Syrie: les FDS avancent contre l’EI, appuyés par Paris et Washington

media Des membres des Forces démocratiques syriennes et des soldats américains (g) dans la province de Deir Ezzor, le 1er mai 2018. Delil souleiman / AFP

En Syrie, les Forces démocratiques syriennes sont à l’offensive dans la province orientale de Deir Ezzor contre le dernier bastion du groupe Etat islamique. La coalition arabo-kurde combat les jihadistes avec l’appui de forces françaises et américaines.

Le groupe Etat islamique occupe encore une étroite portion du territoire syrien le long de la frontière irakienne. Au début du mois de mai, la coalition arabo-kurde des FDS a lancé une opération dans ce secteur en la qualifiant de « phase finale » de l’offensive contre l’organisation jihadiste.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les FDS progressent sur le terrain, appuyés par les artilleries françaises et américaines. L’OSDH parle de « combats acharnés » autour de plusieurs localités.

La France est toujours très discrète sur le déploiement de ses forces spéciales engagées en Syrie depuis plusieurs années. Fin avril, à Washington, le secrétaire américain à la Défense James Mattis a révélé que Paris venait d’acheminer des renforts dans ce secteur. Le nombre de soldats français présents dans cette zone n’est pas connu. Selon Washington, 2 000 soldats américains sont aujourd’hui déployés en Syrie.

A la fin de l’année dernière, le président français Emmanuel Macron envisageait la fin des opérations contre le groupe Etat islamique pour le mois de février 2018. Assiégés dans leurs derniers réduits, les combattants de l’organisation jihadiste résistent suffisamment pour contredire les prévisions occidentales.

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Bir Ghbalou (Algérie): émeutes contre l’injustice de la distribution des logements sociaux

Dans la matinée du dimanche 13 mai 2018, vers 10h, les services de
l’OPGI (Office de Promotion et de Gestion Immobilière) de Bir Ghbalou
ont entamé la distribution des convocations pour les bénéficiaires des
310 logements sociaux, dont la liste des pré-bénéficiaires avait été
affichée en juin 2017. Parmi les 310 bénéficiaires inscrits sur la liste
initiale, environ une centaine ont été écartés et remplacés par la
commission de wilaya pour «diverses raisons réglementaires»… Déjà en
juin dernier, l’affichage des pré-bénéficiaires avait déclenché
plusieurs protestations et manifestations de la part des
non-bénéficiaires, qui avaient dénoncé «le non-respect» des critères
d’attribution du logement social par la commission locale du logement.

Révoltés par les mauvaises nouvelles du jour, plusieurs dizaines de
demandeurs de logements se sont dirigés vers le carrefour du
centre-ville de Bir Ghbalou et ont commencé à bloquer les deux routes
nationales (la RN8 et la RN18) qui traversent le chef-lieu communal. Les
blocages ont été effectués avec des pneus enflammés, des grosses pierres
et des troncs d’arbres, empêchant l’accès à tout véhicule. Deux
revendications accompagnaient cette action: la réintégration dans la
liste des bénéficiaires exclus, et l’ouverture d’une enquête
ministérielle pour comprendre le pourquoi de leur absence de la liste
définitive, qu’ils jugent «arbitraire et infondée».

Vers 13h, les policiers anti-émeute ont attaqué les blocages pour
rétablir la circulation sur les deux routes nationales, provoquant des
affrontements avec les manifestants. Les forces de l’ordre ont balancé
du gaz lacrymogène pour disperser les bloqueurs, qui ont répliqué avec
des jets de pierres et bloqué l’accès à plusieurs autres rues de la
ville. Une heure plus tard, les flics ont réussi à reprendre les deux
routes nationales et à disperser l’ensemble des manifestants.

Un peu plus tard, les manifestants se sont retrouvés et se sont dirigés
vers le siège de la daïra de Bir Ghbalou. Quand des manifestants ont
tenté d’accéder à l’intérieur du siège, les services de sécurité ont
donné l’assaut pour protéger l’édifice, et de nouveaux affrontements ont
eu lieu. Des pierres ont été balancées sur les vigiles et la daïra, et
de nouveaux blocages de rues ont été mis en place avec des pneus
enflammés et des troncs d’arbres.

