Arafat Jaradat tué par la torture israélienne

Pour les Palestiniens, une insécurité permanente 

Hormis ces deux homicides, 33 Palestiniens de Cisjordanie ont été blessés cette semaine, tandis que la Palestine occupée subissait 88 raids contre villes et villages et 24 attaques contre des manifestants.

Mais personne, quoi qu’il fasse, n’est à l’abri de l’occupant…Ainsi, jeudi, Mohammed al-Faqih (15 ans), était en train de jouer avec des garçons de son âge à proximité du mur de l’apartheid quand une patrouille israélienne en maraude les repère et entreprend de les contrôler. Paniqués, les garçons s’enfuient, coursés par les soldats. Dans sa fuite, Mohammed se blesse en tombant. Il est conduit à un centre de soins palestinien où son pied doit être opéré.

Vendredi, à Beit Najan, près de Naplouse, parmi les 8 manifestants blessés alors qu’ils protestaient contre les attaques de colons et les confiscations de terres, on compte un journaliste : Muhammad al-Khatib. Le même jour, à un checkpoint au nord de Qalqiliya, un mineur est blessé d’une balle métallique.

Pendant ce temps, le bouclage de l’entrée nord de Kafr Qaddoum provoque des protestations dont la répression cause 6 blessés. Etc. 

Enfants battus et kidnappés 

Cette semaine, 92 nouveaux Palestiniens de Cisjordanie ont rejoint les geôles israéliennes. Comme toujours, enfants et adolescent(e)s ne sont pas épargné(e)s.

Jeudi, Yaman al-Hajjaj (16 ans) est enlevé en plein cœur de la ville d’Hébron.

Samedi, dès 5h du matin, un grand déploiement de soldats épaulés par des forces spéciales attaque le camp de réfugiés de Dheisha, au sud-ouest de Bethléem, repaire supposé de militants du FPLP. Ils prennent d’assaut plusieurs maisons et s’emparent de six habitants, dont un homme de 63 ans et son fils, ainsi qu’une jeune fille de 17 ans, Ranim Jaafari. 

Dimanche, à Silwan, quartier de Jérusalem en proie au nettoyage ethnique, l’occupant pénètre en force dans la maison de Azouz Sadeq Ghaith et le kidnappe sous les yeux impuissants de ses parents. Il n’a que 12 ans !

Lundi matin, les forces d’occupation établissent un checkpoint sur la route reliant les villages d’Azoun et d‘Izzbit At-Tabib, à l’est de Qalqiliya. Ils y enlèvent deux jeunes : Laith Odeh (18 ans) et Ibrahim Sweidan (16 ans).

Bilan des crimes israéliens en Palestine occupée du  13 au 19 janvier 2022

Mardi, à 1h du matin, le village de Teqoa, à l’est de Bethléem, subit une attaque d’envergure des forces d’occupation. Plusieurs maisons sont prises d’assaut et 8 jeunes gens, dont le plus vieux a 26 ans, sont raflés. Parmi les victimes figurent deux adolescents de 16 ans : Soliman et Hussein Hajahjah. Teqoa est l’objet d’agressions continuelles de la part de l’occupant (se reporter aux bilans précédents).

Une heure plus tard, c’est au tour de Ward al-Ghoul et Saif Aweis (17 ans chacun) d’être kidnappés dans leur maison à Ras al-‘Amoud, faubourg de Jérusalem.

Ce même jour à 9h, les forces d’occupation fondent sur le lycée de Deir Nizam, au nord-ouest de Ramallah. Ils envahissent plusieurs classes qu’ils saccagent, démolissent les chaises, brutalisent un enseignant, Shaher al-Tamimi, qui essayait de s’interposer, et raflent deux enfants de 14 ans, Ramez et Ahmed al-Tamimi, après les avoir tabassés. Ramez est enfermé dans une salle où il est roué de coups de poings et de coups de pieds dans l’abdomen. Trois enseignants qui voulaient intervenir sont maltraités à leur tour. Menottés et les yeux bandés, les deux enfants sont finalement enlevés à bord d’un SUV militaire.  

Jérusalem : nettoyage ethnique au bulldozer 

Jeudi : au camp de réfugiés de Shufat, à Jérusalem, deux magasins sont démolis par leur propriétaire au moyen d’un bulldozer de location, pour éviter l’amende ; dans le quartier d’Issawiya, un ordre de de démolition est apposé sur les murs de la mosquée en construction, pourtant édifiée sur des terres appartenant aux habitants.

Lundi : à 8h, à Sheikh Jarrah, agents des forces spéciales, officiers de renseignement, agents municipaux et miliciens affluent pour s’emparer d’un terrain de 0,6 ha appartenant à la famille Salhiya.