Divers pacificateurs locaux, des «représentants de la société civile»
ainsi que ceux du «comité local des demandeurs de logements sociaux»,
sont intervenus pour tenter de calmer les esprits et préserver le statu quo.

Mais dans la soirée, une nouvelle tentative de blocage des RN8 et RN18 a
eu lieu. L’intervention rapide des flics anti-émeute a transformé ça en
émeute jusque tard dans la nuit. Les affrontements ont été assez
violents, entre caillassages d’un côté, jets de grenades lacrymogènes de
l’autre.

La révolte s’est étendue notamment dans le «quartier des 100 logements»,
où des dégâts ont été commis sur des voitures, des habitations et des
équipements publics.

Au moins 15 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre,
principalement dans la soirée et dans la nuit.

Le lendemain, lundi 14 mai, des renforts de police ont été dépêchés sur
Bir Ghbalou, notamment pour assurer le «bon» déroulement de la
distribution des 310 logements sociaux et éviter de nouveaux débordements…

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Avec Netanyahou et Trump, le rêve sioniste converge avec le cauchemar suprémaciste

Par Lluís Bassets (revue de presse : Mounadil al Jazaïri /El Pais (Espagne) -17/5/18)*

La mutation est achevée. Le rêve a tourné et ne se différencie guère maintenant, 70 ans plus tard, du cauchemar Trumpien. Au moment même où des habitants de Gaza tombaient, tués par des tirs de snipers [sionistes], la fille de Donald Trump et son mari, Jared Kushner, accompagné par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, inauguraient l’ambassade américaine à Jérusalem. Douleur pour les uns et gloire pour les autres, le même jour et à seulement environ 80 kilomètres de distance.

Le statut de la ville est l’un des trois sujets majeurs d’un différend persistant (les deux autres sont la restitution des territoires occupés et le droit au retour des Palestiniens expulsés). Dans tous les plans de paix, la question de Jérusalem devait être abordée en dernier. Ce ne sera plus le cas, puisque Washington, qui avait jusqu’alors prétendu agir en médiateur honnête, l’a laissée au bon vouloir de son président.

Trump tient ainsi sa promesse électorale. Au Moyen-Orient, on n’est pas dupe: il fait ce que veut Netanyahou, que ce soit rompre l’accord nucléaire avec l’Iran, ou reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Ce n’est pas une question de politique internationale. La seule politique qui l’intéresse est la politique intérieure des États-Unis, où il soigne son électorat avant les élections de mi-mandat au cours desquelles la majorité républicaine est en jeu au Congrès et au Sénat et l’éventualité d’une réélection à la présidence en 2020

Le geste aura un impact international relatif. Peu de pays, et seulement de petits pays, le suivront dans la relocalisation des ambassades. Mais la répression militaire qui s’abat sur les Gazaouis est déjà de toute évidence disproportionnée. La tuerie isole encore plus Israël et détériore son image de démocratie civilisée, bien que cela ne soit guère important pour Netanyahou du moment que Trump est inconditionnellement de son côté.

La dérive de Washington laisse un vide que personne ne comblera. La Russie ne le fera pas, qui est revenue dans la région avec des réflexes tactiques de superpuissance prudente, mais sans la capacité d’agir comme un médiateur honnête. C’est encore moins le cas de la Chine, pas encore à mûre agir comme une superpuissance mondiale. Ce n’est pas le cas non plus de l’Union Européenne qui, comme l’a souligné Jeremy Shapiro dans Foreign Affairs, manque d’unité et de volonté (« Pourquoi Trump peut-il tranquillement ignorer l’Europe? Ses dirigeants s’empressent de condamner mais n’agissent jamais »).

Selon Netanyahu, également maître dans l’art de l’inversion du sens, Trump a fait l’histoire dans un grand jour pour la paix. C’est pourquoi il donnera son nom à une place, à une gare et même à un club de football, le Beitar Jerusalem qui ajoutera le nom du président à son nom.

La lumière parmi les nations est maintenant un miroir du monde. De l’unilatéralisme, du désordre international, du bellicisme, et aussi des inégalités, de l’injustice, de la discrimination, de l’extrémisme, du suprémacisme. Dans ce territoire disputé, deux nations sont dans une étreinte sanglante, victimes de différents moments historiques: l’une ayant obtenu réparation et l’autre mise à terre, 70 ans ensemble, mais sans paix, sans pitié, sans pardon. Le miroir où nous regarder.

Lluís Bassets est directeur adjoint du quotidien El Pais pour la Catalogne.

Source : Mounadil al Jazaïri

Version originale : El Pais

Traduit de l’espagnol par Djazaïri

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Les résultats du scrutin chaotique de l’Irak

Par Serhat Erkmen (revue de presse : Actualite-news.com – 18/5/18)*

L’élaboration du prochain gouvernement irakien ne sera pas une tâche facile, selon les premiers résultats des élections de samedi.

Avec des résultats surprenants, les élections législatives irakiennes de samedi ont conduit à des accusations de truquage de votes. Mais en dépit des allégations de fraude et des « irrégularités » associées aux bulletins de vote déposés par le personnel de sécurité irakien, des résultats officieux ont plus ou moins été rendus publics.

La répartition suivante fournit les informations nécessaires pour suivre la formation prévue du prochain gouvernement du pays.

La coalition Sairoon menée par le religieux chiite Muqtada al-Sadr est arrivée en tête, suivie par la coalition de la victoire du Premier ministre Haider al-Abadi et le bloc Al-Fatih, ce dernier étant associé au Hachd al-Shaabi irakien.

Ces trois leaders, qui ont tous remporté entre 50 et 55 sièges au parlement irakien de 328 membres, ont été suivis par la Coalition d’Etat de droit de Nouri al-Maliki, la Coalition Al-Wataniya d’Ayad Allaoui et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani.

Pendant ce temps, la coalition d’Al-Qarar dirigée par Osama al-Nujaifi, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) et le mouvement national de la sagesse d’Ammar al-Hakim ont tous recueilli moins de 20 sièges chacun à l’assemblée.

Les autres partis et listes ont recueilli moins de dix sièges chacun.

En résumé, les premiers résultats suggèrent l’émergence de trois grandes coalitions chiites arabes relativement proches les unes des autres.

Faible taux de participation

Le vote a toutefois été entaché par un taux de participation relativement faible de seulement 44,5%. Lors des élections de 2014, en revanche, ce chiffre était de 63%.

La plupart des observateurs attribuent le faible taux de participation à la baisse de la confiance publique envers les politiciens; l’utilisation de cartes de vote électronique qui ont été distribuées à seulement 70% des votants; campagnes électorales peu convaincantes; et la grande population déplacée à l’intérieur du pays.

Les turbulences financières dans la région kurde irakienne à la suite du référendum du gouvernement régional à la fin de l’année dernière ont probablement aussi eu un impact sur le taux de participation.

Le faible taux de participation peut aussi être dû au fait que de nombreux Irakiens sont fatigués de voir les mêmes personnalités et partis politiques au cours des 15 dernières années. Depuis l’invasion menée par les États-Unis en 2003, ces politiciens ont largement échoué à résoudre les problèmes chroniques du pays.

Quel que soit le parti ou la coalition qui finira par former le prochain gouvernement, il devra inévitablement faire face à de nombreux défis, en partie à cause du soutien public insuffisant.

Le premier point mis en évidence par les résultats du sondage est que de nombreux Irakiens votent toujours selon des lignes ethniques et religieuses. Le deuxième point à tirer des résultats du sondage est que l’Irak a peu de chances de voir une stabilité politique à court terme.