Prétexte invoqué : la construction d’une école pour les colons, alors que la place alentour ne manque pas… Tandis que les assaillants s’apprêtent à démolir les deux maisons de la famille, des membres de celle-ci grimpent sur les toits et, bouteilles de gaz en main, menacent de tout incendier et faire sauter si les bulldozers s’approchent. Ils résistent ainsi dix heures d’affilée jusqu’au retrait des forces d’occupation. Entre temps, ces dernières ont eu le temps de démolir une serre, un atelier de réparation automobile, une station de lavage de voitures et un salon de coiffure, sources de revenus pour des dizaines de familles. Pendant ce temps, à la périphérie du périmètre bouclé par l’armée, les unités spéciales dispersent sans ménagement les journalistes et les nombreux activistes venus en soutien de la famille : habitants du quartier, mais aussi militants d’ONG, représentants de l’UE, diplomates, et même membres du parlement israélien, tous scandalisés par cette expulsion illégale même du point de vue israélien. Parmi les cinq manifestants arrêtés figurent un certain Yehia al-Khatib et son fils de 15 ans, Ahmed. Mercredi à 3h du matin, l’occupant revient à la charge : 30 commandos et des dizaines d’officiers de renseignement, accompagnés de chiens policiers, bouclent à nouveau le secteur, interdisant l’accès y compris aux journalistes et au personnel médical. Puis ils coupent le courant et lancent des grenades assourdissantes à l’intérieur des maisons. Cette fois, les habitants pris en plein sommeil sont roués de coups. Femmes et enfants en pyjama sont jetés dehors dans le noir alors que la température avoisine zéro, avant que des voisins les recueillent. Quant aux 14 hommes de la famille et aux 6 activistes israéliens qui les soutiennent, ils ont droit au passage à tabac de rigueur avant d’être emmenés en détention. Les activistes seront relâchés plus tard moyennant l’interdiction de remettre les pieds à Sheikh Jarrah. La soldatesque peut alors procéder aux démolitions (voir la vidéo https://europalestine.com/2022/01/19/sheikh-jarrah-un-nettoyage-ethnique-criminel-video/).

Parmi les blessés lors de la rafle figure une fillette de 9 ans. Ces démolitions jettent à la rue 13 personnes, dont 9 enfants, au cœur de l’hiver. Ainsi s’achèvent, manu militari, 23 ans de bataille judiciaire, comme si le droit et la légalité avaient cours pour les Palestiniens !

Et cela continue… Mardi, Mohammed Ali doit démolir deux appartements dans le camp de réfugiés de Shufat. Malek Khalailah auto-détruit trois magasins dans le quartier de Jabel Mukaber. Mercredi, Fisal al-Jabari auto-démolit sa maison du quartier de Wadi al-Joz. Sans parler des démolitions dans le reste de la Cisjordanie… 

Gangs de colons déchaînés 

Jeudi, une bande de fanatiques en provenance de la colonie de Beit El, au nord d’al-Bireh, tabasse et arrose de gaz poivre une équipe de Palestine TV, envoyant trois de ses membres à l’hôpital.

Vendredi, un colon déguisé en musulman tente un coup de force contre les fidèles en prière mais les gardiens de la mosquée préviennent son geste.

A un checkpoint près de Naplouse, une bande de colons s’amuse à caillasser les voitures palestiniennes et envoie un passant à l’hôpital.

Dimanche, à l’entrée de Burqa, près de Naplouse, une autre bande attaque la maison d’Iyad Salah et la police intervient… pour réprimer les villageois qui s’opposent aux colons. L’un d’entre eux est blessé, beaucoup sont suffoqués par les gaz.

Mardi, au sud de Yatta, des colons déracinent 30 oliviers et les emportent avec eux.En tout, on recense cette semaine 11 agressions notables dues à des colons. 

La Cisjordanie entravée Aux 108 points de contrôle permanents se sont ajoutés 41 checkpoints temporaires et 6 fermetures de points névralgiques pour compliquer encore un peu plus les déplacements à risque des habitants de Cisjordanie. Personne n’est sûr d’en sortir indemne.

Dans Gaza assiégée et inondée 

En cette quinzième année de siège, alors que les deux-tiers de la population souffrent d’insécurité alimentaire, que le fuel manque pour fournir l’électricité et que les matériaux manquent pour la réparation du réseau hydraulique et la reconstruction, coincés par un mur high tech qui s’étend sous terre et se prolonge sur la mer, les Gazaouis subissent en prime des violations quasi quotidiennes du cessez-le-feu.

Ainsi, ce lundi :

– Alors qu’ils naviguent à moins de trois milles des côtes (la limite autorisée par les accords d’Oslo est de 20 milles), d’inoffensifs bateaux de pêche sont attaqués.

– Des terres agricoles sont encore visées par des soldats campés derrière la ligne de démarcation.

– Six véhicules militaires pénètrent de 100 mètres à l’intérieur du territoire gazaoui au nord de Beit Lahia, à la limite nord de la bande. Ils procèdent à des travaux de terrassement avant de repartir en début d’après-midi. Mardi, une scène à peu près identique se déroule à l’est de Khan Younis, causant des dégâts à des terres agricoles. 

* Source : en.wikipedia.org

(Compilé par Philippe G. pour CAPJPO-Europalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) et du Palestinian Monitoring Group (PMG)http://www.nad.ps/ .)

CAPJPO-EuroPalestine

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