Dans un parlement où aucun parti ne détient plus d’un sixième des sièges, le prochain gouvernement ne sera probablement pas assez fort pour mettre en œuvre des politiques permanentes.

Que les trois leaders sont tous Arabes chiites est le troisième problème. Cela signifie que le futur agenda politique sera en grande partie façonné par les finasseries entre les partis arabes chiites rivaux.

Le quatrième point concerne le prétendu truquage des votes, avec des rapports d’irrégularités à Kirkouk, Sulaymaniyah, Mossoul et Erbil.

Les Turkmènes de Kirkouk sont descendus dans les rues pour demander un recomptage. L’UPK, pour sa part, a exprimé sa volonté d’accepter les résultats de Sulaymaniyah, alors que d’autres partis kurdes – y compris le PDK – accusent l’UPK de fraude électorale.

Gagnants, perdants

Selon les résultats préliminaires, le mouvement sadriste, le Hachd al-Shaabi et le PDK ont été les grands gagnants, tandis que le Parti Al-Dawa et les Arabes sunnites en général – avec ceux qui s’opposaient à l’ordre actuel dans la région kurde – étaient parmi les perdants.

Le mouvement sadriste, par exemple, a remporté un peu plus d’un million de voix, contre 1,4 million en 2014. Mais étant donné le taux de participation relativement faible, cela signifiait encore une victoire pour le bloc d’Al-Sadr, qui a mené une campagne bien organisée dans la période précédant le vote.

La coalition Al-Fatih, soutenue par le Hachd al-Shaabi, est arrivée en deuxième position, grâce également à une bonne campagne électorale, qui a permis au bloc d’al-Sadr de gagner de l’argent.

Le PDK arrive en troisième position, conservant le même nombre de sièges au parlement malgré les retombées du référendum régional illégitime de l’an dernier. Compte tenu des querelles intestines entre ses opposants, le parti semble désormais prêt à jouer un rôle crucial à Bagdad.

Parmi les perdants, le parti Al-Dawa a perdu des sièges à l’assemblée en raison des différences entre les camps pro-Abadi et les camps pro-Maliki.

Al-Abadi a également subi un coup dur aux élections, n’arrivant à entrer en premier dans aucune province excepté Mossoul. Perdre son influence sur Al-Dawa – avec son soutien aux milices non étatiques – semble avoir coûté des voix au Premier ministre.

Les Arabes sunnites en général ont également perdu, leur liste la plus importante ne représentant que 20 sièges. Dans trois des cinq provinces à majorité sunnite, les partis chiites arabes sont arrivés en tête.

Certains observateurs attribuent ce fait au déclin de la confiance parmi les Arabes sunnites dans leurs dirigeants politiques, qui, selon plusieurs, n’ont pas réussi à les protéger du groupe terroriste de Daech après que ce dernier avait envahi une grande partie du pays en 2014.

L’UPK, pour sa part, a largement ignoré les électeurs turkmènes et arabes, en particulier ceux de Kirkouk, entraînant une perte de voix. Cette perte de sièges au parlement – et de prestige – peut entraîner l’exclusion de l’UPK du prochain gouvernement.

Former un gouvernement

La formation du gouvernement en Irak dépend de deux facteurs: les dynamiques internes et le rôle des acteurs externes.

En termes de dynamique interne, al-Sadr peut s’attendre à jouer un rôle de premier plan. Selon ses commentaires post-électoraux, al-Sadr est prêt à traiter avec tous les partis, à l’exception des coalitions PUK, Al-Fatih et État de Droit – autrement dit, tous ceux qui ne sont pas liés à l’Iran.

En ce qui concerne les acteurs extérieurs, ni les États-Unis ni l’Iran ne veulent voir un gouvernement dirigé par Al-Sadr.

Et il ne faut pas oublier que les États-Unis ont toujours le pouvoir d’empêcher les candidats qu’ils ne soutiennent pas d’assumer le poste de Premier ministre irakien.

Al-Maliki, par exemple, n’a pas réussi à protéger son poste de Premier ministre en 2014 après que les États-Unis et l’Iran ont soulevé leurs objections. Le rôle politique d’Al-Sadr peut donc être limité pour la même raison.

La politique irakienne est profondément affectée par l’impasse de longue date entre les États-Unis et l’Iran, qui maintiennent une influence considérable sur le pays.

Puisque l’Iran veut maintenir un front militaro-politique viable contre les États-Unis en Irak, il est peu probable qu’il approuve un gouvernement qui exclut à la fois les Hachd al-Shaabi et les Al-Maliki.

Le prochain gouvernement irakien sera donc largement façonné par la rivalité américano-iranienne. Alors que Téhéran ne soutiendra pas un gouvernement qui n’inclut pas les partis pro-iraniens, on peut s’attendre à ce que les États-Unis suivent une politique similaire.

Le processus d’élaboration du prochain cabinet du pays prendra vraisemblablement plusieurs mois, au cours desquels l’Irak pourrait très bien être affecté par des facteurs imprévus échappant à son contrôle.

Serhat Erkmen est professeur associé et membre du Département de la sécurité internationale et du terrorisme de la JSGA

*Source : Actualite-news.com

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« Israël », 200 armes nucléaires pointées sur l’Iran. Qui représente un danger ?

Une attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens, comme celle effectuée en 1981 à Osiraq en Irak, n’est pas à exclure, estime Manlio Dinucci dans Il Manifesto. « En cas de représailles iraniennes, prévient-il, Israël pourrait employer une arme nucléaire mettant en marche une réaction en chaîne aux issues imprévisibles. »

« La décision des Etats-Unis de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien -stipulé en 2015 par Téhéran avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu plus l’Allemagne- provoque une situation d’extrême dangerosité, pas seulement pour le Moyen-Orient.

Pour comprendre les implications d’une telle décision, prise sous la pression d’Israël qui qualifie l’accord de “reddition de l’Occident à l’axe du mal conduit par l’Iran”, on doit partir d’un fait bien précis : c’est Israël qui a la bombe, pas l’Iran.

Il y a plus de cinquante ans qu’Israël produit des armes nucléaires dans le site de Dimona, construit avec l’aide surtout de la France et des Etats-Unis. Ce site n’est pas soumis à des inspections parce qu’Israël, la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, n’adhère pas au Traité de non-prolifération des armes nucléaires, que l’Iran par contre a signé il y a cinquante ans.

Les preuves qu’Israël produit des armes nucléaires ont été apportées il y a plus de trente ans par Mordechai Vanunu, qui avait travaillé dans le site de Dimona : après avoir été passées au crible par les plus grands experts en armes nucléaires, elles furent publiées par le journal The Sunday Timesle 5 octobre 1986. Vanunu, enlevé à Rome par le Mossad et transporté en Israël, fut condamné à 18 années de prison en quartier disciplinaire et, relâché en 2004, soumis à de graves restrictions.

Israël possède aujourd’hui (bien que sans l’admettre) un arsenal estimé à 100-400 armes nucléaires, dont mini-nukes et bombes à neutrons de nouvelle génération ; il produit du plutonium et du tritium en quantité suffisante pour en construire des centaines d’autres. Les têtes nucléaires israéliennes sont prêtes au lancement sur des missiles balistiques, comme le Jericho 3, et sur des chasseurs-bombardiers F-15 et F-16 fournis par les USA, auxquels s’ajoutent maintenant les F-35.

Comme le confirment les nombreuses inspections de l’AIEA, l’Iran n’a pas d’armes nucléaires et s’engage à ne pas en produire en se soumettant, sur la base de l’accord, à un étroit contrôle international. Cependant –écrit l’ex secrétaire d’état Colin Powell le 3 mars 2015 dans un email qui a été dévoilé– “à Téhéran, on sait bien qu’Israël a 200 armes nucléaires, toutes pointées sur Téhéran »

Les alliés européens des USA, qui formellement continuent à soutenir l’accord avec l’Iran, sont substantiellement rangés aux côtés d’Israël. L’Allemagne lui a fourni quatre sous-marins Dolphin, modifiés pour pouvoir lancer des missiles de croisière à tête nucléaire. Allemagne, France, Italie, Grèce et Pologne ont participé, avec les USA, au plus grand exercice international de guerre aérienne de l’histoire d’Israël, le Blue Flag 2017.

L’Italie, liée à Israël par un accord de coopération militaire (Loi n° 94, 2005), y a participé avec des chasseurs Tornado du 6° Stormo de Ghedi (Brescia), affectés au transport des bombes nucléaires étasuniennes B-61 (qui sous peu seront remplacées par les B61-12). Les USA, avec des F-16 du 31stFighter Wing d’Aviano (Frioul), affectés à la même fonction.

Les forces nucléaires israéliennes sont intégrées dans le système électronique de l’Otan, dans le cadre du “Programme de coopération individuelle” avec Israël, pays qui, bien que n’étant pas membre de l’Alliance, a une mission permanente au quartier général de l’Otan à Bruxelles.


Selon le plan testé dans l’exercice USA-Israël Juniper Cobra 2018, des forces étasuniennes et Otan arriveraient d’Europe (surtout des bases en Italie) pour soutenir Israël dans une guerre contre l’Iran. Celle-ci pourrait commencer par une attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens, comme celle effectuée en 1981 à Osiraq en Irak. En cas de représailles iraniennes, Israël pourrait employer une arme nucléaire mettant en marche une réaction en chaîne aux issues imprévisibles. »

Manlio Dinucci

Article original en italien (de mardi 15 mai 2018 de il manifesto) :
https://ilmanifesto.it/israele-200-armi-nucleari-puntate-sulliran/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Copyright © Manlio Dinucci, ilmanifesto.it, 2018

CAPJPO-EuroPalestine

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La manifestation parisienne de mardi près de l’ambassade « israélienne » (vidéo et photos)

Du monde, de la colère et de la détermination à amplifier le boycott de l’Etat criminel. La complicité de la France qui ne prend aucune sanction a été largement dénoncée, de même que l’attitude des médias qui refusent de parler de massacre et du ghetto de Gaza.

(Images des autres manifestations en France et à l’étranger dans un autre article)

CAPJPO-EuroPalestine

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Toulouse: soirée anti-rép’ en soutien aux anarchistes inculpéEs, perquisitionnéEs, incarcéréEs à Toulouse, Limoges et Ambert

Samedi 19 mai à partir de 21h à l’Obs, 87 rue du 10 avril, à Toulouse.
Bouffe vegan, bar et DJ set ! Prix libre.

C’était il y a plus d’un mois, les 27 et 28 mars, sept lieux sont
perquisitionnés à Toulouse, Limoges, Amiens et Ambert. Suite à ça, neufs
gardes-à-vue ont suivi et trois personnes sont placés en détention
provisoire pour association de malfaiteurs, bande organisée et
destruction par moyens incendiaires. Le 18 avril, les deux d’Ambert
sortent sous contrôle judiciaire.

Dans ces affaires-là, les flics accusent des compagnon.ne.s d’avoir
commis des attaques incendiaires, à Limoges contre des bagnoles de
gendarmerie, à Ambert contre un véhicule d’Enedis. On se fout de savoir
si les personnes accusées en ce moment sont coupables ou innocentes.
Mais on est bien content.e.s que certain.e.s s’en prennent à ces
institutions dégueulasses, qui nous pourrissent la vie.

On voulait exprimer notre solidarité, et on s’est dit que récolter de la
tune pour les personnes qui en ont besoin dans ces histoires serait utile !
On veut pas non plus baisser les yeux en attendant que le nuage passe,
mais plutôt exprimer pleinement notre dégoût face à la police et à la
justice. On ne laissera pas isolées les personnes touchées par la
répression.

Vive l’anarchie !

Des individus solidaires

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